C. Idiots (Blodsirmige
Mêmes divisions que pour A et B.
2* CATiuoBiB. — Idiotib secondaire.
Cette catégorie appartient à la folie et ne peut être traitée que médicalement.
Les objections qu'elle a soulevées ont montré l'importance et la difficulté du problème; une Commission a été nommée pour l'étudier.
Laquer (*), médecin de l'école annexe à Francfort, distingue les normaux des arriérés et des défectueux.
Les défectueux {Defekt) sont ceux dont les anomalies sont telles qu'ils ne peuvent fréquenter l'école.
(1) KUlls, Vemueh eintr EiHthtUung der idiolen. X' Konfereux far daa Idiotentemen und Schulr» fSr aehuiachainHigi! Kinder, 1901.
(') Laqurb, Aertzliehe Feslstellitng dtr verschiedenen Fvrmen des Schwachiinna in dm truten Sehuijaren, 1901.
Lés arriérés ceux dont l'état intellectuel nécessite l'enseignement dans une classe annexe; il» sont susceptibles d'instruction, mais pas dans une école primaire ordinaire.
Puis, se plaçant au point de vue du médecin scolaire, il distingue aussi trois formes de faiblesse d'esprit {Sckwachainn) : la débilité, \' imbécillité et Vidiotie.
h'idiot ne peut fréquenter aucune école à cause de son état d'agitation; il parle à haute voix, circule dans la classe, etc. Les impressions (Eindriicke) sont passagères ou nulles; il ne peut les lier, ni en tirer parti. L'asile seul lui convient; très rarement il peut remplir une profession inférieure.
L'imbécile a. la mémoire faible, peu de représentation de nombres, apprend difficilement à lire et à écrire. Les notions courantes lui font défaut, il apprend mécaniquement, le calcul l'arrête presque toujours; il présente en outre les caractères marche et parole venues tardivement; troubles de la parole, strabisme, distraction facile, fatigue aussi; quelquefois des signes de dégénérescence : anomalies crâniennes, malformation; faiblesse morale; impossibilité de suivre dans une école ordinaire, malgré l'état normal de la vue et de l'ouïe. Il ne fait aucun progrès et a besoin de la classe ou de l'école annexe, avec programme spécial et nombre d'élèves réduit.
Le défnle {Schtcachbegabt, faS^ement dotié] présente les processus de la pensée gênée, il assimile et comprend avec lenteur, parce que l'association et la formation des idées est plus difficile; il arrive à un certain degré d'instruction lorsqu'il se trouve dans un milieu favorable et peut remplir une profession inférieure. Beaucoup de débiles sont et restent bizarres, agités, nerveux ; ils deviennent souvent neurasthéniques, hypochondriaques, hystériques, etc.
Parmi les imbéciles. Laquer fait la distinction admise par certains auteurs (De Moor et Ç^oIle, entre autres) entre les stupides et les agUés, mais parmi les imbéciles seuls; les premiers (anergétiques) sont indifférents, engourdis, peu
attentifs, facilement distraits et vite fatigués; l'utilisation des impressions sensorielles, la formation et l'association des idées et des images de mémoire sont pauvres. Quelquefois il y a des dispositions au dessin. Les esei-cices abstraits de calcul ne leur réussissent pas, tandis qu'ils parviennent, mieux par des exercices concrets; les seconds (éréthiques) font des farces, des tours, sont un peu plus attentifs, mais pas longtemps. Ils comprennent assez vite, mais les idées sont peu cohérentes, beaucoup de fantaisie, peu d'abstraction, jugement étroit, mémoire peu fidèle; plus éducables que les premiers.
ApertC), qui a surtout vu le problème des anomalies infantiles au point de vue des troubles nutritifs, fait une classification assez originale. Les irréguliers intellectuels, l'idiot excepté, deviennent pour lui des retardataires.
L'anomalie mentale est par lui considérée comme étant souvent la conséquence d'une anomalie nutritive.
Les affections cardiaques, pulmonaires, vasculaires, rénales, hépatiques, spléniques, testiculaires ou ovariennes. mEimellaires ou pituitaires, et surtout thyroïdiennes fathyroïdie, hypothyroïdie, dythyroïdie) sont la cause directe ou indirecte d'arrêts de développements partiels ou généralisés qui retentissent sur l'évolution psychique.
