LA CHANSON
Soit que 1 on marche au long de l'eau
l^'ntre les saules et les roseaux,
Entre les joncs et les peupliers,
Ou sur la route, au long de la haie,
Par le sentier étroit et familier de l'herbe
Que des tas de cailloux coupent au ras du fossé;
On cueille en se baissant son bouquet ou sa gerbe.
Que l'on suive en chantant la sente ou la chaussée.
Voici le soir et ceux qui vont
Sont tristes et le choeur s'elfrite et se rompt :
Le chœur faiblit et, voix à voix.
S'éteint dans l'ombre autour de toi,
— C'est maintenant ta voix que l'on écoute
Et, hors les pas rythmant la route,
Il n'est bruit entre terre et ciel
Que la chanson de ta voix frêle.
Al «.i;k de l.'lIKl Kl l3i»
)'al)()!'(l elle hésite, IreriiMr'e,
ncertainc, prosque parlée
— Connue la brise dans les blés —
Craintive à s'entendre si seule
*aruii les feuilles des tilleuls;
klais, à s'écouter pure et sure,
elle prend force et se rassure,
>e fait joyeuse, assume, achève
^a prescience de leur rêve
il monte, franche, comme un appel
)e victoire entre terre et ciel.
Vh ! dresse-toi, portant ta voix ]ommo un ("tcndard devant loi !
^eurs pas le suivent atténués *ar riierbo vierge où tu fais roule ^ans un regret et sans un doute )u chemin que lu vas frayer V Ions ces mendieurs de joie >ui suivent maintenant la voix.
^ar sourde ou lasse, l'une puis l'autre >e môle au refrain, comme la plainte
Vl<) T.A CLAMT^ liE VIF.
Des saules dans le clair de lune :
L'une à la tierce, l'autre à la quinte, Les voix se groupent et se confirment.
Croisant le vol des mélodies En un tissu brillant ou terne De joie et de douleur ourdi :
Cliœur qui de rêve en rêve alterne.
Ou s'enfle en un seul cri pareil A riiyrane jailli du soleil !
Car tu fais route au-devanl du jour :
La nuit est tiède comme un lit d'amour,
La rosée pleure une joie de femme,
L'Orient est pâle et mâle et calme
Et le chœur qui te suit foule en dictame,
Foule l'herbe vierge où leur pas est sourd,
Et leur voix est sonore de ton âme I