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CHAPITRE III

ŒwWé* Tisionr

1 287 . En quoi notre œil DiFTÈRE-^i/ des lentilles des physiciens? — ParVadmirable propriété qu'il possède de s'accommoder aux distances, oti de donner des images nettes d'objets placés à des distances très-différentes, quoique la rétine ou le tableau sur lequel se dessine l'image de^ l'objet reste toujours à la même place.

1288. Comment se fait cette acgomuodatiom de Vœilî — On ne le sait pas encore d'une manière certaine ;

il suffit de dire, en général, que l'œil est armé d'un appareil musculaire qui, sous Taclion de la volonté ou de rinslincl, fait avancer ou reculer le cristallin, resserre ou dilate la pupille, de manière à assurer la netteté de rimage pour les diverses distances de Tobjet.

1289. Qu est-ce qui remplit dans Tceil les mêmes fonctions que la lentille dans un instrument d* optique ? — Le cristallin, qui est une des trois humeurs de l'œil, et est situé précisément derrière la pupille.

Les trois humeurs de l'œil sont :

1» L'humeur aqueuse A, liquide très-pen différent de l'eau, et qui remplit l'espace entre la cornée BBB et l'iris lAL ;

2» Le corps vitré Y» ressemblant & du Terre fondu, et qui remplit la cavité postérieure de l'œil;

5* Le cristallin G, dont l'opacité constitue la maladie connue sous le nom de cataracte.

1290. Sur quelle partie de Vœil se peint ï image des objets que nous voyons? — Sur h rétine RRRR, membrane formée par lexpansion du nerf optique, qui s'étend sur tout le corps vitré, et tapisse le fond de l'œil.

f 29 1 . . Qu est-ce que la pupille de Vœil? — La pupille

est une petite ouverture A, ou trou percé au centre de

iris.

1292. Qu* est-ce qne la cornée de Vœil ? — La partie convexe en avant, formée par une membrane épaisse d'une transparence parfaite.

BBB est la cornée ; RRRR la rétine ; la arlie entre I A L est Tiris où se trouve le point noir appelé pupille ou prunelle.

f 293 . Pourquoi les vieillards ne peuvent-Us plus voir nettement les objets rapprochés? — Parce que Fœîl perd de sa plénitude à mesure qu'on avance en âge; par conséquent, la convexité de la cornée et du cristallin

diminue, el rimagen*est pas parfaite quand elle atteint la rétine.

Si la cornée et le cristallin sont trop plats, Timage parfaite se forme en BG, et non sur la rétine AÂA. Cette Tision se nomme preshytisme du grec izpvSuç^ vieillard). On l'observe quelquefois dans la jeunesse par défftut de conformation.

1294. Pourquoi les vieillards^ pour pouvoir lire^ sont4ls obligés (Î'éloigner beaucoup leur livre? — Pour oblenirqueTimage nette deslettres tombe sur la rétine, et non au delà. Des rayons partis de plus loin divergent moins, et un appareil convergent de puissance moindre, comme celui des vieillards, peut alors les faire converger plutôt, ou sur la rétine.

1295. Quelles lunettes les vieillards doivent-ils porter pour remédier au défaut de l'œil qui se nomme presbytisme? — Deslunettes conv^rjenie^, qui, suppléant au défaut de convergence de leurs yeux, permettent de placer l'objet à la distUnce ordinaire de la vision distincte^ el le font de la grandeur qu'il a réellement.

1296. Pourquoi certaines personnes so7it-elles oWigées de tenir les objets tout près de Vœil pour les voir distinctement? — Parce que la cornée de leurs yeux est si convexe j que les rayons provenant des objets un peu éloignés sont rassemblés ou convergent avant de rencontrer la rétine ; par conséquent, pour eux, les objets éloignés ne donnent que des images confuses.

L'image se forme enBB, avant de rencontrer la rétine AAA.