1" Il distingue le typa retardataire pur : c'est le sujet qui est simplement retardé sur les autres sujets du même âge, en ce sens qu'à quinze ans, il en parait huit, qu'à vingt ans il en parait dix.
Le retard est tant physique que physiologique, intellectuel et moral. Le retard est plus ou moins grand et débute à un âge plus ou moins précoce.
A côté de ce type, il y en a une série d'autres, chez lesquels le retard porte plus particulièrement sur certains organes ou sur certaines fonctions à l'exclusion des autres.
(') Afsrt, Le» enfants retardalairea, 1902.
Il décrit en outre :
2* Le retardé avec obésité, chez lequel il peut y avoir retard sur toute la ligne, mais avec déviation de la nutrition ; obésité avec cryptorehidie et infantilisme génital.
3" Le retardé avec myxœdhne, chez qui l'infantilisme existe également dans tous les organes, mais qui présente les signes caractéristiques de la cachexie thyréoprive plus ou moins accentuée.
4° Le retardé avec féminisme ou virilisme. Ici )a déviation porte plus particulièrement sur les attributs sexuels, qui se rapprochent de ceux de la lille chez le garçon et inversement.
5° Le retardé avec gigantisme; l'infantilisme mental et souvent sexuel s'accompagne ici d'une taille exagérée avec signes fréquents d'acromégalie.
6° Le retardé avec séniîisme (gérodermie génito-dystrophique des italiens) atteint de troubles du tissu cutané et sous-cutané qui donnent aux sujets un aspect vieillot.
7" Le retardé avec malformations physiques diverses : l'infantilisme coexiste avec des malformations fbec-de-lièvre, absence d'agmydales, absence des deux nerfs olfactifs), affections familiales du développement (maladie de Friedreich).
8* Le retardé au point de vue intellectuel, ayriéré dans le sens des atiénistes : imbécile et idiot.
Il accepte comme élément de distinction entre l'imbécile et l'idiot, le critérium de Sollier : l'imbécile n'a que des troubles fonctionnels, l'idiot a une affection organique.
Au dessus de l'imbécile il place les sujets qu'on appelle, selon les pays, simples, naïfs, benêts, ingénus. Et au dessus de ceux-ci viennent
9" Les retardés dans le caractère, sans retard intellectuel ni physique : ils ont une tournure d'esprit spéciale, sont naïfs, bébètes dans leurs rapports journaliers. Quelquefois ils ont des facultés psychiques remarquables sur certains points : mémoire, raisonnement abstrait (mathématiques).
" Il y a chaque année dans les grandes écoles de mathé-
matiques, dit l'auteur, un ou plusieurs sujets brillants tant qu'ils sont aux études abstraites, mais incapables d'utiliser leurs connaissances, incapables de diriger un groupe d'hommes placés sous leurs ordres.... si intelligents soientils, leur volonté, leur force psychique, leur ascendant moral sont atrophiés.
' Ils peuvent rendre cependant des services et arriver à de belles situations dans des carrières n'exigeant ni vigueur, ni décision.
" Ils sont éminemment suggestibles, font les succès des hypnotiseurs. Physiquement, ils sont déjà anormaux, ou fluets ou malingres, ou grands, minces et courbés, comme un roseau, ou plus rarement épais ou patauds, volontiers, ils ont le nez en l'air, l'œil ne se fixant pas, et courant, de çà de là; la possibilit^é d'une attention soutenue leur est parfois difficile; leur physique présente le plus souvent quelque stigmate; une mèche de cheveux, blanche ou claire au milieu d'une chevelure plus foncée (ou inversement); un secteur irien bleu sur un iris brun (ou le contraire); du strabisme; de l'inégalité de volume des globes oculaires ou de l'inégalité pupillaire; des tics des muscles de la face; un nez dévié; une lèvre supérieure courte recouvrant mal des incisives longues et irrégulières; une bouche toujours entr'ouverte et souvent de grosses amygdales et des végétations adénoïdes qui peuvent contribuer à entretenir ces stigmates physiques; un menton fuyant, la barbe rare ou bizarrement implantée, le cou fluet, la poitrine étroite. L'existence de quelques-uns de ces stigmates, et un certain air indéfinissable les font assez souvent remarquer à première vue comme anormaux. ,
M, le professeur De Moor {') emploie le terme général d'enfants anormaux {anormale Kinderen) et l'applique : 1° Aux enfants atteints de troubles de la parole;
(•) Db Moob, Die Anormalen Kindtr, 1901.
