‹ La clef de la case l'Oncle TomChapitre 73 sur 82 · CHAPITRE PREMIER · texte numérisé non relu

CHAPITRE PREMIER

INFLUENCE DE l'ÉGLISE AMÉRICAINE SUR l'ESCLAVAGE.

Il n'est pas au monde un pays où l'influence religieuse s'exerce avec plus d'autorité qu'en Amérique. Il n'y en a pas où le clergé soit plus puissant. Ceci est d'autant plus remarquable, qu'en Amérique la religion est complètement indépendante de la puissance publique, et que le clergé n'y possède, pour aider son influence, aucun de ces moyens artificiels qui tiennent au rang et à la richesse. Envisagé comme corporation d'hommes, le clergé américain , généralement parlant , est fort pauvre. Le salaire qu'on attribue au prêtre suffit tout juste à son entretien , et ne lui donne aucun moyen d'amasser de la fortune. Tout au plus sa manière de vivre peut-elle être , relativement à celle de ses concitoyens aisés, convenable et décente. Il faut donc augurer favorablement du clergé américain, puisque, en dépit de ces circonstances si défavorables , il constitue dans le pays la plus grande autorité morale qu'on y reconnaisse.

C'est un fait bien avéré que nos hommes d'État, dans leurs combinaisons politiques, tiennent grand compte de l'influence cléricale. Pas un d'entre eux n'entreprendrait de mener à bien une mesure contre laquelle tout le clergé du pays devrait s'unir. Une telle puissance, bien qu'elle dépende uniquement de l'opinion, du raisonnement, de l'exemple, n'est jamais sans danger pour lintégrité du corps en qui elle se résume. Voir à ses pieds les chefs des partis politiques sera toujours un péril pour des hommes appelés à se laisser guider unique-

ment par des principes * qui ne sont pas de ce monde. » De plus, la possession d'un si grand pouvoir implique une très-lourde responsabilité ; car si le clergé est en situation de mettre un terme à une des transactions sociales qui portent quelque grave atteinte aux bonnes mœurs du pays , son inaction seule fait peser sur lui toutes les conséquences mauvaises d'une transaction pareille:

Du reste, — qu'on ne s'y trompe pas, — chaque église partage avec son clergé la responsabilité dont nous parlons. Effectivement, en Amérique, dans presque toute les sectes religieuses, chaque communauté élit elle-même son ministre; elle assure son existence par des rétributions volontaires, et, dès lors, elle s'identifie à lui de la manière la plus catégorique et la plus étroite. Le prêtre devient l'expression des idées de la communauté; celle-ci l'a choisi et le garde, parce qu'il traduit à son gré, plus parfaitement qu'aucun autre homme à sa disposition, ses doctrines de droit et de vérité. Sans l'appui matériel et moral qu'elle lui prêle, il ne peut se maintenir dans son autorité. Enfin, le fait même qu'il est conservé à la tête de ses fidèles est une preuve suffisante de leur identité d'opinion, puisque, s'il en différait d'une manière essentielle, ils peuvent se retirer de lui et choisir un autre pasteur.

L'influence d'un ecclésiastique , ainsi maintenu par le libre assentiment des intelhgences et des cœurs qu'il est chargé de diriger, est, à beaucoup d'égards, plus considérable que celle d'un délégué papal lui-même. Le prêtre catholique n'exerce qu'une autorité spirituelle sur des consciences» aveuglément soumises dès le début, autorité contre laquelle la raison se révolte souvent , et qui n'obtient qu'une obéissance extérieure; — plus heureux, le ministre libre tient captive, par les épanchements de son cœur, l'affection de ses ouailles; par la supériorité de sa raison il dompte l'opposition de la leur; et, de cette façon, maître des sentiments, de la raison, de la conscience, de l'homme tout entier il emprunte au libre jeu de cette organisation une puissance plus grande que n'en donnera jamais le despotisme spirituel, fondé sur le dogme de l'obéissance purement passive. Si un ministre ne réussit pas à étabhr dans une assez bonne mesure son influence sur une communauté, il est déclaré « malheureux » (unsuccessfulj , et celui qui réalise le plus parfaitement l'idéal de ce programme, — le ministre américain qualifié d' « heureux, » — possède, à notre gré, l'autorité la plus haute et la plus parfaite.

Nous allons donc, en traitant le sujet qui nous occupe, nous servir du mot àVglise dans le sens que l'on reconnaît chez nous à ce mot , c'est-à-dire en le

confondant avec celui de clergé, et en lui faisant comprendre cette classe d'hommes qui, sous toutes sortes de dénominations, sont organisés en corporations, se distinguant, par là, des chrétiens purement nominaux, sans dogme spécial ni doctrine autre que les préceptes du Christ lui-même.

Quelle est donc, allons-nous rechercher, l'influence de l'Eglise sur cette grande question de l'esclavage?

