Confessions, liv. XII, c. vu
sions, mais de véritables causes, douces du pouvoir de produire des cHcts qui leur ressemblent*. La plante donne naissance à des plantes de même espèce, l'animal produit des animaux de môme nature que lui, etc. « Omne agens agit sibi simile. » C'est un axiome que l'expérience confirme tous les jours sous nos yeux. Saint Thomas emploie, pour qualifier l'erreur contraire, une expression que l'on rencontre bien rarement sous la plume du saint Docteur : « Hœc opinio, dit-il, stulta est 2. » Or, les créatures ne peuvent rien produire ex nihilo ; il leur faut absolument un sujet préexistant sur lequel elles agissent et dont elles tirent l'effet qu'elles sont capables de produire. Dieu a donc dû mettre à la disposition des causes secondes un sujet réel, mais indéterminé comme espèce et apte à devenir tel ou tel corps déterminé sous l'action de ces causes, un sujet ou une matière que les créatures puissent transformer à leur ressemblance^ et produire ainsi, avec son concours, des elfets substantiels de môme espèce. Ce sujet « trans- ! formable en toute espèce de substances, in i^ omnium suhstantianim qenera versatile », selon le mot de Goudin, est la matière premièrci • Sous l'action des agents naturels, cette réalité