‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 31 sur 89 · De ira Dei^ c. x. — 2* Lettre à M. Foucher · texte numérisé non relu

De ira Dei^ c. x. — 2* Lettre à M. Foucher

corps et tout entière dans chaque partie du corps ; elle ne peut être ni augnienlée ni diminuée ; tandis que Fétendue a des dimensions déterminées, peut être divisée et n'existe point tout entière dans chaque partie du corps étendu*. Donc, l'étendue locale, hien loin de constituer la nature des corps^ n'en est pas même une propriété essentielle.

Dans tout corps naturel, les parties ne sont pas séparées actu et complètement distinctes les unes des autres; elles forment un tout continu et non point seulement un agrégat d'éléments jouissant chacun de son individualité propre, quoique contigus ; en un mot, les corps sont doués de l'unité proprement dite ^ . Les corps vivants jouissent de cette unité de continuité qui en fait un tout sans parties séparées de fait, et la plupart des Atomistes sont forcés d'en convenir. Mais pourquoi les corps inorganiques en seraient-ils privés ? Dirat-on que c'est parce qu'ils ne vivent pas? La raison n'est pas sérieuse ; car il s'agit des corps considérés comme corps et non comme substances de telle ou telle espèce, comme corps vivants ou privés de vie. Si les parties des corps inorganiques, atomes ou molécules, peu importe, sont distinctes les unes des autres et réellement séparées, de deux choses l'une : ou

Page 1