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I. Les grandes principautés égyptiennes

La sixième dynastie s'était écroulée au milieu des soulèvements des grands vassaux, impatients de ressaisir leur indépendance. Du règne de la reine Nitakrit à Tavènement des princes de Thèbes, Taffaiblissèment du pouvoir royal fut tel, que jusqu'aux noms des Pharaons qui se succédèrent au trône, tombèrent en oubli. Tout au plus, peut-on déduire des renseignements confus que nous possédons, que cent cinquante ans après la mort de Nitakrit, la lignée memphite s'éteignit, avec la septième dynastie; et que l'un des plus puissants seigneurs d'alors, le prince d'Akhnensouten, dont le nom ne nous est connu que sous sa forme grecque, Achthoès, s'empara du pouvoir, et devint le fondateur d'une maison nouvelle dont l'histoire a disparu.

Akhnensouten, l'Hénès (I) de la Bible, située au nord de Memphis, dans la partie la plus fertile de la

(1) haïe, XXX.

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Moyenne-Egypte, était l'une des villes les plus célèbres de l'antiquité préhistorique. Son temple marquait la place où avait pris fin le massacre des impies, lors de l'extermination des hommes par les dieux. Toutefois, cette maison fondée par son prince, ne semble pas avoir régné sur TÉgypte entière, des cataractes à la Méditerranée; ses souverains rangèrent sous leur autorité leurs voisins, puis étendirent leur domination sur la Basse-Egypte, tandis que le sud inféodé aux ducs de Thèbes, commençait à constituer une sorte de confédération. Après deux cent cinquante ans de guerre incessante, les trois dynasties formées par la descendance d'Achthoès, les huitième, neuvième et dixième succombèrent sous l'effort de celle-ci.

Sous la monarchie memphite, ces principautés de Haute-Egypte, Noubt — Ombos; Khenou — Silsilis; Debou — Edfou; Ten — Esneh; Ouast — Thèbes, n'avaient joué qu'un rôle secondaire. Soumises nominativement au Pharaon, elles étaient demeurées dans l'obéissance, mais avaient conservé une autonomie d'autant plus complète, qu'elles se trouvaient plus éloignées de la sphère d'influence, où s'exerçait le pouvoir royal. Leurs dieux, Khnoum, Osiris, Horus, Khem, Amon, étaient inconnus à Memphis, à ce point que le nom d'Amon, qui dans la suite allait devenir celui du dieu suprême de l'Egypte, ne figure sur aucun monument des premiers âges. Au fond de ces provinces, les seigneurs féodaux Jouissaient d'une entière liberté, recevant à peine de loin en loin, la visite d'un haut fonctionnaire impérial, tel que Ouni,

se rendant à Assouan, pour y chercher, dans les carrières de granit rose, le bloc destiné au sarcophage de son pupille, Men-Kka-Ra. Après être restés indifférents tout d'abord à Tavènement des princes d'Akhnensouten (Heracléopolis) , des causes, jusqu'ici restées inconnues, les entraînèrent à se liguer contre eux et à les combattre. En un demi siècle de lutte, leur triomphe devenait définitif.

Les ducs de Thèbes avaient pris la tète de cette coalition et, à dater de cette heure, leur capitale allait exercer sur TÉgypte une hégémonie toute puissante. Le premier d'entre eux dont le nom nous soit resté, Antef I", ne portait que le titre de seigneur (erpa) sans aucun qualificatif d'apanage. Après lui, le fief de Thèbes était érigé en duché (A^j), en faveur de son fils, Mentou-Hotep I*'. Le fils de celui-ci s*intitulait à son tour prince [Hor) et étendait sa suzeraineté sur les comtés (a/t) et les principautés (aii-heri) d'alentour tout en conservant son titre de duc de Thèbes. Trois générations plus tard, Antef IV se proclamait souien, roi, et en prenait protocole : (( Dieu bon. Seigneur des deux^ Terres, n réservé aux Pharaons, bien que <;eux-ci occupassent encore effectivement la Basse- Egypte. Quarante-trois ans après celte usurpation, Mentou-Hotep IV, Neb-Khépérou-Ra parvenait à réunir, pour la première fois, sous son sceptre toute la vallée du Nil, mais, après cinquante ans de guerres, se voyait contraint de céder la place au fondateur de la douzième dynastie, Amenm-hat I*' (1).

(1) Maspero, Histoire des peuples de VOrient

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