Dès le début , voici quelques points incontestables :

L'Eglise n'a pas détruit l'esclavage;

Elle ne l'a pas empêché de s'accroître ;

Elle n'a pas obtenu le rappel des lois qui interdisent toute éducation à l'esclave ;

Elle n'a pas essayé de faire rendre des lois qui missent obstacle à la séparation des familles, et donnassent force légale aux mariages entre esclaves;

Elle n'a pas arrêté le commerce des esclaves entre propriétaires ;

Elle n'a point empêché l'extension de ce système, et le développement de tous les maux qu'il entraîne, sur de nouveaux territoires où il n'existait pas encore.

Toutes ces assertions sont matériellement inattaquables.

Qu'a donc fait l'Eglise?

A cette question , on peut répondre :

1° Que presque toutes les principales sectes, à une époque ou à une autre, ont exprimé collectivement la plus formelle désapprobation du système de l'esclavage, et ont émis le vœu que quelque chose fût fait dans le but d'arriver à son abolition ultérieure;

2** Une seule secte de chrétiens a pratiqué jusqu'au bout cette doctrine, et, en fait, a mis tous ses adeptes en dehors de la pratique qu'elle avait condamnée. Nous voulons parler des Quakers. Les moyens par lesquels ils sont arrivés à ce magnifique résultat nous seront bientôt exposés dans un livre que prépare l'un d'eux, le poëte J.-G. Whittier.

o° Certains individus , membres de chacune des sectes , véritablement imbus de l'esprit chrétien, ont, de diverses manières, protesté pubhquement contre le maintien de l'esclavage.

Voilà les faits généraux. Quant aux détails, nous allons sommairement les passer en revue, en commençant naturellement par examiner ce qu'ont fait les diftérentes églises des États du Sud (*).

(') Il est juste que l'auteur fasse connaître les sources auxquelles elle a puisé ses citations. Ce qu'elle dira de Taction des Judicatures religieuses du Sud (southern judicatories) va être surtout emprunté

Et d'abord, l'Eglise presbytérienne.

Dans une réunion tenue au presbytère d'Harmony, dans la Caroline du Sud , les ministres de cette secte, jugeant à propos de répondre aux manifestations soit anglaises, soit écossaises, soit américaines, qui avaient eu pour objet de mettre en doute la légitimité de l'esclavage, prirent les résolutions suivantes :

« 1 . Résolu que le royaume de notre Seigneur n'étant pas de ce monde , son Eglise , comme telle , n'a le droit d'abolir, de changer ou d'inculper aucune des institutions humaines, politiques ou civiles, etc.

»2. Résolu que l'esclavage a existé depuis le temps où vivaient ces excellents propriétaires d'esclaves et patriarches , Abraham , Isaac et Jacob (qui sont maintenant dans le royaume des cieux) , jusqu'à celui où l'apôtre Paul renvoyait un esclave fugitif chez le maître que ce dernier avait quitté (Philémon) , écrivant à ce propriétaire d'esclaves une lettre chrétienne et paternelle qui subsiste encore dans le Nouveau Testament (^) ; — et que l'esclavage n'a pas cessé d'exister, jusqu'à nos jours, depuis le temps où vivait l'apôtre.

'5. Résolu que, puisque les devoirs relatifs du maître et de l'esclave sont enseignés dans les Ecritures, tout aussi bien que ceux du parent et de l'enfant,

à un pamphlet intitulé : the Church, the hulwark of slavery. L'auteur de V Oncle Tomi e'crit à celui de cette savante compilation pour lui demander oii lui-même avait puisé ses documents. L'honorable James G. Birneynous a répondu en substance — que son pamphlet avait été pris dans des documents originaux ou dans des collections de journaux qui, au fur et mesure des transactions mentionnées, en avaient, dans le temps, rendu compte. Ce livre fut compilé et publié en Angleterre, en 184-2 , dans le but d'y faire comprendre la position de l'Église et du clergé américains. M. Birney ajoute que, depuis le temps assez long où les faits réunis par lui sont sous les yeux du public, il n'a pas ouï dire qu'on en ait contesté un seul, et que, du reste, — sachant combien était délicat le sujet qu'il avait à traiter, — il s'était fait un devoir de ne rien négliger pour donner à ses allégations le plus grand caractère d'authenticité possible.

(') Voici, pour l'édification de nos lecteurs, les termes mêmes de cette épître. Nous les empruntons à la traduction du Nouveau Testament, par M. F. Lamennais •.

« Moi, le vieux Paul, et maintenant enchaîné pour le Christ Jésus, je te conjure pour mon fils, que j'ai engendré dans mes liens, Onésime;

)) Qui l'a été quelque temps utile, et qui maintenant est utile à moi et à toi;

» Lequel je te renvoie. Toi, reçois-le comme mes entrailles.

)) J'avais eu dessein de le retenir près de moi , afin que pour toi il m'assistât dans les liens de l'Évangile;

» Mais je n'ai voulu rien faire sans ton aveu , afin que cette tienne bonne œuvre ne fût pas comme forcée, mais volontaire.

