‹ La Clef de la philosophie scolastiqueChapitre 80 sur 89 · avril · texte numérisé non relu

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permis à chacun d'interpréter à sa guise les définitions de l'Eglise, il en serait bientôt fait des dogmes de notre sainte foi. L'b]glise a vraiment voulu porter une définition dogmatique ; elle le dit en propres termes, definientes. Ce qu'elle a défini, ce n'est pas l'unité de l'âme humaine, qui n'était pas niée par Pierre D'Olive contre lequel est dirigé le décret du Concile de Vienne, mais le mode d'union de Famé avec le corps. Il est encore évident, et on ne saurait supposer le contraire sans faire injure à la divine Maîtresse de la vérité, que l'Église, en enseignant que l'âme rationnelle est la forme du corps, a donné à ces termes le sens qui leur était communément donné au temps 011 elle a porté ses définitions. Oi% à l'époque des conciles de Vienne et de Latran, il n'y avait pas d'autre terminologie en usage dans les écoles du monde catholique que la terminologie scolastique, et, d'après tous les Docteurs du moyen âge, d'après les théologiens qui ont assisté aux conciles de Vienne et de Latran, et dont les écrits existent encore, ces mots : (( Substantia animœ rationalis seu intellectivœ est forma per se ac vere, essentialiter, vera atque immediata », signifient que l'âme rationnelle est le principe constitutif de l'homme in specie hiimana, et la source première de toutes les opérations qu'il produit, (( a qua corpus et motum et vitam omneni

et sensum accipiat. » Cette interprétation est hors de toute contestation, comme on peut s'en convaincre en lisant la troisième partie du magnifique ouvrage du cardinal Zigliara : « De Mente Concilii Viennensis in definiendo dogmate unionis anima^ cum corpore. »

Il est donc de foi que l'âme humaine est la forme substantielle du corps. De cette définition de l'Eglise, Suarez, comme nous l'avons vu, a conclu que tous les êtres naturels inférieurs à l'homme sont également composés de matière et de forme : « Homo constat forma substantiali lit intrinseca causa ; ergo et res omnes naturales. » Nous avons montré la parfaite légitimité de la conclusion tirée par le grand théologien, qui était en même temps un philosophe de premier ordre. Est-ce à dire que la conclusion de Suarez soit de foi, et que par conséquent le système scolastique soit une doctrine révélée? Non, sans doute; ce serait donner aux définitions de l'Eglise une portée qu'elle ne leur a point donnée elle-même. InteiTogé sur ce point par un professeur de rUniversilé catholique de Lille \ Pie IX a répondu que l'Eglise n'avait pas entendu définir le système scolastique ni condamner les systèmes qui lui sont opposés. Il est très vrai, la théorie de la Matière et de la Forme, en tant qu'elle regarde les composés naturels au-

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