CHAPITRE XIII
De la permanence des corps simples dans les corps composés ou mixtes.
I. Une objection. — II. Remarques préliminaires. — TH. Que l'analyse chimique ne démontre pas que les corps simples demeurent acin dans les corps mixtes. — IV. Preuve positive de la doctrine scolastique.
I. Une objection. — L'une des principales preuves du système sco>lastique se tire des transformations substantielles des corps. Nous avons exposé cette preuve dans le chapitre précédent; mais nous croyons devoir y revenir, afin d'écarter une difficulté et de compléter ce que nous avons dit de ce phénoïnène de la nature. " '
C'est un fait que les corps simples combinés en des proportions connues forment des corps composés ou mixtes. Ainsi, l'oxygène et Thy- ' ' drogène, sous l'action de l'électricité, donnent 'fl! l'eau, qui est un corps diiïérentdesdeuxcôi'ps >^^^'' simples qui concourent à le produire. D'autre ^'^'^ part, il n'est pas moins certain, et les ScolaSti-'" '^^ ques ne le nient pas, que l'analyse chiiiiique' ^|'"-'
décompose les corps mixtes et fait reparaître les corps élémentaires que la synthèse avait combinés. Mais, objectent les tenants de l'Atomisme chimique, puisqu'il en est ainsi, les corps simples demeurent donc dans le composé chimique; et alors, que devient la preuve tirée des transformations substantielles en faveur du système scolastique ?
II. Remarques pkéliminaikes. — Avant de répondre directement à cette ditïiculté, qui n'est pas nouvelle, nous ferons d'abord remarquer que le système de la Matière et de la Forme ne serait pas ébranlé quand môme la chimie prouverait que les corps simples persévèrent dans les corps mixtes actu^ c'est-à-dire avec leur nature spécifique et sans changement substantiel* . La ruine d'une preuve n'entraîne pas celle d'un système, à moins qu'elle ne soit le seul appui de ce système. Or, la théorie de la Matière et de la Forme ne repose pas uniquement sur la démonstration tirée des transformations substantielles des corps. Gomme nous l'avons vu, on apporte en faveur de cette théorie beaucoup d'autres arguments très solides ; par conséquent, elle demeurerait, quelle que fût la force de l'objection empruntée à l'analyse chimique.
Une autre remarque à faire, c'est que l'objec-