Cfr. Salut Thomas, lib. II. De Anima^ lect
Le mémo philosophe définit la matière première d'une manière positive en ces termes : « Dico matericun primum subjectum iiniuscujiisque exquo fit aliquid cimiinsit, non secwidiun accidens, et si commipitur aliquid^ in hoc abibit ultimum^ . » Définition un peu mystérieuse, comme la plupart des déiinitions d'xVristote, mais cependant pleine de vérité. La matière première est « primum siibjectum uniiiscnjiisqur. >>, parce qu'elle est le premier sujet de la forme substantielle avec laquelle elle constitue un composé substantiellement un, c'est-à-dire un seul corps, une seule substance matérielle. Aristote ajoute : « exquo fit aliquid cum insit, » et, par ces mots, il distingue la matière ou la cause matérielle de toutes les autres causes. La cause efficiente, la cause exemplaire et la cause finale ne sont pas intrinsèques à l'être qu'elles concourent à produire ; tandis que la cause matérielle fait partie du composé qu'elle constitue avec la cause formelle. Enfin, de Tunion de la matière et de la forme résulte un composé substantiel, une seule essence, formée de deux substances incomplètes, et non pas un composé accidentel, comme est v. g. le marbre et forme qu'il revêt sous le ciseau du sculpteur : « Non secundum accidens. » Et si ce composé substantiel cesse d'exister, s'il est dissous,