AU PLI DU COTEAU
... Tu te retournes, un peu, au cri de la bourrasque
Au faîte, là-haut, sur le ciel froid et bleu,
L'azur moutonne et chasse ;
Entre le gaulis frêle des frênes défeuillés
(Que le vent tord et tresse,
Comme losier des berges dépouillées).
Au loin, là-bas, vers le soleil frileux,
Les nuages courent et passent,
Tumultueux,
Sur le ciel froid et bleu ;
Cherchant des violettes dans l'herbe grise,
Penché, j'ai ri à ta surprise
Dans le miroir oval de la source à tes pieds,
Et nous suivons, tous deux, dans le cadre rouillé
De la défeuillaison amère des novers.
CHANSONS A. L OMBKK
L'exode énorme du Septentrion
Qui passe sur nous, là-haut, toutes ailes éployées
Dans le vent fou du nord,
Vers le soleil si bas sur l'iiorizon...
... Si bas sur l'horizon quo son rayon oblique
Hampe au ras de la mousse, que couva l'ombre humide,
De la jonipiille aqueuse au chrysanlhèmo aride,
Kt fait tiède à les pieds ( etle herb(» demi-morte
Où (piehjue Heure attardée de l'été s'est blottie.
Frileuse, pour mourir dans les fougères blondes,
Pâmée à l'odeur forte
Des feuilles affaissées qu'épar[)illa la ronde
Que njène la Mort ivre, 1 automne, au seuil des portes,
Quand le cep au linteau où la grappe a mûri
Court, lézarde vive, sur le vieux mur crépi...
La joie est calme et neuve étrangement
Dv, regarder le vent, qui hurle au faîte,
Ployer là-bas les peupliers du fleuve
Et charrier le firmament :
Autour de nous, pas une feuille qui s'émeuve,
L'iierbe est muette...
Voici des violettes !