IV. La treizième dynastie
La douzième dynastie éteinte, à la mort de la reine Sébèk-néférou-Ra, l'un des princes thébains de la branche cadette, Sébëk-Hotep I*', monta sur le trône et devint le fondateur de la treizième, qui dura quatre cent cinquante-trois ans, et compta, dit-on, soixantecinq rois (1). Pendant cette longue période, la succession, plusieurs fois interrompue, par manque de lignée mâle, se renoua, grâce aux droits héréditaires des princesses. Sébèk-Hotep II, entre autres, était fils d'un grand prêtre, nommé Mentou-Hotep, et d'une femme de sang royal (2) ; et Nefer-Hotep II devint également roi, du chef de sa mère, la princesse Kha-Ma(3).
Cette continuité, assez confuse, n'en assurait pas moins la prospérité de l'Egypte. Non seulement l'intégrité de l'Empire était maintenue dans les frontières
(1) Lauth, Manetho undder Turiner Kënigs papyrus.
(2) Brugsch, Geschichte Mgyptens.
(3) Lkpsius, Denkmœler.
110 LA CIVILISATION PHâftAONIQlE
que lui avaient assignées les Amen-m-hatet les Ousorta-sen. Mais, jusqu'à Tavènement du vingt-cinquième souverain, Sébèk-Hotep IV (1), nous voyons que des expéditions militaires étaient fréquemment lancées au cœur de TEthiopie; et que les Pharaons faisaient même ériger des statues colossales dans Tîle d'Argo. Pourtant, le Irait caractéristique de leur domination, de même que sous leurs prédécesseurs de la douzième dynastie, fut d'être avant tout constructeurs, et de s'adonner tout particulièrement à l'étude des questions d'utilité publique. Les villes furent agrandies, embellies, dotées de temples et de palais. Mendès, Sais, Bubaste, Xoîs devinrent, en Basse-Egypte, des centres importants; à ce point, que leur développement éclipsa bientôt la suprématie des autres Villes Saintes; Tanis, bâtie par eux, au bord du lac Henzaleh, devint leur résidence favorite; et de cette heure même, l'influence de Thèbes pour un instant déclina. Quand la puissance des Sébèk-Hotep et des Nefer- Hotep chancela, que leur famille s'éteignit, à son tour, au milieu de troubles et de guerres fomentées peut-être par les grands vassaux; et que la quatorzième dynastie se fonda, la capitale de l'État fut transférée à Xoïs, au centre même du Delta; et Thèbes, reléguée au rang de cité de province. Le seul fait, de cette prépondérance, accordée à la Basse-Egypte, permet de supposer que, de nouveau, une rivalité s'élevait entre les princes du sud et ceux du nord. L'histoire de cette maison xoïte est complètement perdue. Selon le
(1) E. DK RouGé, La Treizième Dynastie,
papyrus de Turin, ^lle aurait compté nombre de rois, et conservé longtemps la couronne; mais les noms mentionnés sont tous mutilés. Sans doute, leurs règnes furent courts, remplis par les guerres qu'ils eurent à soutenir contre la confédération thébaine. Et TÉgypte, divisée en deux royaumes indépendants, affaiblie, épuisée, allait devenir la proie d'un ennemi dont, au milieu des luttes civiles, on négligeait de punir Taudace grandissante; ces nomades du désert sinaïtique, maintenus si longtemps en respect par les Pépi, les Amen-m-hat et les Ousortsoen.