CONCLUSIONS
Je termine ici cet exposé : s'il est un peu long c'est que j'ai voulu reproduire aussi exactement que possible les définitions des auteurs, et que j'ai cru cette reproduction fidèle indispensable pour éviter de les tronquer ou de les déformer en les résumant.
Quelles sont les notions qui se dégagent de la confrontation de toutes ces nomenclatures V L'ordre dans lequel elles ont été présentées fait déjà apercevoir un fait ; au fur et à mesure que nous nous rapprochons de l'époque actuelle, les classifications se compliquent, se précisent, de plus, c'est surtout dans les signes concrets qu'on cherche à trouver les moyens de différenciation ; l'étiologie et
(1) Voir à ce BQJet le très intéressant article de Duprâ s n médical, 1905.
l'anatomie pathologique en fournissent quelques-uns, mais ils sont malheureusement insuffisants et c'est la psychologie qui patalt destinée à combler ce desideratum, si l'on en juge par le nombre et la portée des recherches poursuivies dans cette voie en ces dernières années, et les tendances indiquées par certaines des classifications rapportées (SoIIier, Binet, Noyés, etc.). Seulement nous n'avons encore parcouru que les toutes premières étapes de cette longue route et entretemps il faut bien pour les besoins du moment adopter un classement.
Malheureusement comme je l'ai fait ressortir ït pluBiears reprises au cours de cette étude, c'est une grosse question que de se résoudre à choisir l'une d'entre elles.
Sans doute la division fréquemment adoptée en idiots, imbéciles et débiles a pour elle la tradition, mais il faut convenir avec de Sanctis et beaucoup d'autres qu'elle est absolument insuffisante et sans aucune précision. Les idiots, imbéciles et débiles ne sont pas les seuls irréguliers; de plus, il n'y a pas deux auteurs qui s'entendent sur la définition de ces termes, sur les limites à leur assigner, et s'il existe un rapport relatif pour ce qui concerne les degrés graves des anomalies mentales, il est loin d'en être de même pour les formes voisines de l'état normal (').
Quand on songe à la variété énonne des termes généraux : idiots, crétins, imbéciles, dégénérés, débiles, arriérés, retardataires inférieurs, anormaux, dysgénésies(Chambard), meiopsychies (Toulouse), etc., et à l'emploi de ces mots pour des formes spéciales, au grand nombre de vocables qaise rapportent à certaines formes particulières : mentalement anormaux, subnormaux; débiles, faibles d'esprit, névropathes, déséquilibrés, asthéniques, instables, etc. ; enfin aux termes importés des langues étrangères, tels que phrénasthéniques, tardifs, déficients, psyehasthéniques.
(<] T. Hbucodbt, Frontièrea de la maladie.
faiblement doués, psychopathiques, diminués, etc.; sans compter les teimes employés par le vulgaire et repris par les écrivains, journalistes ou romanciers : fou, innocent, toqué, bouffon, niais; — quand on songe à cette vatiété énorme de vocables, dis-je, il semble qu'il y ait quelque raison, je le répète, pour renoncer à tous et chercher une nomenclature plus scientifique sur laquelle l'accord puisse se faire. C'est ce que M- Blin pense bien aussi lorsqu'il nous montre sur !e vif les conséquences de cet imbroglio et qu'il montre où peut mener cette regrettable confusion. " Tel enfant, dit M, Blin, qualifié imbécile par un premier certificat, est appelé idiot dans un second, débile sur un troisième, dégénéré sur un quatrième ('). ,
Combien cette confusion doit être plus grande encore dans les cas limites où il s'agit de distinguer les formes décrites par exemple par MM. Koeh, Thulié, De Moor, Ley, Philippe et Boncourt, Weygandt, Thoma, Santé de Sanctis.
Comment (aire pour sortir de cette difficulté?
A mon sens, il est impossible d'en sortir actuellement, du moins, de réaliser une nomenclatui-e parfaite.
La casuistique est insuffisante et surtout les moyens d'analyse noua font défaut. Les cas décrits sont trop peu nombreux et les moyens de diagnostic manquent. Il est cependant possible de se mettre d'accord sur une tendance à imprimer à la classification future.
Comme je l'ai proposé à la section des enfants anormaux au Congrès de l'Éducation de Liège (1905), il me semble nécessaire pour permettre cet accord, de prendre comme base les données physiologiques et biologiques, qui comportent toutes les réactions de l'individu en tant qu'individu, et en tant qu'unité sociale et élément cosmique.
En tenant compte de plus du fait que le milieu peut être le facteur prépondérant dans l'étiologie des anomalies,
(•) Blih, Les débilités mentale» (Revue de Ptychiatrte. doOt 1903).
je croÎB qu'il est possible d'admettre le classement en :