‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 12 sur 89 · Instit. phiL Ontolog., c. ii, a · texte numérisé non relu

Instit. phiL Ontolog., c. ii, a

La créature, au contraire, et toute créature, est finie, imparfaite, et par là même composée de puissance et d'acte. Ou la créature est simple dans sa natnre ou elle est formée de plusieurs éléments. Si elle est simple, comme l'ange et l'âme humaine, elle est au moins composée d'essence et d'existence, car dans la créature même simple, l'essence et l'existence ne sont pas une seule et même chose. La créature a l'existence, mais elle n'est pas son existence ; l'essence est à l'existence comme la puissance à l'acte, le perfectihle, à ce qui le perfectionne et le complète. Dans la créature composée, comme l'homme et les êtres qui sont au-dessous de lui, il y a nécessairement deux éléments : l'un indéterminé et perfectihle, et l'autre qui détermine, complète et perfectionne, la puissance et l'acte. Que si le composé n'est qu'accidentel, v. g. un corps hlanc, outre la composition essentielle de corps, il y a encore la composition du corps et de l'accident qui le détermine, du corps et de la hlancheur qui en fait un corps blanc. Ce qui veut dire que partout et toujours dans l'être créé se rencontre la composition, l'indéterminé et le déterminant, la puissance et l'acte. Impossible de ne pas constater la présence de ces deux éléments dans toute créature. Il est donc très important de bien entendre ces notions, c'est-à-dire de bien comprendre ce que sont la puissance et l'acte et les relations qui les relient.

III. La PuissAiNCE ET l'acte. Leurs espèces. — La puissance et l'acte ne sont pas opposés comme le non être et Te Ire, en ce sens que la puissance soit le néant et l'acte, l'être, mais comme l'imparfait et le parfait. De sa nature, le terme de puissance désigne un état d'imperfection^ quelque chose d'inachevé, d'incomplet qui appelle un complément. Etre en puissance seulement et pouvoir exister est moins qu'exister ; pouvoir agir, moins qu'agir de fait ; pouvoir posséder une perfection quelconque, moins que la posséder en réalité. Le terme à'acte, au contraire, indique quelque chose de parfait, quelque chose qui détermine, spécifie et complète : « Omnis actus j)erfectlo quiedam est^. » Il a été en premier lieu appliqué à l'opération que produit une faculté quelconque, et c'est ainsi qu'on l'entend généralement : Nomen actus primo fuit attrihulum operationi ; sic enim quasi omnes intelligunt cictMm ^ .» L'opération complète et perfectionne vraiment la faculté dont elle procède ; on a donc eu raison d'étendre la signification du terme acte^ et de l'employer pour indiquer toute réalité dont le propre est d'achever et de compléter ce qui n'est pas parfait.

Les termes ^(^ piuissance et à' acte s'emploient en des sens multiples et divers. Ils se pren-

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