2° Aux sourds-muets;
S" Aux aveugles;
4" Aux arriérés qu'il divise en :
«) Arriérés au point de vue pédagogique, se partageant en passifs et autoritaires. (Voir plus loin la portée de ces termes.)
b) Arriérés au point de vue médieal qui se partagent en
1". Abrutis (rerdummtes);
2° Instables pervertis, imbéciles moraux, choréiques mentaux;
3" Idiots du troisième degré : crétins myxoedémateux, idiots, ép il ep tiques, syphilitiques, microcéphaliques ou hydrocéplialiques, idiots dont l'affection est inflammatoire, idiots simples.
Je donnerai plus loin aussi la définition détaillée de l'arriéré pédagogique tel que le comprend M. le prof. De Moor.
Dans ses travaux divers etencoredernièrementau Congrès de Psychologie de Rome, Saute de Sanctis — dont j'ai déjà à plusieurs reprises signalé l'opinion — bien placé pour étudier le sujet en question, s'est occupé de classer les anormaux de l'esprit, les phrénasthéniques, comme il les appelle avec la plupart de ses compatriotes. Ce qui montre combien l'étude de ce vaste problème évolue et combien aussi les aspects sous lesquels il peut s'ofifrir à celui qui le pénètre peuvent varier, ce sont les transformations mêmes subies par les classements de Saute de Sanctis.
En 1901 ('), après avoir fait remarquer combien en étudiant les phrénasthéniques de près s'accroissait la probabilité de trouver chez eux des altérations somatiques, et combien les imbéciles dans le sens de Sollier (sans lésion cérébrale, ayant seulement des troubles fonctionnels) sont rares, il conclut cependant qu'on ne peut pas en déduire que
1° Tous les phénomènes moteurs des phrénasthéniques
(1) Sahte de Sahctis, Annali di Nevralogia, 1901, p. 6.
soient d'ordre plégique, c'est-à-dire dus à des accidents pathologiques.
2° Que l'insuffisance mentale des phrénasthéniques qui présentent ces phénomènes parétiques soient toujours entièrement la conséquence de la cérébroplégie, cause présumée des phénomènes moteurs.
Il fait alors quatre groupes dans lesquels l'insuffisance mentale est liée :
a) Â des lésions pathologiques démontrables du système nerveux par exemple : iàiotie par hémorrhagie méningée qui conduiraient selon certains à la sclérose lobaire (et l'idiotie par encéphalite).
b) Exclusivement à des arrêts de développement des centres et des fibres de projection {maladies de Little prénatales dans certains cas), idiotie amaurotique de Sachs, etc.
c) Uniquement à des arrêts ou des déviations dans le développement des centres et des voies associatives intercérébrales {idiotie dégénérative ou imbécUlité des autres auteurs).
d) Â la fois à des arrêts de développement et & des lésions pathologiques du système nerveux comme par exemple dans certains cas d'idiotie microcépkaliqve.
Reprenant le môme sujet au Congrès italien de Psychiatrie en 1902, il expose à nouveau sa thèse, bien qu'avec plus de réserve; il adopte la distinction de Tanzi en cérébropathiques et biopathiques, mais dans un sens moins absolu.
Voici sa classification (') :
1" Les phrénasthéniques cérébropathiques;
2° , , biopathiques;
3" , , biocérébr apathiques.
(') SuJTB SB SiBCTiB, Rapport an Congrès de Pegchiatrie d'Ancône 1902 {Risitta aperimentale di freniatria).
Ces trois groupes se divisant suivant qiw les caiiBes morbides ont produit leur action avant la naissance, à la naissance ou après celle-ci.