» Car peut-être ne t'a-t-il quitté pour un temps qu'afin que tu le recouvrasses pour jamais ;

» Non plus comme esclave , mais au lieu d'un esclave comme un frère hien-aimé , de moi premièrement, et combien plus de toi, et dans la chair et dans le Seigneur.

» Si donc jeté suis uni, reçois-le comme moi-même. »

du mari et de la femme, l'existence de l'esclavage en lui-même n'est point opposée à la volonté de Dieu ; et que quiconque éprouve des scrupules de conscience à reconnaître ces rapports comme licites est « juste au delà du néces- »saire, sage au delà de ce qui est écrit; » qu'il a soumis son cou au joug des hommes , sacrifié sa liberté de conscience chrétienne, et quitté l'infaillible parole de Dieu pour la chimérique doctrine humaine. »

Une réunion semblable, dans V Union Presbytery de Charleston, après avoir également posé en principe que les prédicateurs ecclésiastiques ne peuvent s'attaquer à l'esclavage, institution politique avant tout, décide: « Que la possession d'esclaves, bien loin d'être un péché aux regards de Dieu, n'est nullement condamnée par sa sainte parole ; qu'elle est d'accord avec l'exemple , et en parfait rapport avec les principes des patriarches , des apôtres et des prophètes. »

Le 16 novembre 1858, l'Eglise presbytérienne (Nouvelle-Ecole) à Pétersburgh (Virginie) croit nécessaire de protester contre une loi rendue, en 1818, par l'Assemblée générale. Cette loi conférait aux esclaves le droit de citer leurs maîtres devant la judicature ecclésiastique , lorsque ceux-ci les avaient vendus sans obtenir leur consentement préalable. Les presbytériens de la Nouvelle-École se posent en adversaires de toute église qui déclarerait l'esclavage un péché contre Dieu, ainsi que l'a fait l'Assemblée générale.

Passons aux anabaptistes. En 1835, l'association anabaptiste de Charleston adresse à la législature de la Caroline du Sud un Mémorial où nous lisons ceci :

« Les soussignés ne croient pas que les saintes Écritures aient mis le moins du monde en question la moralité de l'esclavage. Jésus-Christ, en particulier, trouvant cet état de choses en pleine vigueur dans la société où il vivait, il n'entra pas dans ses desseins de le réformer, et il laissa entièrement cette question à la décision des hommes. En effet , du moins dans notre opinion , ce n'est là qu'un problème d'économie politique à formuler ainsi : Les travailleurs d'un pays seront-ils achetés et vendus , constituant en eux-mêmes une propriété , comme dans cet État; ou bien seront-ils salariés, et la propriété ne s'étendrat-clle qu'à leur travail, comme dans certains autres États voisins?... Le droit des maîtres à disposer du temps de leurs esclaves a été nettement reconnu par le Créateur de toutes choses, qui, certainement, est bien libre d'appliquer à tel objet qu'il lui plaît le droit de propriété. 11 n'est pas plus contre les lois de la société ou de la morale de retenir ce droit, quand on le possède légitimement,

que de conserver les facultés dont on a été doué par le Créateur, « ou l'argent et les terres qu'on a hérités de ses ancêtres, ou les biens qu'on s'est procurés par une industrie individuelle. »

Pour les Méthodistes, la situation était plus délicate, attendu que leur constitution et leur discipline écrite renferment contre l'esclavage les anathèmes les plus véhéments que le langage humain puisse formuler, et, de plus , les injonctions les plus strictes d'interdire à tous les membres de l'Eglise une participation quelconque au maintien de l'institution condamnée; — le tout confirmé par l'espèce de concile que les Méthodistes appellent Conférence générale.

Il fallait bien que la Conférence du Sud tînt quelque compte de ces précédents. C'est ce qu'elle a fait, avec un grand sang-froid et une netteté remarquable, dans les décisions suivantes adoptées par la Conférence annuelle de Géorgie.

« Résolu à l'unanimité : attendu qu'il y a dans la discipline de notre Éghse une clause établissant que nous sommes aussi convaincus que jamais des grands maux de l'esclavage; attendu que ladite clause a été pervertie par certains individus, de telle façon qu'on a pu croire que l'Eglise méthodiste épiscopale regardait l'esclavage comme un mal moral.

» En conséquence , déclarons que tel n'est pas notre sentiment : la Conférence annuelle de Géorgie n'envisage pas comme un mal moral l'esclavage tel qu'il existe aux États-Unis.

» Résolu que nous envisageons l'esclavage comme une institution civile et domestique, sur laquelle, en notre qualité de ministres du Christ, nous n'avons aucune influence à exercer, si ce n'est pour améliorer la condition de l'esclave, en essayant de lui départir, à lui et à son maître, les bénignes influences de la religion du Christ. »

D'accord avec elle-même , la Conférence de Géorgie manifeste la plus complète et la plus respectueuse approbation pour ceux de ses surintendants ou évêques qui ont aidé à combattre, en diverses occasions , les partisans de l'abolitionnisme. Elle leur promet, en toutes circonstances, «un appui cordial et zélé. »

La Conférence de la Caroline du Sud se refuse , par les mêmes motifs , à examiner toute question relative à l'esclavage. Sa juridiction ne va pas jusquelà : l'esclavage n'est pas un mal moral. S'il pouvait être ainsi qualifié, il tomberait sous la juridiction des autorités ecclésiastiques ; mais il est exclusivement

du ressort des autorités civiles , et , par conséquent, ne saurait constituer un péché.

