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I. VAsie au tetnps de laféodaliié égyptienne

Tandis qae s'éteignait ainsi, à son apogée, la civilisation de l'Egypte, .les peuplades des pays situés à la frontière Est du Delta s'agitaient d'une manière confuse, et bientôt, allaient jouer un rôle actif dans l'histoire du monde oriental.

Séparée d'elles par le désert, retranchée derrière sa muraille, qui courait d'une extrémité à l'autre de l'isthme de Suez, et que renforçaient, de place en place, des citadelles, bâties au déboucher de différentes vallées sinaïtiques, l'Egypte ne s'était pas inquiétée de ce qui se passait au delà. Tout au plus, elle avait fondé quelques colonies dans l'Ouady Hammamat, mis en exploitation quelques mines; établi quelques postes militaires avancés, destinés à maintenir les Nomades en respect, le reste des contrées asiatiques lui était inconnu. Tout le territoire compris entre la Méditerranée, la mer Noire, le Caucase, la Caspienne, l'Indus et la mer Rouge, constituait pour

elle le pays des Amou^ une zone indéfinie et vague ; la région montagneuse, habitée par les Testou.

Après avoir longtemps erré dans les steppes septentrionales d'Asie, une partie de ces tribus s'était établie entre Tlran et la Caspienne, dans la contrée qui plus tard devait former la Médie; d'autres avaient poussé en Asie Mineure, ou s'étaient cantonnées sur les bords de l'Euplirate et du Tigre, dont le cours différait sensiblement de celui qu'il a aujourd'hui.

Dans cette province, ces hordes émigrantes, classées sous le nom générique de soumero-accadiens, s'étaient heurtées aux indigènes, de source araméenne, de très près parents aux races sémitiques. Dans la péninsule du Sinaï, elles avaient enfin rencontré ces dernières, et s'étaient mêlées à elles, de même qu'aux Accadiens. Quand nous entrons dans l'histoire, le souvenir de ces migrations est déjà perdu, et les tribus de jadis forment, à elles toutes, l'empire chaldéen avec Ourou, Eridou, Larsan, Sirtella, Nipour, Borsip, Kadirma, Dentira, Sippar-Agadé pour villes principales; chacune d'elles constitue une petite principauté.

Les rois d'Ourou portaient le nom de Patesher^ (prêtres rois). Le plus ancien que nous connaissons, Oubagous, parait avoir vécu au temps de la cinquième dynastie (1). Mais bientôt, l'autorité d'Ourou déclina ; et avec Sharghina I", roi d'Agadé, l'élément sémitique prévalut. Seules les bandes fixées à l'orient du Tigre, mieux préservées, avaient pu conserver leur indépen-

(i) Th. PiNCHES, Some récent Discoveries beariag on the. Ancient. History and Chronology of Babylonia,

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dance; TÉlat fondé par elles était devena prospère, et Saze, bâtie par leurs chefs, Hadaktou, Naditou, Kliamanoo, avait rapidement pris an extraordinaire développement. L*an 2300 avant notre ère, le souverain régnant Khoudour-Xakhoanté, descendait de sa ville sur les plaines de TEuphrate; s'emparait de toutes les places situées sur les cours du fleuve, entre Ourou et Babylone, et pour la première fois, réunissait sous son sceptre, Tempire chaldéen.

Les conséquences de cette conquête allaient avoir un contre-coup imprévu en Egypte. Dans le partage primitif des terrains de TAsîe, la plupart des clans sémites s'étaient groupés sur les côtes occidentales et méridionales du golfe Peraque, d'où leurs caravanes pénétraient à travers le désert, jusqu'à la mer Rouge et au pays de Kousch.

L'une des plus importantes de ces tribus était celle de Pount, et de là, sans doute, le nom de Pount, donné par les Égyptiens à l'Arabie. Quoi qu'il en soit, refoulées par les Élamites, elles remontèrent vers le nord, et s'établirent en Syrie, entre l'Euphrate et l'isthme de Suez, vers le pays de Canaan.

C'était l'instant où la dynastie xoïte, affaiblie par les révoltes des grands vassaux, s'écroulait, au milieu des guerres qui hâtèrent sa décadence. Les garnisons, jadis établies au Sinaï, en avaient été retirées, pour faire face aux princes de Thébaîde; la grande muraille était mal gardée; presque sans lutte, les nouveaux venus la franchirent, et s'emparèrent de tout le Delta. Les villes furent pillées, saccagées, incendiées; les temples dévastés et ruinés. Maîtres du royaume du

nord, les barbares élurent Tun de Ieui*s chefs, Shàlati, gouverneur des provinces soumises, et de même que les premiers Pharaons, celui-ci s'installa à Hemphis, frappa les Égyptiens d'impôts, et s'arrogea toutes les prérogatives d'un souverain.

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