Il distingue en même temps un degré d'insuffisance mentale plus 01} moins prononcée : léger, moyen ou grave.
Au Congrès de Psychologie de EU>me, le même auteur a cru devoir encore remettre la question sur le tapis (')•
Dans sa communication il s'attache à fixer quelques types mentaux et à indiquer les moyens de mesurer chez les phrénas thé niques le degré d'insuffisance mentale. Pour lui les formes désignées sous les termes : idiotie, imbécillité, débilité, ne sont pas des nuances quantitatives d'un mêm<^ trouble : désormais il y a une tendance nette à admettre une différence qualitative entre l'idiotie et l'imbé- . cillité, et à considérer la déficience mentale comme un agrégat de formes cliniques très diverses.
Cependant la tradition domine toujours, même chez des psychiatres de la valeur de Kraepelin, Schûle, Ziehen, Blanchi, Tamburini.
Néanmoins on est arrivé à isoler des déficiences psychiques, l'amentia et la démence; d'autre part, depuis Sollier, on considère l'imbécillité comme distincte de l'idiotie.
Il croit avec Sollier que cette différence est de nature psychique et ne partage pas l'opinion de Tanzi au point de vue de la raison anatomo-pathologique des troubles. Il répète ici ce qu'il avait déjà dit dans ses travaux précédents : ' A vrai dire je ne puis me convaincre qu'une lésion cérébrale congénitale ou acquise pendant l'enfance, doive nécessairement correspondre à un déficit psychique d'un type donné. ,
Le moment est venu, ^oute-t-il, non seulement d'établir
(') SuiTB DB Sahctis, 5u Altunt Hpi di mtntalita inferiort, 1905. Lk traduction de cet article intéreeMat, faite par ans de mes collaboratrices à l'Inatitut, paraîtra dans nn naméro prochain.
approximativement le degré d'inauffiBance mentale, mais en outre de préciser le diagnostic par ' une détermination ultérieure du type d'insuffisance mentale ; , partant de là, 11 établit trois types principaux de mentalité :
Premier type : mentalité idiotique.
Second type : mentalité imbécile.
Troisième type : mentalité kéhoîdophrénique ou déiaentifUe ou mieux véaanvjue.
Il y ajoute un quatrième type : la mentalité épilêpfoïde et un cinquième : la mentalité infantile.
Voici la description de ces cinq types :
Premier Type : Mentalité idiotique- — Caractères principaux : Organes des sens obtus, expérience sensorielle pauvre. Torpeur psychique généralisée. Torpeur de l'attention, de la perception, de la mémoire. L'inertie domine; extrême pauvreté de l'imagination et de l'invention. Absence de généralisation et d'abstraction (absence de notion d'espace et de temps). Manque de logique, d'idées concrètes.
Manque d'affectuosité. Humeur, attitude, démarche, conduite, expression monotones.
Rire rare, explosif, incomplet ou stéréotypé, insignifiant.
Voracité et souvent gourmandise. Grave insuffisance du langage (vocabulaire rudtmentaire, agranimatisme, manque de mimique faciale et des membres).
Aucune tendance au jeu, ni surtout au jeu collectif.
Vrai solitaire comme l'indique l'étymologie.
Scolarité nulle, éducabilite presque toujours possible.
Saute de Sanctie se figure la mentalité idiotique analogue à celle d'un sujet privé de sen» principaux (tels que la vue et l'ouïe). Laura Bridgeraan et Helen Keller, avant d'acquérir l'expérience sensorielle, devaient avoir une mentalité du type idiotique.
Second Type : Mentalité imbécile. — Perceptions rapides, mais superficielles, grande mobilité d'attention, qui peut cependant, dans certains cas, être canalisée; élaboration des perceptions, mémoire débiles ou partielles. Pauvreté
d'invention, souvent même dissiioulée par une certaine dose de versatilité. Absence de critique et grande pauvreté de logique. Absence ou faculté très étroite de généralisation et d'abstraction (organisation incomplète d'espace et de temps). Crédulité, humeur souvent expansive, conduite franche, active, mais variable. Affectivité étroite ou pervertie, vanité, mensonge, érotisme (onanisme fréquent). Défiance au jeu, gourmandise, immoralité, même cruauté; i-ire disproportionné au motif risible, parfois aussi, complet ut normal. Souvent instabilité et hyperactivité, ré&actaire au travail discipliné, tendance à l'imitation, souvent collectionisme. Légère déficience dans le langage articulé (blésité), aussi bégaiement, scolarité restreinte ou partielle, éducabilité presque toujours possible.
