‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 67 sur 89 · C/V-, Libéra tore, Compose /ittm«/n^ c, viii, a · texte numérisé non relu

C/V-, Libéra tore, Compose /ittm«/n^ c, viii, a

tion ne vise que les composés chimiques et nullement les corps simples. Si donc elle avait la valeur qu'on lui attribue, elle ne prouverait qu'une chose, à savoir que les corps mixtes sont des agrégats de plusieurssubstances,etnon point que les corps simples ne sont pas substantiellement composés de matièreetde forme. Quanta cette dernière question elle échappe par sa nature aux investigations de la chimie ; cette science n'a pas à s'en occuper parce qu'elle n'est pas de son domaine ; encore moins peut-elle la résoudre négativement.

Nous avons dit que la difficulté porte sur les composés chimiques. Il faut se garder de confondre le composé chimique avec le simple mélange. La combinaison proprement dite a lieu lorsque deux corps s'unissent de manière à former un troisième corps parfaitement homogène et complètement différent par ses propriétés spécifiques, des deux corps simples qui ont servi à le former. L'oxygène et 1 hydrogène combinés par l'étincelle électrique produisent un nouveau corps^ l'eau, dont les propriétés sont tout autres que celles de ces deux gaz. Si, au contraire, deux ou plusieurs corps s'unissent de manière à conserver leur nature et leurs propriétés spécifiques, il n'y a pas combinaison, mais simple mélange, appelé par les Scolastiques jnixtio ad sensum . Le soufre combiné par la chaleur avec la limaille de fer

produit le sulfure de fer, corps parfaitomont homogène et différent de ceux qui concourent à le former; réduits en poudre et mélangés, ils donnent une poudre qui n'est point homogène et oîi le microscope peut distinguer ces deux corps. Il suffît d'ailleurs de jeter cette poudre dans l'eau pour voir ces deux éléments se séparer, et constater ainsi que l'homogénéité n'est qu'apparente. Il n'en est point ainsi du combiné chimique ; il est absolument homogène dans toutes ses parties et possède des propriétés tout autres que celles des corps simples qui servent à le former. Or, il s'agit ici des corps mixtes ou des composés chimiques, et non des simples mélanges. Relativement aux mélanges, il n'y a pas de controverse entre les Scolastiques et les chimistes modernes. Les Scolastiques les connaissaient très bien, et ils ne les ont jamais confondus avec les corps mixtes, résultat de la combinaison chimique, appelée par eux mixtio vera, pour la distinguer du mélange, mixtio ad sensiim.

En troisième lieu, il est bon de se rappeler qu'il ne s'agit point de la permanence du principe matériel des corps simples dans le corps mixte. Sur ce point, philosophes et chimistes sont parfaitement d'accord. Dans les combinaisons chimiques, les propriétés spécifiques changent, mais la matière demeure la même. Le poids de Teau v. g. est égal au poids de

l'oxygène et de l'hydrogène qui se sont combinés. C'est la loi des poids ou delà conservation de la matière découverte par Lavoisier : Le poids crime combinaison est égal au poids des corps combinés. La matière ou le principe matériel demeure donc dans les composés chimiques, et là-dessus point de difficulté. En est-il de même du principe formel et spécifique? C'est l'objet du litige.

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