II
«perper du tsar » [perpera careva] qui était assigné sur la ^ro- «/aàrhomme de guerre pour sa solde. Le fouage serbe frfzmnznaj, signalé d'abord sous Etienne Dusan, le plus souvent seulement dans le sud, répondait au xa-jtvtîtÔA byzantin, qui, d'après Pancenko, aurait été une capitation répartie par foyer, des gens sans patrimoine, des bergers nomades, etc. En outre, il y avait une contribution (obrok) pour le paiement des fonctionnaires des Zupas, la dîme [desetak^ SexaxCaj était, comme à Byzance, en Bulgaiie et dans les principautés roumaines, un impôt en nature perçu sur les céréales, le vin, les brebis, les porcs, la cire et le miel, et aussi sur le bois abattu, et, sans nul doute, sur les produits des mines. Les Valaques donnaient annuellement au souverain quatre pour cent de leurs moutons. Le droit de pacage (îravenina)^ pour l'usage des pâturages, était payé le plus souvent en moutons et en fromages. Une moitié des glands des forêts appartenait au souverain pour ses troupeaux de porcs [Zirovnina^ PaXàvicrTpov, le glandaticum des Lombards) et l'autre moitié au propriétaire de la terre. Les prestations annuelles en nature dues au souverain étaient très diverses ; acier des forges, huile d'olive d'Antivari, poissons de mer de Cattaro, différentes redevances locales en vin, lin, soie, peaux de renards, etc. A cela s'ajoutaient, outre les gros revenus des domaines de la couronne, le bénéfice des monnaies, le produit d'amendes variées, l'agrandissement des domaines par les dévolutions ou les confiscations, etc.. A l'occasion du baptême ou du mariage d'un fils du souverain, chacun, petit ou grand, devait, comme on le lit encore dans le Gode d'Etienne, payer une «aide», de même à l'occasion de l'érection de nouvelles maisons ou de châteaux du souverain.
Il n'existait pas de douane frontière, mais, comme dans l'Europe occidentale, des douanes intérieures dans certaines villes de marchés, où le passage était obligatoire sous peine de confiscations des marchandises: à Brskovo, à l'abbaye de saint Serge, près de l'Eglise du Sauveur de Sveti Spas (maintenant le village de Spas), sur la route de Scutari à Prizren, à Prizren, Novo Brdo, etc.. A la première ville serbe de marché, on fai-
sait, par exemple, le relevé des marchandises des Caitariotes, mais le droit de douane {carina, italien doana) n'était payé dans chaque marché, que pour les marchandises qui y étaient effectivement vendues. Il était, en Serbie, comme à Byzance, du dixième de la valeur. La perception en était affermée pour une période de un à sept ans, le plus souvent à des sociétés commerciales de Cattariotes ou de Ragusains, les douaniers [carinik^ doanerlus). Ce n'est qu'à partir de 1389 qu'on trouve devant Raguse des douaniers du roi, plus tard ceux des magnats bosniaques du village de Ledenice, sur la route de Trebinje, audessus de la vallée de Breno, l'emplacement où se trouvait plus tard le petit fort turc de Carina (rasé en 1890). Souvent les souverains faisaient don aux couvents de parts dans les bénéhces de la douane. Il y avait aussi des péages sur les ponts [most] et des droits de charroi [brodarina) .
Le commerce du sel formait un monopole. Il s'exerçait dans l'Adriatique en quatre endroits: l'embouchure de la Narenta, Raguse, Cattaro et le couvent de saint Serge sur les bords de la Bojana. A Raguse, la vente du sel aux Serbes était depuis le temps de Nemanja, partagée par moitié entre la commune et le souverain serbe. Aussi y avait-t-il dans la ville deux bureaux de sel ien serbe kumerkj ; le comercium comunis, et le comercium domini régis plus tard imperatoris], qui était d'ordinaire confié à un fermier. A Cattaro, le commerce du sel était aussi partagé entre la ville et le roi. Depuis Nemanja, certains couvents percevaient, à titre de donation royale, des livraisons annuelles de sel dans les magasins de la gabelle.
Les Ragusains payaient au souverain serbe un tribut [dohodak, mot à mot revenu, en latin censiis, regalia, î?nbiittim^ etc.), dont les origines sont obscures. Il était attaché à la souveraineté sur les pays de Trebinje, Canali et Dracevica (près de Castelnuovo' . Le montant primitif de i.ooo perper et de 5o aunes d'étoffe écarlate 1 1235) fut plus tard élevé peu à peu pour rester depuis 1268 à 2.000 perper, payés sous certaines formalités; le jour de la saint Dimitri (26 Octobre'; un second tribut de 100 perper payables le jour de Pâques, pour la cession de Sta-
gno (i333) fut l'objet d'une donation d'Etienne Dusan au couvent serbe des Archanges de Jérusalem (i35o; : les couvents de Ghilandar et de saint Paul sur l'Athos en héritèrent et le perçurent jusqu'à la charte de la République de Raguse (i).
Après les prestations en argent ou en nature, il faut noter l'obligation de services, « les grandes et petites corvées » [rabota^ àyyot.peia). A côté du service de guerre, du service de garde et de la construction des forteresses, il y en avait un autre particulièrement lourd, la priselica (le descensus des Hongrois), tout à fait inconnu des Byzantins. C'était le logement du roi. de ses courtisans, de ses piqueurs et fauconniers, des fonctionnaires de l'Etat et des ambassadeurs étrangers et nationaux, qui entraînait beaucoup d'abus. Il comportait la fourniture du fourrage pour les chevaux d'escorte du roi ou des ambassadeurs jusqu'à la frontière de la Zupa ou jusqu'à la forteresse la plus proche, et la fourniture de chevaux de bât et de selle. Quand le souverain traversait une ville de marché, les marchands étrangers étaient tenus de lui offrir un présent volontaire; par exemple, les gens de Budua devaient offrir au Misser lo imperador trois banquets. Depuis le code d'Etienne Dusan, les villes et les forteresses étaient au reste complètement exemptées de cette charge. Sur les domaines de la couronne, tous les voisins étaient obligés de labourer, de récolter et de battre le grain, de faucher le foin et de cultiver la vigne pour le roi ou l'empereur; de cette corvée pour le souverain étaient exempts les villages des couvents et, peut être, d'après l'opinion de Novakovic, les domaines de la haute noblesse.