On appelle ce défaut de la vision myopisme [au grec /£Û£cy eu<//. fermer /û?{i], parce que les myopes rétrécissent leurs yeux pour voir les objets plus nettement. Ce défaut, très-commun chez les jeunes gens, diminue en général avec Tâge.

1 297 . Quelles lunettes les myopes doivent-ils portera — Des lunettes concaves ou divergentes, qui compensent l'excès de convergence de leurs yeux.

1298. Pourquoi un objet devient-il de moins en moins visible à mesure qu'U s éloigne de tœil ? — Parce que son image sur la rétine devient de plus en plus petite et de plus en plus faible ; l'étendue de cette image est proporlionnellè à Tangle que font entre elles les deux lignes menées du centre de Fœil aux points extrêmes de Tobjet, ou aux points les plus éloignés du centre; un objet disparaît lorsque l'angle qu'il soustend n'est plus que d'une minute. Les objets de forme très-allongée font exception, ils disparaissent plus tard, ils sont encore visibles lorsque Tangle qu'ils soustendent n'est plus que de six secondes ou un dixième de minute.

1299. Expliquez pourquoi^ lorsquon regarde une bougie en clignant les yeux^ on voit des traits de lumière s'élancer à de grandes distances, et toujours perpendiculairement aux BORDS des paupières ? — Ce phénomène est dû à ce que le liquide qui lubrifie la cornée forme dans le sillon des paupières une espèce de milieu dispersif et divergent qui étale les rayons perpendiculairement en haut et en bas. La réflexion sur les cils des paupières contribue aussi à la production de ce phénomène.

Ce phénomène est plus marqué lorsque les yeux sont humectés de larmes.

f 300. Comment voyons-nous les objets ? — Hors de nous, quoique leur image soit sur la rétine. Les aveugles nés auxquels on rend la vue à l'âge adulte disent d'abord que les objets leur touchent les yeux;

puis, peu à peu, ils acquièrent le sentiment de la distance.

f 30 1 . Pourquoi voyons-nous les objets dans leur position RÉELLE, quoique leur image sur la rétine soit renversée? — Parce que nous voyons, non pas Vimage surla rétine^ mais les objets hors de nous; par conséquent, quoique Timage sur la rétine soit renversée, nous voyons l'objet comme il est. Nous voyons chaque point sur le prolongement du rayon, qui nous donne la sensation de sa présence; si le rayon a monté, son prolongement descendra; un point élevé de l'image nous fera donc voir un point abaisse dans l'objet, et réciproquement ; le renversement de l'image est ainsi corrigé, et nous voyons tous les points de l'objet à leur véritable place.

1302. Comment peut-on apprécier le relief et les DISTANCES à Vinspection seule des objets î — Ce qui nous fait surtout apprécier le relief, comme aussi les distances, c'est la vision simultanée des deux yeux. Avec nos deux yeux nous sommes comme un géomètre qui, en traçant avec son compas, dont l'une des pointes est placée tour à tour aux extrémités d une base, décrit des cercles qui par leur liiterseclion déterminent les positions des différents points du plan. La base est la ligne qui unit les centres de nos deux yeux ; les branches du compas sont nos deux axes optiques, ou les lignes qui vont des centres des yeux à un même point de lobjet ; ces deux axes ou ces deux lignes font entre elles un certain angle, angle au sommet du triangle dont la base est la distance des deux yeux. Cet angle au sommel est plus grand si le point de l'objet est plus