Démêlez la trame de cette logique, — et dites-nous ce qu'elle a de sérieux.

Le rôle des Episcopaux se déduit de ces faits bien simples : en 4836, un ecclésiastique épiscopal, de la Caroline du Nord , prêcha par-devant son évêque (celui-ci natif d'un Etat libre) deux sermons sur les droits et les devoirs des propriétaires d'esclaves. Il essayait, d'après la Bible, d'y justifier l'esclavage, soit des nègres, soit des hommes blancs, insistant sur cette démonstration que, « sans une nouvelle révélation du ciel, aucun homme, ici-bas , n était autorisé à déclarer V esclavage illégitime. » Ces sermons furent imprimés avec une lettre de l'évêque de la Caroline du Nord (le révérend Levi S. Ives D. D.), déclarant qu'il avait entendu ces discours « avec un sincère plaisir, » et qu'il regardait leur publication comme « exigée d'urgence par les besoins du temps. »

La Société protestante épiscopale, formée pour les progrès du christianisme ( ! ) dans la Caroline du Sud , jugea convenable de republier, dans la collections de ses Traités religieux, les sermons du prédicateur en question, nommé Freeman.

Et peu après, lorsque l'adjonction du Texas aux États de l'Union eut rendu essentiel d'y organiser une égUse épiscopale, l'évêque élu du Texas fut justement... M. Freeman.

Mais, se demandera-t-on , est-ce le dogme abstrait àç^ l'esclavage, indépendamment de ses odieuses pratiques^ que les sectes chrétiennes de l'Amérique déclarent ainsi légitime ? — Examinons encore la question ainsi posée.

Le système de l'esclavage, entre autres abus, comprend quatre résultats atroces.

Ce sont :

l"* La non-admission devant les tribunaux du témoignage des gens de couleur;

2^ La défense de leur donner de l'éducation ;

5" L'achat et la vente des esclaves, d'un maître à l'autre ;

4° La séparation des familles, qui est la conséquence indispensable de ce commerce toléré à l'intérieur.

Nous allons fournir la preuve que chacun de ces abus , pris à part , a été ou défendu en principe, ou admis sans condamnation, soit par les judicatures

ecclésiastiques, soit dans les écrits de prêtres haut placés, que n'ont pas désavoués, en celte circonstance, les corporations religieuses auxquelles ils appartenaient.

L Sur le refus d'admettre en justice le témoignage des gens de couleur, nous avons, en 184-0, la résolution suivante, adoptée par la Conférence générale de l'Eglise épiscopale méthodiste: — « Résolu qu'il est inopportun, et non justifiable, pour un prédicateur quelconque, de permettre que les gens de couleur rendent témoignage contre les blancs dans tout Etat où ce privilège leur est refusé par la loi. »

Cette déclaration avait lieu avant que les conférences entre le Nord et le Sud eussent amené, dans l'Eglise méthodiste, sur la question de l'esclavage, une scission sur laquelle nous reviendrons. Dans cette occasion , les membres du Nord , comme les membres du Sud , votèrent la résolution dont nous venons de donner le texte.

Cependant beaucoup de ministres méthodistes , dans le Nord , conçurent des scrupules, et demandèrent un nouvel examen de la question. Mais les membres du Sud exigèrent impérieusement que la mesure prise fût maintenue à titre de « compromis » et comme gage d'union. Après une discussion très-vive , ils l'emportèrent sans autre concession que de joindre à la résolution maintenue, par manière de correctif , une déclaration qui tendait à exprimer « qu'elle n'avait porté aucune atteinte au respect de la Conférence générale pour la population de couleur. »

Chose étonnante, la population de couleur ne parut pas pénétrée de cette vérité. Elle émit contre la décision de la Conférence générale des protestations formelles, et une pétition fort remarquable. Cette pétition fut confiée à un des secrétaires , délégué de la Conférence de Baltimore, qui la remit aux évéques. Ce qu'en pensèrent ceux-ci, nous l'ignorons; — mais jamais elle ne fut lue devant la Conférence générale.

