‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 18 sur 89 · Quœst disp., de Anima, a. l · texte numérisé non relu

Quœst disp., de Anima, a. l

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que rùme humaine est spirituelle. Il est vrai que dans l'état d'union avec le corps, notre âme dépend du corps ou mieux des sens sous le rapport de son objet naturel. Elle est sans doute spirituelle, mais elle est aussi sensitive, douée par conséquent de facultés spirituelles et de facultés sensitives. La raison humaine est donc une faculté inorganique unie à des sens, ou coexistant avec des sens : « intellectivum in sensitivo ^ » . De là^ pour l'exercice de l'intelligence, la nécessité du concours des facultés sensitives. Le mode d'agir est conforme au mode d'exister, modus agendi spqititur modum essendi. Si notre intelligence agissait seule et sans la coopération des sens, son mode d'agir ne serait pas en rapport avec son mode d'être^ parce qu'il ne rappellerait pas la coexistence de cette faculté avec les sens dans une seule et môme àme. Mais, évidemment, les sens ne sont pas l'organe de la raison; leur rôle se borne à lui présenter l'objet sur lequel elle doit exercer son activité dans l'état actuel d'union avec le corps : « Il est naturel à l'homme d'arriver aux choses intelligibles par les choses sensibles, parce que toutes nos connaissances ont leur commencement dans les données des sens : Est naturale homini ut per scmibilia ad intelligibilia veniat, quia

\. S. Tl]., De Mem. et Rcnim., lect. 2.

omnis cognitio nostra a scfisu initium liabet^. » L'ame humaine est en môme temps spirituelle, sensitive et végétative. De là trois classes de facultés et d'opérations. Nous venons de le dire, les facultés et les opérations spirituelles sont subjectivement indépendantes des organes ou du corps. Il n'en est pas de môme des autres facultés; elles sont liées à des organes et le corps concourt à leurs opérations comme co-principe -, Les opérations sensitives et végétatives sont communes à Fàme et au corps; en d'autres termes, elles procèdent du composé humain et non de l'âme seule.

L'âme humaine est donc une slibstance complète comme substance, mais non comme nature ; elle n'est pas toute la nature humaine ni toute la personne ; elle n'en est qu'une partie:^. L'âm3 de la bôt3 e^t plus imparfaite encore ; sans le corps, elle ne peut faire aucun acte, par conséquent elle ne peut pas exister, car l'opération suppose l'existence, et ce qui ne peut pas agir sans être uni à un autre principe, ne peut pas exister sans ce principe. D'où il suit que l'âme purement sensitive est incomplète, et comme nature et comme substance. Donc, si une substance ne peut faire aucune opération sans le concours

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