CLASSIFICATIONS MIXTES
La plupart des classifications citées jusqu'ici ont une tendance à s'en tenir à un seul terme dominant de comparaison.
Il en reste toute une série qui s'appuient sur plusieurs éléments, qui sont mixtes et ce ne sont pas les moins intéressantes, car elles démontrent dans quel embarras se sont trouvés leurs auteurs pour étiquetter au moyen des vocables existant, les formes qu'il leur était donné d'observer.
Voici quelques types de ces classifications mixtes, hybrides, qui me paraissent mériter à certains points de vue
(') Sabtb db Sahotis, Rapport au Congrès d'Ancône, loc.
d'être rappelés. Morselli (') donae la classification suivante de l'idiotie :
1" Idiotie : a) microcéphalique '. a) têlém orphique atazique; p) pathologique.
6) congénitale, c) hydrocéphalique.
rf) paralytique.
e) convulsivti : a) éclamptique; /t) épileptïque. /) traumatiqiie.
^) senaorielle (Bourds-rauets).
2° Crétinianie.
3° Imbécillité : a) complète.
6) se rai- imbécillité.
c) fatuité,
Magnan, à la suite de Morel (v. Leçons cliniques sur les maladies mentales, 1897), fait de tous les défectueux mentaux des dégénérés ou des déséquilibrés et il adopte le groupement suivant, qui est à la fois étiologîque et anatomophysiologique.
l" Déséquilibrés de l'intelligence. — a) Le type le plus inférieur est Vidiot : il reste confiné dans sa moelle; les centres sensitifs sont à peine développés; les perceptioDS presque nulles et les acquisitions très rares; ils se partagent en : «) idiots spinaux et ^) idiots spinaux cérébraux postérieurs.
h) Les faibles d'esprit, les débiles, les arriérés. Les débiles les plus inférieurs sont appelés imbéciles ou spinaux cérébraux antérieurs.
c.) Les dégénérés supérieurs ou cérébraux antérieurs.
2" Les déséquilibrés de la sensibilité, les émotifs. On les a appelés les fous moraux.
(<) MoBSBixi, Mannuati di Semyotua, I, 1
3° Les impulsifs, déséquilibrés chez lesquels la volonté parait plus particulièrement atteinte.
Le savant clinicien est manifestement dominé par la conception qui fait de tous les insuffisants intellectuels des dégénérés, de plus il s'efforce de grouper dans sou tableau de» formes qui généralement sont négligées (dégénérés supérieurs, déséquilibrés de la sensibilité, émotifs, fous moraux, etc.).
M. le prof. Dallemagne, dans son magistral ouvrage, auquel nous avons déjà fait allusion, a également traité la question du groupement de ce qu'il désigne avec Morel et Magnan sous le terme global de dégénérés. Plus loin à propos de la nomenclature adoptée par Thulié, je don-, nerai en détail la définition de ce terme.
Pour M. Dallemagne, comme pour Morel et Magnan, la défectuosité psychique est une manifestation dégénérative.
C'est par conséquent un point de départ plutôt écologique qu'il adopte lui aussi.
Il distingue du reste entre le dégénéré et l'héréditaire simple ' le premier devient fou à propos de tout et à propos de rien, son organisme détraqué, loin de résister, fait une folie désordonnée et atypique. Le second semble ne céder qu'en face de l'intensité et de la persistance des influences perturbatrices. ,
Il adopte aussi la division en dégénérés inférieurs et tivpérieurs.
De la lecture un peu difficile du chapitre, concernant la classification, je crois pouvoir extraire ce qui suit :
A. Les dégénérés inférieurs comprennent les idiots, les imbéciles, les faibles d'esprit, puis aussi les enfants atteints de nanisme et de gigantisme.
B. Un second groupe est constitué par des dégénérants : il désigne ainsi les hystériques, neurasthéniques et épileptiques.
C. Les dégénérés^ supérieurs comprennent des déséquilibrés représentés par les degrés les moins atteints des types du groupe B, puis les déséquilibrants chez lesquels le déséquilibre est plutôt fonction du milieu, enfin les dégénérés réels, qui comprennent les impulsifs, les obsédés, les phobiques. Il décrit parmi les dégénérés supérieurs quatre modalités : les psychopathes sexuels, les impulsifs morbides, les émotifs et les sujets à inteUectualité morbide, les criminets.
Barthold (<), de Munich, appelle idiots tous les enfants qui, dès la naissance ou pendant les premières années après celle-ci, ont été atteints, à la suit« d'une affection cérébrale, d'un trouble dans leur développement intellectuel. Ile se divisent en deux groupes principaux :
1" Les inéducables, non susceptibles de développement, n'ayant besoin que de soins physiques;
2" Les édueables, susceptibles de développement. Entre les idiots et les anormaux, il place les faiblement doués {Schwachhegabt). qui se caractérisent par leur inaptitude à suivre le programme de l'école primaire.
Cett« inaptitude dépend :
1" D'une insuffisance intellectuelle;
2° D'une dégénérescence provoquée par :
a) L'alcoolisme des parents;
b) La syphilis d'un des deux parents ;
c) L'état intellectuel inférieur do ceux-ci.
â" D'une alimentation insuffisante ou irrationnelle pendant la première enfance surtout; 4" De maladies fréquentes,
Yoici encore une nomenclature mise en discussion à la
C) Babthold, Die. Idiotenanstalten and die Hilfuachulfn, eine GftHZregulitrang. X' Konferenz f, dos Idiotemcesen und Schulen fUr schteachgiHnige Kinder am 17 bis 20 Sept. 1901.
dixième conférence allemande pour l'assistance de l'enfance anormale, par KOlle, de Zurich (') :
1" OATjiaoBiB. — Idiotir primitive, A. Faiblement donés (SchtoachbefWiigte).
I. FaibleiDeat doués avec anoiaftlieg phytiiques congénital ea.
a) Éréthiques on versatiles.
1° Avec faiblesse psychique simple.
2° Avec conjplicstioriB psychiques.
3' Avec anomalies morales.
b) Apathiques ou anergéliques.
1° Avec faiblesse psychique simple.
2° Avec complications psychiques.
3° Avec unomalies morales.