IL Relativement aux lois qui empêchent l'esclave d'apprendre à lire et à écrire, nous pouvons donner ce détail :

En l'an de grâce i825, le presbytère de Chillicothe (Ohio) adressa au presbytère du Mississipi, sur la question de l'esclavage, une remontrance chrétienne dans laquelle étaient énumérés tous les points où l'on envisageait la question comme contraire à la loi chrétienne. La huitième résolution du presbytère de Chillicothe était ainsi conçue :

« Tout membre de notre Eglise qui se portera défenseur des lois qui ont été ou peuvent être promulgées pour maintenir les esclaves dans un état d'ignorance, et les empêcher d'apprendre à lire la parole de Dieu, se rend coupable d'un grand péché, et s'expose aux mêmes censures que lui mériteraient d'autres actes non moins scandaleux. »

Le presbytère du Mississipi chargea son secrétaire, le révérend James Smyhe , de répondre à cette censure ; ce qu'il fit par un pamphlet de quatrevingt-sept pages, où il défendait, soit en principe général, soit dans ses détails, l'institution de l'esclavage. Arrivé au passage que nous venons de citer, il le réfute en sept pages petit-texte , où il déclare que les lois rendues , soit dans le Mississipi, soit dans la Louisiane, pour prohiber toute instruction à donner aux esclaves, ont obtenu l'approbation de < la portion religieuse et réfléchie » de la population, dans ces deux Etats.

Il ajoute, cependant, plus loin :

«Les lois qui empêchent les esclaves d'apprendre à lire produisent sans doute parmi eux beaucoup d'ignorance et d'immoralité. Mais la publication et la circulation, dans les Etats dont il s'agit, de livres où étaient écrits certains principes d'abolition et d'émancipation, — telle est la vraie cause pour laquelle ces lois ont été promulguées. »

Partant de là, M. Smylie conclut que l'ignorance et les vices de la population esclave, — conséquences des lois susdites, — ne sont en rien le fait des législateurs , mais bien celui des hommes dont les doctrines émancipatrices ont rendu nécessaire la législation attaquée. Et comme il ne recule pas devant les déductions les plus énormes de son étrange logique, il rend responsable de ces vices :

• John Wesley, Jonathan Edwards, l'évêque Portcws, Paley, Horsley, Scott, Clark, Wilberforce , Sharpe, Clarkson, Fox, Johnson, Burke, et tous ces autres hommes, si bons et si grands d'ailleurs, qui, sans examiner à fond la parole de Dieu, ont regardé comme vraie cette maxime que l'esclavage en luimême est un fait entaché de crime. »

11 faut remarquer ceci de M. Smylie : c'est d'abord qu'il a été choisi en 4839, par le synode du Mississipi, conjointement avec le révérend John L. Montgomery, pour rédiger un cathéchisme spécialement destiné à l'instruction des nègres; en second lieu, que, dans son Hisloire de Vlnslmclloii religieuse des nègres, à la page 83, M. Jones le signale, après avoir parlé de

ses efforts systématiques et constants pour instruire les nègres du Mississipi, comme « un des Pères les plus âgés et les plus infatigables. » M. Jones ajoute : «Ses succès ont été immenses. Un grand nombre des nègres qui fréquentent sa vieille église peuvent réciter sans faute le catéchisme de Williston et celui de Westminster.»

IIL Arrivons à ce qui concerne le commerce des esclaves à l'intérieur du pays. Ce qui caractérise essentiellement ce commerce , c'est la vente et l'achat d'êtres humains dans la simple vue de réaliser un gain quelconque.

Un maître qui, par transmission, reçoit des esclaves, ou bien encore un maître qui achète des esclaves dans le but de les garder ou sur sa plantation ou au service de sa famille, peut se proposer en ceci un autre objet que celui du gain. On peut, en certains cas, admettre que le bonheur ou le bien-être de l'esclave compte à ses yeux pour quelque chose. Le trafiquant, au contraire , achète ou vend dans l'unique vue de réaliser un profit.

Le presbytère de Chillicothe (nous avons dit à quelle occasion) avait pris la résolution suivante : » — Résolu que l'achat, la vente, ou la détention d'un esclave, dans des vues de gain, est, pour nous servir d'expressions consacrées, un péché, un scandale digne de haine, réclamant l'intervention des Judicatures ecclésiastiques.

M. Smyhe se charge encore (page 43) de rectifier cette erreur. Il dit en propres termes :

«Si l'achat, la vente, la possession d'un esclave en vue d'un gain quelconque, est, comme vous dites, «un péché et un scandale digne de haine, » alors, en vérité, les trois quarts de tout ce qu'il y a d'épiscopaux, de méthodistes, d'anabaptistes et de presbytériens dans les onze Etats de l'Union, appartiennent maintenant au démon. »

Il dit aussi (page 21 ) ^ que le vingt-cinquième chapitre du Lévitique établit en fait , clairement et sans équivoque , la sanction de l'esclavage donnée par Dieu lui-même; si bien que Tachât, la vente, la possession, le legs testamentaire des esclaves, en tant que propriété, sont des transactions d'origine divine. «

Quel trafiquant ne saurait gré à M. Smylie d'avoir aussi vigoureusement réfuté le presbytère de Chillicothe?...

IV. 11 nous resle à examiner, cnfm, les décisions des Judicatures ecclésiastiques par rapport à celte dissolution du lien conjugal qui est l'inévitable conséquence du commerce des esclaves à l'intérieur.

