CARNAVAL
Ne médisons pas de la foule, elle est gaie Et mobile et sonore et bohème, Et si peu iriéchaiile qu on laime Dun amolli' intrigué, fatigué, Mais qui sourit, quand même...
Et maintenant, poussons le verrou sur la fête
Qui passe en rumeurs au pavé ;
On est mieux en tète-à-tète :
Notre salle est haute et fraîche
Et claire de ses dalles lavées
On est aise,
Et la table est prête :
La fenêtre s'ouvre au soleil,
Sur la plaine et le fleuve, au grand air,
CHANSONS A 1,'oMHHE 05
— (,)ii {^iirlit'iail, pres(ju«', le vol d'une abeille
Venant hoire à mon verre,
Ou mordre, gourmande, à ta poche;
Notre salle est haute et fraîche
Et, dans la croix du meneau,
Les peupliers bruissent, couverts
Dune feuillaison de moineaux!
C'est le jeune printemps précoce
Qui p«''pie en la ramée nue;
li'herbe est vive : l'Avril approche,
Sous son masque on l'a reconnu :
Car il chante mal la chanson de l'hiver
Et sa voix ne se fausse qu'à regret ;
Sous les Gendres grises son bel habit vert
Brille et scintille tout à travers :
C'est Avril, au gué !
11 fie masque à peine, et 1 on voit son rire I Sous la brume vaine que le soleil étire Au-dessus du fleuve,