SCÈNE QUINZIEME
LUCIEN, à Contran.
Au lieu de me dire comment je dois jouer ce rôle, tu vas le jouer devant moi. (Prenant Jacqueline par la main et la faisant asseoir dans le fauieiiii.) Meltez-vous là, Jacqueline.
JACQUELINE, étonnée.
Dans le fauteuil de madame? .
LUCIEN
Oui... (il la fait asseoir, puis allant à Contran.) Avec toi, Jacqueline sera marquise...
CONTRAN.
Je comprends... et avec vous, elle sera...
LUCIEN
Bien entendu... (ll prend la chaise placée près du canapé et s'assied comme dans une stalle.) Commence, je regarde et j'écoute.
JACQUELINE
Et moi, monsieur... qu'est-ce qu'il faut faire ?
LUCIEN
Vous laisser faire... voilà tout.
JACQUELINE
Bien, monsieur.
CONTRAN, allant à Jacqueline.
Vous voilà placée, Jacqueline. Maintenant tâchez de prendre un peu des mines d'une grande dame, (il lui donne un petit écran et il arrange les plis de sa robe.)
LUCIEN, à part.
Il connaît même les plis de la robe!,..
JACQUELINE, se posant.
Est-ce bien?
CONTRAN.
Parfait ! voyez comme elle est tout de suite arrivée à se donner des airs de princesse, c'est vraiment chose singulière que la facilité avec laquelle la première femme venue...
LUCIEN
C'est admirable,..
CONTRAN.
La... vous y êtes?
LUCIEN
J'y suis. (Gontran sort, on entend un léger coup de sonnette, Contran entrebâille la porte.)
GONTRAN
J'entre, vous voyez...
LUCIEN
Je vois, je vois.
CONTRAN, va poser son chapeau sur le piano après avoir fait un profond salut à Jacqueline qui lui fait un petit signe de tête, puis il s'avance vers elle.
Je prends la main... avec un grand respect...
Bien entendu.
CONTRAN.
Un grand respect où perce cependant...
LUCIEN
Cependant...?
CONTRAN.
Où perce cependant une certaine émotion.
LUCIEN, à part.
Cette émotion m'inquiète...
CONTRAN,
Enfin, il faut que, malgré le respect, on sente que j'embrasse la main d'une jolie femme...
LUCIEN
Ah!