En réponse à cette question :

« Si, dans un cas de séparation involontaire qnine laisse aucune perspective de rapprochement à venir, le mari et la femme esclaves doivent être autorisés à contracter un nouveau mariage? »

L'Association anabaptiste de Savannah-River répondait, en 1835 :

• Qu'une pareille séparation entre personnes placées comme le sont nos esclaves équivaut civilement à la séparation résultant de la mort de l'un d'eux; et nous croyons qu'aux yeux de Dieu, elle doit être envisagée de la même façon. Interdire, en pareils cas, un second mariage, serait exposer les parties contractantes , non-seulement à un surcroît de misère et de tentation , mais encore à la censure de l'Eglise, si elles agissaient contrairement aux ordres de leurs maîtres qu'on ne doit pas s'attendre à voir acquiescer à une règle non-seulement injuste pour les esclaves, mais hostile à l'esprit du commandement de Dieu qui réglemente le mariage entre chrétiens. Les esclaves ne sont point de libres agents, et une dissolution de leur mariage par la mort ne dépend pas plus de leur consentement que celle qui provient de la séparation dont on a parlé. »

La même question, résolue de la même manière, a été soumise, il y a peu d'années, à l'Association anabaptiste de Shiloh.

Et enfin, le révérend Charles C.Jones, — un des hommes qui ont le plus fait, et avec le zèle le plus pur, pour le bien-être moral et matériel de notre population esclave, — remarque simplement, lorsqu'il apprécie la condition morale des nègres, que le mari et la femme étant sujets à toutes les vicissitudes de la propriété, pouvant être séparés par le partage des biens, par la vente au profit des créanciers, par le changement de domicile des maîtres, etc. , etc., le lien du mariage n'est pas , à beaucoup près , aussi sacré pour eux que pour les autres chrétiens; — et il ajoute :

« C'est un contrat purement de convenance, d'avantage ou de plaisir, qui peut être formé ou anéanti au ^ré des parties , et cela sans péché mortel ou sans tort réellement apporté aux intérêts matériels de l'un ou de l'autre. »

Dans cette définition, M. Jones n'a certainement voulu exprimer que l'idée communément adoptée par l'esclave et les maîtres, sur la nature et la force de cette sorte d'union. Ceci résulte des efforts qu'il fait dans le catéchisme rédigé par lui pour que l'esclave comprenne ce que les liens du mariage ont de durable et de sacré. Mais lorsque nous voyons les hommes les plus pieux et les plus

dévoués que le Sud puisse mettre au service de l'esclave , — hommes qui lui consacrent leur vie, — exposer ainsi, sans une marque de réprobation quelconque, un état de choses pareil, et regarder comme inopportun que l'Eglise intervienne pour y apporter quelques changements, que pouvons-nous attendre du public en général?

L'influence de l'Eglise du Sud doit être envisagée par nous sous un autre aspect.

On sait que la politique des Etats-Unis leur a fait établir en principe que l'institution de l'esclavage devait rester à l'abri de toute discussion. Dans la plupart de ces Etats existent des lois sévères, qui punissent d'amende, d'emprisonnement,— voire de mort, — quiconque parle ou écrit sur cette question, si ce n'est pour approuver le système.

Cette législation pénale, contre tous les principes du droit des gens, a été appliquée, autant qu'on l'a pu, non-seulement aux citoyens des États à esclaves, mais à ceux des Etats libres. C'est ainsi qu'en 1831, la législation de Géorgie offrait 5,000 dollars à quiconque amènerait devant les tribunaux de l'Etat, pour y être jugé et puni, un citoyen du Massachusetts, nommé Wdham Lloyd Garrison. C'est encore ainsi que, dans le même Etat, à Sterling, le 4 septembre 1835, une réunion de propriétaires d'esclaves dressait une liste de dix individus, — tous, sauf un, citoyens de New-York et de Massachusetts,— et pour la capture de chacun desquels on demandait au gouvernement de l'Etat d'offrir, par voie de proclamation, une récompense de 5,000 dollars. On peut lire, en outre, dans la Milledgeville Federçd Union (Géorgie) du 1^"" février 1836, l'offre de 10,000 dollars pour l'arrestation et l'enlèvement du révérend A. A. Phelps, de New- York. Le Comité de vigilance de la paroisse d'East-Feliciana offrait encore, dans le Loidsville Journal du 15 octobre 1835, 50,000 dollars à toute personne qui lui livrerait Arthur Tappan, de New-York. Dans une réunion pubHquc tenue à Mount-Meigs (Alabama), le 13 août 1836, l'honorable Bedford Ginress, qui présidait, offrait une récompense de 50,000 dollars pour la capture de ce même iVrthur Tappan, ou de Le Roy Sunderland, ecclésiastique méthodiste de New-York. Naturellement , aucun de ces individus ne pouvant être arrêté sans qu'on violât les lois de l'Etat auquel il appartenait comme citoyen, toutes ces promesses étaient faites, ouvertement, pour inciter à un acte que les lois qualifient de félonie. Mais n'importe. Et on ne s'en tint pas là : dans tous les Etats du Sud , il se forma des associations appelées comilés de vigilance^ dans le but de prendre toutes