Troisième Type : Menialité vésanique nu hêboïdo-phrénigue. — La mobilité de l'attention est véritablement caractéristique, capacité perceptive mobile quelquefois normale. Bonne mémoire, souvent la mémoire auditive est bonne et la mémoire visuelle insuffisante (invention désordonnée, affectivité incohérente ou manque d'affectivité). Vif contraste entre l'intelligence et la conduite. Possibilité de quelques généralisations. Développement suffisant des idées de temps et d'espace. Instabilité, incoordination et étrangeté de l'humeur, rire explosif, souvent complet, mais presque toujours rapide et alternant fréquemment avec l'expression antagoniste. Esprit de contradiction qui arrive parfois jusqu'au mutisme, au parler aphone et rare, comme S. a pu le constater aussi plusieurs fois chez des enfants de cinq à six ans.
Souvent ils ont une tendance à parler seuls (monologues) et, assez souvent, celle de rire, de gesticuler seuls. Instabilité générale, tics et grimaces fréquentes. Résistance au travail quel qu'il soit. Langage souvent incohérent, troubles fréquents de la diction.
Expressions stéréotypées, phénomène de l'écho, dysmimie. La scolarité est presque toujours élevée, mais varie
naturel iement avec l'état et l'école fréquentée. S. a vu dea phrénasthéniques du type vésanîque, de nadooalité étrangère, qui parlaient ou du moins entendaient bien trois langues; mais dans la scolarité on remarque toujours des arrêts et des poussées.
L'éducabîlité des vésaniques est toujours selon l'expérience de S. plutôt étroite (•}.
Les différences qualitatives entre la mentalité idiotique et imbécile d'un c6té et la mentalité vésanique do l'autre, se remarquent dans l'attention, dans la perceptivité ; dans la mémoire, la conduite, l'affectivité, le caractère.
Pour ce qui regarde l'invention, l'idéatton, la logique, le langage, les différences sont plutôt quantitatives.
Quatrième Type : Mentalité épUeptoide. — Attention normale ou bien plus ou moins torpide. Perceptivité tardive (t«mps de réaction long), mémoire débile, infidèle, même des lacunes. Logique faible, invention étroite, mais toutefois
Pauvreté très grande de généralisation et d'abstraction. Mobilité d'humeur, humeur habituelle déprimée, et conduite réservée. Emotivité unie à une sensibilité toujours quelque peu obscure. Explosion facile de gaîté, de mauvaise humeur ou de colère.
Impulsivité vive jusqu'à la clastomanie, à la brutalité; tendance à la vengeance. Affectivité obtuse. Égoïsme. Mauvaise conduite, spécialement à certaines périodes, tantôt on famille, tantôt dehors. Voracité. Tendances à la solitude, à l'abus de boissons alcooliques, au blasphème et aux discours obscènes. Peu d'entrain pour les jeux collectifs, tendances à l'oisiveté et au vagabondage. Langage normal, scolarité très pauvre. Ineorrigibilité, éducabilité difficile.
Santé de Sanctis a not^ d'une manière répétée que ce
(1) Cf. Ubllrb, Die pâdagogUcke Behandlung dtr demtntia precox
[ZeitêKkr. f. die Behandl. f!cknxiehaitimge und Epilepé., 1898, n" 2).
typo de mentalité se trouve souvent chez les enfants qui ont à
souffert pendant une période limitée de convulsion et qui 1
depuis n'en ont plus eu. Certainement, dans ce caa, il ne '
faut plue parler de démence épileptoïde, mais seulement de caractère et de mentalité épileptoïde.
Cinquième Type : Mentalité infantile. — Les caractères principaux sont : Attention torpide et mobile. Bonne mémoire, imagination étroite. Capacité d'abstraire très limitée. Idées d'espace et de temps très imparfaites. Inexactitude dans la généralisation, logique infantile.
