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I. La construction des pyramides

Avec Tavènement de Khoufou, le Khéops de Manéihon (4200 ans avant notre ère), nous entrons enfin dans rhistoire. De son prédécesseur immédiat, Snéfrou, quelques monuments nous sont même parvenus. Une inscription de TOuady-Magarah nous prouve qu'il avait occupé la péninsule sinaîtique; lancé des expéditions contre les Ment, les Nomades, ancêtres des tribus bédouines; construit, à la frontière du Delta, des forts d'arrêt, destinés à protéger, dans Tavenir, le pays contre leurs incursions, et mis en exploitation les mines de cuivre et de turquoises, dont on voit encore les galeries aujourd'hui. Le bas-relief de rOuady-Magharah montre Snéfrou levant sa masse d'armes sur un barbare, et la légende qui accompagne le tableau donne déjà les divers termes du protocole qui sera celui de tous les souverains de l'Égypfe dans la suite des temps. C'est a le Dieu bon, le Roi de la Haute et la Basse-Egypte, le Seigneur des Levers,

le Maître de la Justice, THorus vainqueur, Snéfrou, le Dieu grand » . C'est qu'aussi, cette civilisation soudain dévoilée, à nos yeux, vieille de plusieurs milliers d'années touche déjà à sa décadence, et que cette formule religieuse et politique qu'elle nous montre est la résultante définitive d'une élaboration lente, accomplie sous les premiers rois.

Khoufou était Mempfaite, de même que ses prédécesseurs, et peut-être était-il apparenté à leur famille, mais les événements qui amenèrent son accession au trône sont jusqu'ici demeurés obscurs. Sa personnalité ne s'en détache pas moins dans le passé comme celle d'un souverain illustre; maître absolu d'un empire constitué à grand'peine, et qui échappé à sa main puissante, s'émiettera et se dissoudra bientôt; le pharaon, en qui se synthétise l'une des périodes de la vitalité de l'Egypte, la plus ancienne qu'il nous soit donné de connaître, à ce point qu'à l'époque de la domination ptolémaique, son souvenir planait encore sur le pays qu'il avait gouverné.

A la longue cependant, cette grande figure changea d'aspect, et dans les contes populaires, se déprima de même, que celle de Charlemagne dans les romans du moyen âge. Hérodote qui a recueilli les récits des drogmans qui l'accompagnaient, nous le représente comme un roi impie, et un tyran exécré de ses sujets. Voici à titre de curiosité le passage de son Histoire, où se trouve relatée la construction de la grande pyramide.

(1) Lepsius, Denkmœler, Snefrou est en outre connu par le papyrus Prisse et un conte populaire étudié dans la Zeitschrift, 1876. p. 107-111.

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u Khéops commença par fermer les temples, et par défendre qu'on offrît des sacrifices ; puis il contraignit tous les Egyptiens à travailler pour lui. Aux uns, on assigna la tâche de traîner les blocs, des carrières de la chaîne arabique, jusqu'au Nil. Les blocs une fois passés en barque, il prescrivait aux autres de les traîner jusqua la chaîne libyque. Ils travaillaient par cent mille hommes, qu'on relevait chaque trimestre. Le temps que souffrit le peuple se répartit de la sorte : Dix années pour construire la chaussée, sur laquelle on tirait les blocs, œuvre à mon sembler de fort peu inférieure à la pyramide; car sa longueur est de cinq stades, sa largeur de dix orgies et sa plus grande de huit; le tout en pierres de taille, et couvert de figures. On mit donc dix années à construire cette chaussée, et les chambres souterraines, creusées dans la colline, où se dresse la pyramide. Quant à la pyramide elle-même, on mit vingt ans à la faire; elle est quadrangulaire, et chacune de ses faces a huit plethres de base, avec une hauteur égale, le tout en blocs polis et parfaitement ajustés y» . Et plus loin : a Des caractères, gravés sur la pyramide, marquent la valeur des sommes dépensées en raves, oignons et aulx, pour les ouvriers employés aux travaux. Si j'ai bon souvenir, l'interprète qui me déchiffrait l'inscription m'a dit que le total montait à seize cents talents d'argent (1). n

Le drogman du bon Hérodote s'était moqué de la naïveté de son touriste, et le témoignage des inscriptions est là, heureusement, pour nous prouver qu'il le

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