‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 54 sur 89 · II. Relations de la matièue et de la foume · texte numérisé non relu

II. Relations de la matièue et de la foume

CONSIDÉRÉES DANS l'ORDRE RÉEL, ill fciCtO CSSe.

Mais cette essence est réalisée dans l'ordre concret ; elle existe, et par conséquent, dans les corps, outre l'union de la matière et de la forme, il y a l'union de la nature et de l'existence qui actue cette nature et en fait un être réel. De quels principes est composée l'essence des corps telle qu'elle existe dans le monde visible, in facto esse ? Evidemment, des mêmes principes que nous avons trouvés en elle en la décomposant par l'analyse, c'est-à-dire de la matière et de la forme immédiatement unies. La matière première n'existe jamais seule et sans forme substantielle, ni la forme substantielle (nous parlons ici des formes non subsistantes) sans informer actu la matière. (( Il est de l'essence de la forme, dit saint Thomas, d'être dans le sujet dont elle est la forme : De rat ion e formœ, est quod sit in eo eu jus est forma\ » Si la forme substantielle était une 1. 1« q. XL, a.^L

substance au moins complète secundiim substantialitatem, elle ponrrait exister séparée du sujet qu'elle actue et spécifie ; mais elle ne peut agir sans la matière, et par conséquent elle ne peut exister qu'en elle et avec elle. L'action suppose l'existence ; toute forme qui ne peut agir sans la matière ne peut exister sans elle. De même, dit encore saint Thomas, « La matière ne peut exister dans l'ordre réel sans être actuée par une forme; car tout ce qui se trouve dans Tordre réel, existe de fait, et la matière n'a l'existence que par la forme qui est son acte ; par conséquent, elle ne peut exister réellement sans forme : Materia non potest in reriim nata.ra existere qidn aliqua forma formetar ; quidquid enhn in renim natura invenitur, actu exislit, quod quidemnon habet materia n>si per formant, quœ est actus ejus; iinde non habet sine forma inrerum natura inveniri *. » Donc, supposer la matière première existant sans forme substantielle, c'est la supposer existant sans l'existence, puisqu'elle n'a d'existence que celle que lui communique la forme substantielle. D'ailleurs, comme la forme substantielle, la matière première est une substance incomplète; bien plus, d'elle-même, elle n'a aucune essence complète et déterminée. Or^ évidemment, rien ne peut exister sans son essence, sans appar-

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