les mesures nécessaires pour supprimer les opinions abolitionnistes, et pour punir, de par la loi de Lynch, les personnes suspectes d'opinions pareilles. Les actes illégaux se succédèrent rapidement. A Charleston, dans la Caroline du Sud, le Comité de vigilance s'empara, à force ouverte, des bureaux de la poste, et fit, à son gré, l'inspection générale des papiers qu'ils renfermaient; à mesure qu'ils y trouvaient une publication regardée par eux comme dangereuse (c'est-à-dire abolitionnisle), ces magistrats improvisés la jetaient dans la rue, où elle servait à alimenter un feu de joie. Peu de jours après, une grande réunion publique fut tenue pour organiser un système général de mesures qui empêchât toute publication contraire au principe de l'esclavage, et qui permît de fouiller partout, atln de découvrir les individus suspects d'abolitionnisme, et de les soumettre à la loi de Lynch. Des réunions du même ordre, et dans le même objet, se multiphèrentauSud et à l'Ouest. Dans l'une d'elles, tenue à Cnnton(Mississipi, 1835), on imagina, — pour la première fois, nous le croyons, — d'appeler le clergé à prendre parti dans la querelle. « Un plus long silence , étail-il dit dans les résolutions du meeting , l'exposerait très-certainement à une censure sérieuse. »

Il s'agissait donc de savoir si la violation des droits constitutionnels, les illégalités de tous genres commises par les Comités de vigilance, les arrestations de citoyens honorables, la mise à prix de leur liberté, les atteintes portées à l'indépendance de la presse, l'oubh de tous les principes sur lesquels repose l'existence d'un peuple indépendant, seraient, oui ou non, sanctionnés par l'approbation du clergé.

Il nous eût été doux de pouvoir résoudre cette question autrement que par les faits et les paroles ci-après.

En rendant compte de ce grand meeting tenu , comme nous l'avons dit , à Charleston , dans la Caroline du Sud , le Charleston Courier nous informe que «le clergé de toutes les sectes s'y était rendu en corps, prêtant sa sanction aux mesures adoptées par la réunion, et ajoutant, par sa présence, au caractère imposant de celte scène. » On ne peut douter, en eOet, que la [)résence en masse du clergé de toutes les sectes à un meeting ayant pour but d'étouffer la libre discussion, et de faire illégalement emprisonner tels ou tels citoyens plus ou moins suspects d'abolitionnisme, n'ajoutât beaucoup à « la majesté » du tableau.

Aussi fut-il résolu dans ce meeting :

« Qu'on remerciait les révérends gentlemen du clergé de cette ville, qui avaient

si promptement et si efficacement répondu au sentiment public en fermant les écoles par eux ouvertes pour les gens de couleur libres. »

Conduite louable, en effet, — et que la réunion de Cliarleston proposait comme un modèle à tous les professeurs de l'Etat.

A Richmond, dans la Virginie, le clergé né se montre pas moins prompt, quand il s'agit de «répondre au sentiment public.» Il s'assemble le 20 juillet, et résout à l'unanimité * qu'on doit suivre l'exemple de Jésus-Christ et de ses apôtres en n'intervenant pas dans la question de l'esclavage ,» et que, pour leur part, les membres du clergé « ne recevront aucun pamphlet, aucun journal des sociétés abolitionnistes; mais, au contraire, s'opposeront de leur mieux à la circulation de ces sortes d'écrits. »

Individuellement, les membres du clergé sont tout aussi fougueux. Voici dans quels termes un ministre méthodiste de la Carohne du Sud termJne une lettre très-violente adressée au rédacteur en chef du Zion''s Watch- 7nan, journal abolitionniste pubUé à New- York. Nos lecteurs voudront bien remarquer, dans ce fragment épistolaire, une allusion délicate aux 50,000 dollars offerts, nous l'avons dit, pour la capture, soit de M. Arthur Tappan, soit du journahste en question, M. Le Roy Sunderland, membre du clergé méthodiste :

«Puisque vous désirez tant élever les esclaves, je vais vous fournir les moyens de concourir à la propagation des lumières parmi eux , sans continuer à publier le Zioiis Watchman. Vous et le vieil Arthur Tappan, vous n'avez, cet hiver, qu'à venir faire un tour dans le Sud; on se chargera de vous trouver cent mille dollars. La Nouvelle-Orléans elle-même s'en porterait caution au besoin. Comme je ne désire pas cultiver de relations avec vous , et comme je ne m'attends à vous revoir qu'une seule fois dans le temps ou l'éternité, — c'est-à-dire le jour du Jugement, — je me déclare ici tout simplement,

» L'ami delà Bible et l'adversaire des abolitionnistes,

»J.-C. Postell.»

