‹ La Claudication Intermittente De La Moëlle ÉpinèreChapitre 14 sur 24 · OBSERVATION VI · texte numérisé non relu

OBSERVATION VI

(Personnelle)

D... François, 60 ans, manœuvre. Aucune maladie antérieure.

Trois ans de service militaire, a fait la campagne de 1870 et fut prisonnier pendant six mois à Grosseglogau (Silésie).

Nie formellement alcoolisme et syphilis. Au mois de mars 1907, sans cause apparente, œdème des membres inférieurs qui disparut au repos au lit et au régime lacté. Peu de temps après cet incident, il ressent des douleurs dans les reins et des troubles de la marche.

Quand il est assis, il a beaucoup de peine à se lever et à se mettre en marche. Puis, en s’échauffant, la marche devient plus facile, jusqu'à ce que, au bout de quelques instants, il ressente

brusquement une fatigue invincible dans les membres inférieurs

de BAC CS

qui l’oblige à se reposer là où il se trouve. Il se repose dix miputes, un quart d'heure, puis il repart de nouveau et marche pendant le même temps jusqu’à ce qu’une nouvelle crise survienne.

Au début, le malade essaya de réagir ; mais, un jour qu'il s'était forcé davantage, il tomba en pleine connaissance et ne put se relever qu'après un repos prolongé; cette chute se renouvelle 5 à 6 fois, toujours dans les mêmes conditions, le malade ne ressentant ni douleurs ni vertiges.

La limite de marche permise n’excède pas un quart d'heure, et elle a beaucoup diminué.

- Quand le malade marche, ïl le fait d’un pas assuré, sans tremblement. [l souffre dans les reins, on ne trouve aucun signe: de radiculite. |

À l’examen on ne constate ni paralysie ni atrophie des membres inférieurs, seulement un léger œdème des malléoles. Motilité normale.

Force musculaire légèrement affaiblie. La sensibilité objective est intacte.

Troncs nerveux douloureux à la pression. Foie très gros, débordant les fausses côtes et très douloureux.

Réflexes exagérés, surtout le rotulien.

Babinski négatif.

Battements de la pédieuse sont conservés et normaux.

Traitement ioduré. Amélioration considérable.

OgservarTION VII

(D: Mirallié)

Mme C...,92 ans, présente depuis cinq ans de la claudication

intermittente à la suite d’influenza. Elle peut actuellement à

peine marcher : au bout de 60 mètres, elle sent ses jambes lourdes, raides, engourdies, pleines de fourmillements. Ses jambes sont si faibles qu’elle se couche, pour ainsi dire, en, avant. Quelques minutes, deux à peine, suffisent pour tout faire rentrer dans l’ordre.

Mariée, n’a jamais eu d’enfants ni de fausses couches, ni de maladies infectieuses, autres que la grippe.

A l'examen, pas de troubles de sensibilité ni de motilité.

Aucun trouble sphinctérien.

Pas de troubles trophiques.

Battements de la pédieuse normaux.

Réflexe rotulien fort des deux côtés.

Clonus du pied ébauché des deux côtés.

Clonus de la rotule ébauché à gauche.

Pas d’Oppenheim.

Pas de Babinski.

Après la fatigue, on trouve les mêmes signes, mais plus accusés.

OBseRvaTION VIII

(Dr Mirallié)

M. T..., forgeron, 35 ans, souffre depuis quatre ans de douleurs lombaires qui ont gagné, il y a deux ans, les membres inférieurs. Alcoolisme certain.

LL est incapable de marcher longtemps, ear il sent bientôt ses pieds lourds, raides, et il doit se reposer de temps à autre pour repartir tout à fait normalement.

Depuis six mois surtout, la marche est devenue de plus en plus dificile.

Le malade n’accuse pas de troubles des sphineters, mais il

souffre de douleurs violentes dans les reins, dans la nuque, il a

up Lee

la tête lourde. A l’examen on ne constate aucune altération de la motilité ni de la force musculaire. |

Le réflexe rotulien est fort des deux côtés, surtout à droite.

Ébauche du phénomène de la rotule.

Pas de phénomène du pied.

Pas de Babinski.

Les battements de la pédieuse sont perceptibles.

Rien au cœur.

Pas de douleur des troncs nerveux à la pression.

Pas d’atrophie musculaire.

Les pupilles sont égales. Pas d’Argyll Roberston.

OBsERvATION IX

(D: Mirallié)

Mne L..., 35 ans. Une fillette venue à huit mois. Un garçon, venu à terme, mais mort à vingt mois de convulsions. Depuis trois ans, elle éprouve de temps à autre pendant la marche une sensation de raideur dans les membres inférieurs. Actuellement, dès qu’elle a fait 2 à 300 mètres, elle est obligée de s’arrêter car elle sent « ses nerfs se tendre et devenir douloureux ». Les jambes ne se détachent pas du sol. Elle est obligée de s'arrêter pour se reposer et repart ensuite.

Motilité normale : pas de paralysie, ni de parésie.

Sensibilité normale.

Réflexe rotulien fort,

Trépidation du pied existe.

Pas de phénomène de la rotule.

Pas de Babinski.

Battements de la pédieuse normaux.

OBSÉRVATION X

(D: Mirallié)

Mme H..., 59 ans, présente des troubles de la marche à la suite de surmenage et de chagrins.

Après un certain temps de marche, elle éprouve une sensation de raideur, d’engourdissement, de faiblesse, d’impotence dans les deux membres inférieurs. Une heure de repos est nécessaire pour que les jambes recouvrent leurs fonctions.

Pollakiurie et mictions impérieuses.

Signes d’artério-sclérose.

Battements de la pédieuse normaux.

Réflexe rotulien fort.

Babinski négatif.

Sensibilité normale.

OBsERvATION XI

* (Due à l’obligeance de notre ami le Dr Denais et recueillie dans le service de M. le Dr Miraillé.)

Hémi-claudication intermittente du côté droit

S..., cocher, âgé de 71 ans. A eu, à 18 ans, un chancre et des bubons suppurés et à 25 ans de la diarrhée cholériforme. Éthylisme certain, se manifestant par des rêves, de la trémulation de la langue, ete.

À eu cinq enfants, dont plusieurs sont morts-nés, et sa femme fit une fausse couche, Se plaint de ce que, depuis quatre ans, sa jambe droite ne peut plus le porter. Son bras droit également est

moins fort que le gauche ; se plaint en outre de céphalées, de

Page 1