Com2), Tlieolog.^ c. lxxi
constitue Tordre et la beauté. Dien a créé le monde pour y faire resplendir ses perfections comme dans un miroir; et, parce qu'une seule créature ne suffisait pas à représenter ses divines perfections au degré où il voulait les manifester, Dieu en a produit un grand nombre et d'espèces différentes. Au sommet de l'échelle des êtres et plus près de Dieu, se trouvent les créatures incorruptibles et par là môme non composées de matière et de forme : « Les choses sans puissance à être et à ne pas être, dit saint Thomas, ne sont pas composées de matière et de forme, mais sont formes seulement, et formes subsistantes dans l'être qu'elles ont reçu de Dieu. Et ces substances immatérielles sont nécessairement incorruptibles : Entia in quitus non est potentia ad esse et non esse, non sunt coniposita ex materia et forma ^ sed sunt fonme tantum, siibsistentes in suo esse quod accepenint a Deo. Necesse estaiitem hiijusniodi substantias incorjjorales incorruptibiles esse^ . » Plus loin du souverain Maître de toutes choses, au dernier degré de la création, les êtres corruptibles, c'est-à-dire ceux qui naissent et périssent, « qui quelquefois existent, et quelquefois n'existent pas. Et parce que l'être (l'existence) suit la forme de la chose, ces êtres existent quand ils ont leur forme, et ils cessent d'exister quand ils la perdent. Il faut 1. Comp. Theolog., c. lxxi.
donc nécessairement qu'il y ait en eux quelque chose qui puisse tantôt posséder la forme et tantôt en être privé, et ce quelque chose est ce que nous appelons ]a matière. Donc, les choses qui sont au dernier degré des êtres sont de toute nécessité composées de matière et de forme : Quie quandoque sunt, et quandoque non sitnt. Et quia esse sequitur forman rei, sunt quidem kiijusrnodi quando forinam habent, desinunt aiitem esse quando forma privantur. Oportet igitur in eis esse aliquid quod possit quandoque formant hahere, quandoque forma privari ; quod dicimus materiam. Hujusmodi igitur quœ sunt in infimo, oportet esse ex niateria et forma composita^. » De là, les belles paroles de saint Augustin parlant des Anges et de la matière première : (( Vous avez fait deux choses (le ciel et la terre) sans les tirer de vous : l'une si près de vous, l'autre si près du néant ; l'une qui n'a que vous au-dessus d'elle, l'autre qui n'a rien audessous d'elle: Duo quœdam fecisti: unum prope te^ alterum prope nihil ; unum quo superior tu esses y alterum quo inferius nihil esset ^. »
On arrive à la même conclusion en partant de la causalité des créatures. Nous l'avons déjà dit, les créatures ne sont pas de simples occa-