Orangeburgh, 20 juillet 1836

Le révérend Thomas S. Wilherspoon , membre de l'Eglise presbytérienne, écrit au rédacteur en chef de Y Emancipa !or , jouTUdl abolitionniste:

« Quand la loi n'apporte à nos maux que des remèdes tardifs, nous

autres gens du Sud , nous avons adopté la méthode sommaire du juge Lynch, — et, en vérité, rien ne guérit mieux cette maladie spéciale qu'on appelle le fanatisme du Nord. Je ne doute pas que mon digne ami, le rédacteur en chef des Emancipalor and human RigJits, ne s'améliorât à ce régime, pourvu qu'il eût un bon médecin du Sud. En toutes matières concernant la morale,

c'est d'après la Bible que je me gouverne

» Que vos émissaires se hasardent à traverser le Potomac , et je ne leur

promets pas un destin moins beau que celui d'Aman. Prenez donc garde de pousser un peuple insulté, mais magnanime, à des actes de désespoir. »

Le révérend Robert N. Anderson , membre de l'Eglise presbytérienne, écrit à ses collègues du West Hanover Presbijtery :

Vous savez que notre clergé, à tort ou à raison, est plus suspect au

public que celui de toute autre secte. Ainsi donc, chers frères en Jésus-Christ, laissez-moi vous exprimer le vœu sincère de vous voir vous conduire en hommes. S'il y a, parmi vous, quelque bouc émissaire souillé des principes sanglants de l'abolitionnisme , qu'on le découvre , qu'on le réduise au silence , qu'on l'excommunie et qu'on le livre au public, qui se chargera du reste. » Votre affectionné frère en Jésus-Christ,

» Robert N. Anderson. •

Nous pourrions multiplier sans fin d'aussi édifiantes citations ; mais en voilà bien assez pour montrer quelle a été, dans la question de l'esclavage, l'allitude du clergé du Sud , agissant isolément et dans sa pleine liberté.

Mais il arrive tous les ans que les chrétiens du Sud et des Etats à esclaves se trouvent en rapport , pour les matières ecclésiastiques , avec les chrétiens du Nord et des Etats libres. Des délégués sont nommés, de part et d'autre, pour la formation de ces assemblées mixtes, très-nécessaires à l'unité des principes religieux.

Au premier abord, on doit supposer que, dans ces assemblées, les délégués des chrétiens du Nord , imbus des principes de liberté , doivent , autant que possible, modifier les opinions de leurs frères du Sud, les discuter, les combattre avec ardeur, tâcher de faire prévaloir ce qui est la véritable interprétation des saintes Écritures , et, s'ils n'y peuvent parvenir, se retirer en

protestant, et n'assumer en rien la responsabilité de résolutions qui doivent leur paraître criminelles.

Nous verrons , dans le chapitre suivant , s'ils sont fidèles à ce programme.

En attendant, passons en revue les principes qui ont définitivement prévalu dans l'Église du Sud, et que nous avons extraits des déclarations les plus formelles, les plus authentiques :

1° L'esclavage établit des rapports innocents et légitimes, comme ceux de père et d'enfant, de mari et de femme, ou toute autre relation autorisée par la société. [Harmomj Presbytery , Caroline du Sud.)

2*^ L'esclavage s'accorde parfaitement avec les plus fraternels égards pour le bien-être de l'esclave. (Charleston Union Presbytery, Caroline du Sud.)

5^ Les maîtres ne doivent pas être soumis aux punitions disciplinaires pour avoir vendu leurs esclaves sans le consentement de ceux-ci. {New School Presbytery C/iurc/i , Petersburgh , Virginie.)

4^0 Le droit d'acheter, de vendre et de détenir des hommes, en vue d'un bénéfice quelconque, a été donné par l'expresse permission de Dieu. (Réponse du révérend James Smylie.)

5° Les lois qui interdisent d'instruire l'esclave sont justes, et obtiennent l'approbation de tout chrétien réfléchi et rehgieux. (Ibid.)

6"" Le fait de l'esclavage n'implique pas le moins du monde une question de morale ; c'est la solution pure et simple d'un problème d'économie politique. (Association anabaptiste de Charleston.)

7° Le droit que les maîtres ont de disposer du temps de leurs esclaves a été expressément reconnu par le Créateur de toutes choses. {Ibid.)

8° L'esclaj|ge,tel qu'il existe aux Etats-Unis, n'est pas un mal moral. (Conférence méthodiste de Géorgie.)

9^ Sans une nouvelle révélation du ciel , pas un homme n'a le droit de déclarer l'esclavage illégitime.

10° La séparation des esclaves, par suite de vente, doit être regardée comme équivalant à leur séparation par suite de mort , et on doit reconnaître au mari et à la femme, quoique vivants encore tous deux, le droit de se remarier. (Assemblées anabaptistes de Shiloh et de Savannah-River.)

11° Le témoignage des gens de couleur, appartenant aux Eghses chrétiennes, ne doit pas être reçu contre une personne de race blanche. (Église méthodiste. )

Ui] LA CLEF DE LA CASE

Enfin , nous avons vu que plusieurs ministres, appartenant à diverses sectes, regardent comme parfaitement légitime d'arrêter toute discussion sur ce sujet par l'application vigoureuse de la loi de Lynch.

Voyons ce que pensent de tout ceci les membres de l'Eglise du Nord.

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