Quœst. Bisp. De Potentia , q. III, a
périence et à la raison, et l'on ne peut la rejeter sans dénier toute activité aux causes secondes et tomber ainsi dans l'occasionalisme de Malebranche, ou ramener tous les phénomènes de la nature à des changements purement accidentels. Qu'on ne dise pas que la production des formes substantielles dépendamment de la matière, est difficile à comprendre ; elle l'est moins que la création proprement dite, puisque les philosophes privés des lumières de la révélation ne sont pas arrivés à la notion de la création, et que cependant ils ont trouvé d'eux-mêmes réduction des formes ex potentia materiœ. Au reste, le fait de cette production est indéniable ; la difficulté de l'expliquer, si difficulté il y a, ne sera jamais une raison sufhsante pour la rejeter. Que de choses dont personne ne doute, et que néanmoins les savants eux-mêmes n^expliquent qu'avec peine, ou même n'expliquent pas du tout ! Les causes secondes ont le pouvoir de produire de véritables substances, non pas ex nih'do, mais ex subjecto prseexistente. Donc, l'effet de leur activité est la transformation substantielle des corps et la production d'un nouveau principe spécifique qui constitue le corps produit dans son espèce. Encore une fois, les Scolastiques n'ont pas voulu dire autre chose.