‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 34 sur 89 · Liberatore, Composé humain^ c. viii, a · texte numérisé non relu

Liberatore, Composé humain^ c. viii, a

réel ; les mathémaliques ont pour objet retendue, et rétendue divisible sans limites assignables. Donc, si les corps sont composés d'êtres simples agglomérés ensemble, l'élendae n'est plus divisible à Tindéfini, et il en est fait des mathématiques.

Non seulement le Dynamisme détruit la divisibilité de la matière à Tinfini, mais il détruit toute étendue réelle et objective. L'inétendu ajouté à l'inétendu ne produira jamais Té tendu, car il ne peut y avoir dans le tout ou le composé ce qui manque essentiellement dans les composants. On peut supposer un nombre aussi grand qu'on voudra d'âmes groupées ensemble : feront-elles un être étendu ? mais non ; pas plus qu'elles ne peuvent faire un corps. Il ne sert de rien de dire que ces êtres simples sont tenus à distance les uns des autres par une force attractive et répulsive, et que, de là naît le phénomène de l'étendue. La distance ne fait pas le continu et ne change pas la nature des êtres. Si l'on assemble des êtres étendus, on aura un tout de même nature, mais dont les dimensions seront plus grandes; si au contraire on réunit des êtres privés d'étendue, on formera un nombre plus ou moins considérable, et non point une réalité étendue. Inutile d'insister sur une vérité d'évidence immédiate.

Avec la réalité de l'étendue disparaît l'unité

de continuité. Les corps, avons-nous dit plusieurs fois, jouissent de l'unité proprement dite, de l'unité de continuité qui fait de chacun un tout sans division actuelle et, par conséquent, sans séparation réelle des éléments qui les composent. Mais il n'y a plus d'unité de continuité si l'on suppose que les substances matérielles sont des agrégats d'êtres simples^ indépendants les uns des autres, et doués chacun de leur propre individualité. D'autre part, comment échapper à l'action à distance, dès que l'on admet que ces êtres simples, séparés les uns des autres, s'attirent et se repoussent mutuellement? Or, l'action à distance, sans contact des agents qui agissent les uns sur les autres, est une absurdité. « Car il faut, dit saint Thomas, que tout agent soit uni au sujet sur lequel il agit immédiatement, et que sa puissance l'atteigne : Oportet omne agens conjungi eiiii qiiod immédiate agit et sua virtute illud contingere\ » Les corps seraient des composés d'êtres immatériels, inétendus, indivisibles, distincts les uns des autres et existant à la manière des esprits ! Le supposer, c'est évidemment nier toute distinction réelle entre les corps et les substances spirituelles.

Enfin, le Dynamisme est faux, parce qu'il réduit toute la variété des corps à une simple

L la q. VIII, a. 1.

(lidcrcnce de disposition entre des éléments de môme nature. Nous le répétons : expliquer ainsi la diversité spécifique des corps et leurs transformations substantielles équivaut à nier ce double fait.

Nous pourrions ajouter que le dynamisme, en détruisant la réalité de l'étendue, inllige un démenti absolu au témoignage des sens et mène directement à l'idéalisme, et que par là môme il renverse toutes les sciences naturelles, comme la physique, la chimie, etc. Toutes ces sciences supposent la composition physique des substances matérielles, leur étendue objective et leur divisibilité. ]Mais c'est assez pour réfuter une doctrine qui est plutct un roman qu'un système philosophique, et dont le principal auteur, Leibnitz, a été le premier à se moquer K

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