‹ La clef de la science, our les phénomènes de tous les joursChapitre 126 sur 217 · VIOLET, INDIGO. BLEU. VERT, JAUNE, ORANGÉ, ROUGE · texte numérisé non relu

VIOLET, INDIGO. BLEU. VERT, JAUNE, ORANGÉ, ROUGE

Trois de ces rayons ou mîeax trois de ces couleurs ont reçu le nom de couleurs élémentaireê fimdamenfaîes ou cardinales: ce sont le rouge, le jaune, le bleu, qui par leur mélange deux à deux peuvent jusqu'à un certain point reproduire toutes les autres. L'orangé peut être considéré comme un mélange de rouge et de jaune, le vert comme un mélange de jaune et de bleu, Tindigo comme un mélange de vert et de bleu, le violet comme un mélange de rouge et de bleu.

i28l. Pourquoi ces diverses couleurs se séparentelles dans leur passage à travers le prisme ? — Parce que leurs réfrangibilités ou leurs vitesses de propagation dans les deux milieux sont inégales, et que, comme on Ta vu, la déviation produite par la réfraction dépend du rapport des vitesses dans les deux milieux.

1 282 . Pourquoi les cristaux des lustres jettent-ils des feux trèS'diversement colorés? — Parce que chaque morceau de verre ou cristal est taillé de manière à agir comme un prisme; il décompose les faisceaux de lumière, et disperse dans différentes directions les rayons colorés dont ces faisceaux étaient formés.

i283. Qu entend-on par la double réfraction delà lumière? — Le partage en deux rayons distincts, dans l'acte de la réfraction, d'un rayon incident simple.

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Certaines substances, comme le quartz, ou cristal de roche, et surtout le spath d'Islande, dédoublent en le réfractant le rayon lumineux qui les traverse. Si on place un morceau de spath d'Islande sur une ligne noire tracée sur une feuille de papier, et qu'on regarde à travers le spath, on verra deux lignes noires.

1284. Qu entend-on par polarisation de la lumière?

— Un certain état du rayon lumineux qui fait qu'il s'éteint lorsqu'il est réfléchi ou réfracté dans des conditions où le rayon de lumière ordinaire, ou non polarisé, n'est pas éteint. Si on regarde, à travers une plaque de tourmaline taillée suivant la longueur du cristal, la lumière bleue du ciel, on voit cette lumière changer d'intensité quand on fait tourner la plaque sur ellemême, et s'éteindre* presque tout à fait dans deux positions de la plaque : la lumière bleue* du ciel est donc en partie polarisée; la lumière blanche des nuées, au contraire, ne s'éteint pas même partiellement, quelle que soit la position que prenne la plaque de tourmaline dans sa rotation. Un ciel très-bleu, de lumière très-polarisée, est un indice de pluie prochaine.

1285. Qu entend-on par interférence de la lumière?

— Le phénomène de l'extinction plus ou moins complète de deux rayons de lumière, par le fait même de leur concours en un même point. Lorsque deux rayons lumineux, issus d'une même source, se rencontrent sous un angle très-aigu, il arrive ou qu'ils ajoutent leurs lumières, ou, au contraire, qu'ils s'éteignent par leur action mutuelle, de telle sorte qu'alors, réellement, de la lumière superposée à de la lumière produit de l'obscurité. Les bandes alternativement bril-

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lantes et obscures qui résultent de cette rencontre s appellent bandes d'interférence. Lorsque les rayons qui se rencontrent sont des rayons blancs, il peut arriver que les rayons d'une seule couleur, les rayons rouges, par exemple, interfèrent seuls et s'éteignent, tandis que les autres rayons s'ajoutent ; il restera ainsi, après rinterfèrence, du blanc moins le rouge ou du vert ; les interférences donnent donc naissance à une véritable dispersion, à une apparition de couleur semblable à celle produite par la réfraction, et à des spectres lumineux.

Si Ton regarde la flamme d'une bougie à travers un réseau formé d'une série de raies tour à tour opaques et transparentes, suffisamment rapprochées, à travers un verre, par .exemple, sur lequel, avec une pointe de diamant, on a gravé des traits séparés par une distance égale à un centième de millimètre, on apercevra une suite de petits spectres ayant le rouge en dehors et le bleu en dedans. Le même effet se produira, si on remplace le réseau par un de ces boutons métalliques, appelés boutons de BartoUy sur lequel on a tracé en creux, dans une ou plusieurs directions, des séries de stries parallèles et très-rapprochées, et qu'on regarde par réflexion.

Les interférences jouent un très-grand rôle dans la nature ; les couleurs de la nacre, celle des bulles de savon à pellicule très-mince, les couleurs des plumes de plusieurs oiseaux, et celles mômes deTarc-en-ciel, en grande partie du moins, sont des effets d'interférence.

1286. Qu'est-ce que la diffraction? — L'inflexion, le plus souvent avec dispersion ou décomposition, que

subit la lumière en rasant les bords des corps glacés sur son passage. Si on regarde avec soin l'ombre géométrique d'un écran dont un rayon lumineux a rasé les bords, on voit que la lumière a pénétré dans cette ombre jusqu'à une certaine profondeur. De plus, en dehors de l'ombre géométrique, dans la portion qui devrait être complètement éclairée, comme en dedans, dans la portion qui devrait être complètement obscure, tout près des limites de cette ombre, on apercevra des franges alternativement claires et obscures, parallèles à ces limites. La largeur des franges varie avec la couleur delà lumière, et, si le rayon éclairant est un rayon composé, la superposition des franges fait naître des couleurs, comme dans le cas des interférences.

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