PRÉFACE VII
naturelle, avec le mysticisme intense qui s'en dégage et cette intuition des lois de Tunivers, qu'on y devine à chaque pas, si nettes, qu'on serait porté à les prendre, avec les sujets de Khéops, pour la révélation des commencements.
L'un de ses côtés les plus attachants et les moins approfondis par les historiens, est le rôle considérable joué par la magie, dans les croyances. Dans toutes les doctrines de survie, on rencontre la trace d'une science occulte approfondie, des phénomènes psychiques, plus perceptibles, peut-être, alors que de nos jours, étant donné le climat spécial sous lequel ils se manifestaient, aujourd'hui encore, c*est à peine si nos expériences arrivent à vérifier certains problèmes d'inconnu, dont la solution était aux prêtres familière. Aussi, trouvonsnous la plus grande difSculté à comprendre certains textes, où sous des mots inintelligibles pour nous, sont indiqués des actes, dont le sens nous est caché. Les Livres Saints sont pleins de descriptions de l'invisible, que nous tenons volontiers pour élucubrations fantasmagoriques. N'imporie leur réalité, nous ne pouvons définir la portée de la narration, attendu que nous ignorons ce que désignent les noms employés. Quand le passage est assez clair, il se trouve que ce qui y est rapporté est confirmé par les travaux les plus modernes. Mais, là encore, se produisent, par instants, d'inexplicables confusions.
Cela tient à ce que l'Egypte n'a jamais rien abandonné; n'a jamais rien renouvelé; a gardé toujours, tant
dans le domaine des idées, que dans celui de leur application, tous les systèmes antérieurs à celui auquel elle fut, pour Tinstant ralliée. Religion, philosophie, morale, linguistique, littérature, art, science, industrie, elle conserve toutes les formules qui ont précédé celle du moment, et les confond ou les emploie simultanément. L*unité manque toujours; aucune théorie coordonnée n'est à la base de cette civilisation complexe. L'esprit conservateur de la race la porte à accumuler tout ce que lui lègue le temps, comme un patrimoine où Ton puise selon les besoins.
Cette superposition de doctrines, souvent opposées en apparence, a induit en erreur ceux qui en logiciens voulurent retrouver l'évolution à travers les âges. Un peu à la légère, ils ont taxé l'homme de sottise et d'ignorance; de n'avoir rien compris, ni à sa foi, ni à son temps. En fouillant moins précipitamment le trésor séculaire, ils eussent trouvé sans doute la clef de l'énigme qui leur sembla indéchiffrable, et l'individu leur eût apparu comme l'un de ces sages, pleins de pitié pour les Grecs de l'entourage des Ptolémées, qui déjà voulaient juger de même et ne voir qu'incohérence en tout, autour d'eux.
LA