I.A CI.AHTK DF. VIE
Le rôve de leur sommeil,
Le rôve dont on sourit, anxieux,
Quand on s'éveille
Non : notre peu de joie de vivre Tourne en leur rêve
Gomme un oiseau blessé, virant sans trêve, Et qui semble ivre:
La voix naïve et franche de la Vie Sonne en leur songe Comme la haine vagit et l'envie Et le mensonge ;
Les temps viennent pour eux qu'annonça 1 Ange
Devant la Porte :
Ils foisonnent au fossé, ils sont la fange,
Les feuilles mortes :
Ils tremblent dans la nuit aux vents du ciel
Ou gisent inertes;
Ils ont blasphémé l'aurore éternelle,
La gloire offerte :
CHANSONS A l'ombre 73
\.o silence autour d'eux tombe pareil
A la pluie fine,
La voix humaine sonne étrange à leur oreille,
Semble divine,
Et s'il leur reste un peu de force ils se redressent
El la renient...
Est-ce la faute aux dieux, cette détresse
Ind<'' finie ?
Tout s'est, obscurci sur la terre délectable :
Le fruit d'Éden, que nous cueillons, semble une fable,
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