Par défaut d'expérience, les conséquences sont toujours trop étendues par rapport aux prémisses. Astuce. Vive affectuositô. Timidité, docilité, mais mouvements impulsifs. Souvent un certain degré d'indolence. Curiosité (âge questionneur). Crédulité, vanité, gourmandise et souvent voracité. Jalousie. Très vives tendances à l'imitation. Ce caractère rapproche beaucoup l'infantile pathologique de l'enfant. | L'enfant est imitateur par définition. TJ commence à imiter | à la fin du deuxième semestre de sa vie, et son imitation 1 devient vite persistante, ce qui démontre déjà la présence de la volonté (Baldwin),
La môme chose s'observe chez l'infantile, mais dans plus d'un cas S. a noté l'esprit de contradiction (suggestibilité paradoxale). Tendance aux jeux et aux jeux collectifs d'imagination. Tendance au collectionisme. Humeur, attitude, démarche, expression, rire normaux. Langage articulé souvent non parfaitement développé. Sigmatisme, lambdacisme, zétacisme, mais peu de bégaiement: scolarité assez pauvre, éducabilité à. un haut degré.
Le professeur Ziehen {'), de Berlin, qui a, pendant son passage à léna et Utrecht, rempli les fonctions de médecin
(') ZiBHEN, Dif. neinteukrankhfite» de» KiiidetuiUey. 1902 et 1904, in SamnUung ro» Abhanillunrien imt dem Oehietr ilfn PltdagogUchen Pàychologit und fhyeivloi/ie.
consultant), dans les établissements pour irréguliers mentaux de Triiper et de Schrœder, emploie dans son ouvrage sur les maladies cérébrales des enfants le terme général de psychoses pour désigner toutes les irrégularités intellectuelles.
Il les divise en : a) psychoses avec déficience intellectuelle ou psychoses déficientes (Defektpsyehose),
et b) Psychoses sans déficience intellectuelle.
Il définit la déficience intellectuelle par : le dénûment morbide, l'absence d'idées et de liaisons, d'associations d'idées. Elle correspond toiq'oars à une lésion macroscopique du cerveau. Ce sont donc des psychoses organiques : les unes sont congénitales, ce sont les imbécillités dans le sens large du mot, les autres sont acquises, ce sont les démences.
Les formes congénitales se divisent en trois degrés suivant le degré de défectuosité mentale : idiotie, imèécSUté dans le sens étroit et débilité.
On a essayé, dit l'auteur, de décrire des types, de faire des classements étiologiques (syphilitiques, traumatiques, héréditaires); les classements anatomo-pathologiques ont plus de valeur, mais nos connaissances sont encore insuf-
II préfère conserver les termes idiotie, imbécillité, débilité avec indication de la cause principale, de la complication dominante, etc.
Seul l'état de l'intelligence peut servir de moyen de différenciation, les phénomènes paralytiques comme les troubles de la parole ne suffisent pas.
D'autre part, le degré de défectuosité intellectuelle peut ne pas s'étendre également à toutes les facultés. Quelquefois il peut y avoir des côtés brillants (calculateurs). On doit parler alors de faiblesse mentale irrégulièrement étendue.
Je termine cette série déjà longue de nomenclatures en donnant celles de Blin et de son élève Damaye, qui pré-
sentent un intérêt d'autant plus grand, que Blin dirige l'asile de Yaucluse pour enfants irréguliers mentaux et que depuis plusieurs années des études anthropométriques et psychologiques s'y poursuivent, dans le but de préciser les signes de l'intelligence et de la faiblesse intellectuelle. Je fais allusion notamment, aux beaux travaux de Blin lui-même et surtout de Simon ('), parus en majeure partie dans V Année psychclogiqve.
Blin (*) adopte le terme général de débilités mentales et fait le tableau suivant, dans lequel, lui aussi, s'efTorce d'apporter un peu de netteté dans la solution du problème et essaie d'établir une synonymie avet d'autres classifications, notamment avec celle de Bournevilie et de certains Allemands :