‹ La Claudication Intermittente De La Moëlle ÉpinèreChapitre 13 sur 24 · OBSERVATION V · texte numérisé non relu

OBSERVATION V

(Personnelle)

D..., manœuvre, 48 ans, n’accuse aucune maladie antérieure. De par sa profession de manœuvre, il marche beaucoup et il le faisait toujours sans fatigue, quand, à la fin de février 1908, il ressentit les premiers troubles de la marche.

Il s’aperçoit peu à peu que la marche le fatigue, qu’il a moins de résistance. Ses jambes tremblaient à la suite de ses courses et il était obligé à de fréquents arrêts pour les reposer.

Ces symptômes, d’abord assez vagues, s’accusent peu à peu. Le malade se forçait toujours à marcher, mais c’était pour lui un surcroît de fatigue.

Les choses en étaient de là quand, les premiers jours de mars, au soir d’une journée plus fatigante que les autres, il sent tout à coup ses jambes se dérober sous lui et il tombe, ayant toute sa Connaissance.

IL est incapable de se relever, ses jambes sont comme mortes

sous lui, mais il ne ressent aucune douleur.

LAS or

Te.

On le transporte à l'Hôtel-Dieu et, de là, à Saint-Jacques.

L'éthylisme est certain : le sujet avoue de fréquents excès qui se reconnaissent d’ailleurs au tremblement fibrillaire de la langue, à des cauchemars, crampes dans les mollets, etc.

Donc, l'individu est au repos : il veut se mettre en route : c’est à ce moment qu'il éprouve la difficulté la plus grande ; les premiers pas sont très pénibles, le malade ne souffre pas, mais ses Jambes sont engourdies. Les premiers pas se font donc très péniblement, mais le sujet s’échauffe au bout de quelques instants pour partir bientôt allègrement.

Il fait environ un kilomètre et, à ce moment, les membres inférieurs sont fatigués, ils se mettent à trembler et refusent

tout service. Le sujet est obligé de s’arrêter pour ne pas s’exposer

à une chute immédiate. Il s’arrête, s’asseoit ou simplement

s'appuie quelque part et se repose pendant une dizaine de minutes.

Le repos fait disparaitre le tremblement de tout à l’heure, si bien que le malade se sent bientôt la force de reprendre sa route.

De nouveau, le départ est pénible, mais la marche devient

plus facile, pour présenter bientôt les mêmes accidents qu’un

nouveau repos fera disparaître.

Et ainsi de suite.

Le repos complet à l’Hôtel-Dieu et à l’'Hospice général a amélioré le malade : en ce moment il peut marcher pendant un quart d’heure sans se reposer.

Aucune douleur dans les membres inférieurs ni dans les reins.

Démarche incertaine, les jambes écartées, pour mieux assurer

l'équilibre.

A l'examen on trouve tous les mouvements possibles, mais

certains, tels que l’extension, se font en se décomposant.

EU

Force musculaire excellente.

Le réflexe de la rotule est fort avec trois ou quatre secousses cloniques.

Le réflexe contro-latéral des adducteurs est exagéré à droite.

L’Oppenheim est net à gauche.

Le Strumpell est négatif.

Le Gordon est positif des deux côtés.

Phénomène du pied : positif à gauche.

Achilléen : fort à gauche.

Babinski négatif.

Aucun trouble de la sensibilité.

Même traitement que pour le précédent : le malade l’a suivi sérieusement, il s’est trouvé notablement amélioré, il a repris à marcher à peu près normalement et il a été trop heureux de reprendre son travail.

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