près ; plus petit si le point de l'objet est plus éloigné ; et c est la perception de cet angle, plus ou moins grand, plus ou moins petit, qui nous fait juger que le point correspondant est plus rapproché ou plus éloigné, qui nous donne en un mot la sensation du relief et de lu distance. Unborgne joue très-malaux boules, parcequ'il apprécie mal les distances ; il est presque impossible d*enfiler une aiguille en ne regardant que d*un œil, la main ne rencontre plus le trou, parce que Toeil ne juge plus exactement de la dislance. Chez les borgnes cependant, comme chez les personnes qui ont deux yeux, l'habitude et Texercice suppléent, jusqu'à un certain point, à l'action combinée des deux yeux, de sorte qu'avec un œil on apprécie, à un certain degré, le relief et les distances. La clarté inégale, les clairs, les clairs-obscurs, les ombres des diverses portions des objets rapprochés ou lointains, comme aussi la présence des objets intermédiaires, contribuent à rendre plus précise l'appréciation du relief et des distances. La vision avec un seul œil s'appelle vision monoculaire; la vision avec les deux yeux, vision binoculaire.

1303. Chacune de ces deux visions a-t-elle ses Dr coNvÉNiEiNTs et ses AVANTAGES? — Oui, s'il s'agit d'apprécier la distance et le relief des objets, la vision binoculaire est absolument nécessaire, ou du moins grandement utile. Mais , s'il s'agit de regarder un tableau, un dessin, une photographie, la vision binoculaire a des inconvénients graves, et la vision monoculaire est beaucoup plus avantageuse. En effet, si roo regarde avec les deux yeux une reproduction plate et bien ûdèle d'un objet ; comme tous les points du plan

sont sensiblement à la même distance des yeux, les angles aux sommets des triangles dont la distance des deux yeux est la base, ou les angles des deux axes optiques sont sensiblement les mêmes pour tous les points de l'objet; nous prononçons donc que tous ces points sont à la môme distance deTœil, nous voulons comme forcément qu'ils le soient, nous détruisons ainsi l'effet de perspective et de relief que le peintre ou le dessinateur avaient cherché à imiter, ou que la nature a reproduit dans toute sa vérité, en imprimant elle-même photographiquement Timage de l'objet ou de la scène de la nature; alors Fillusion disparaît presque totalement. Si, au contraire, on regarde celte même reproduction plate avec un seul œil, il n'y a plus deux axes optiques fixant, par leur rencontre, la position du point dans Tespace; il n'y a plus qu'une ligne indéfinie sur laquelle ce point peut se trouver, plus près ou plus loin; l'effet de perspective naturelle ou artistique peut s'exercer librement, et mettre chaque point à sa véritable place; l'illusion alors peut naître; la reproduction cesse d'être plate, elle donne la sensation d'un objet distant ou en relief. On s'assurera de la vérité de ces principes en regardant tour à tour avec un seul œil ou avec les deux yeux un bon et beau portrait photographique ; avec un seul œil et en regardant à travers la main arrondie en tube, on verra les lèvres et le nez saillir comme par enchantement, les yeux s'enfoncer et briller d'un éclat merveilleux, la cornée apparaître transparente comme dans la nature.

1304. En entrant dans un musée de tableaux on

DEVRAIT donc se COUVRIR un œil ? — Oui, et regarder à travers un tube de carton, ou à travers un tuyau de lorgnette muni d'un verre grossissant faiblement, ou grossissant de une fois et demie à trois fois ; on verrait alors les tableaux incomparablement plus en relief, et Ton jugerait beaucoup mieux du mérite relatif des artistes.

1305. Qii est-ce que le stéréoscope? — Un instrument charmant inventé par M. Wheatstone, et qui nous donne la sensation du relief des objets par la vision simultanée de deux représentations plates de ces objets. On dessine Tobjet tour à tour tel qu'il est vu de l'œil droit ou de l'œil gauche; ou mieux, car ce serait impossible, on prend à la chambre obscure, installée tour à tour à droite et à gauche, deux images photographiques de l'objet ou du paysage. On place ces deux images à côté l'une de l'autre, et on les regarde à travers deux prismes, de telle sorte que, le prisme de droite reportant à gauche l'image de droite, et le prisme de gauche reportant à droite l'image de gauche, l'ensemble des deux prismes fasse coïncider les images ou les superpose : on a alors la sensation du relief et des dislances, comme si on regardait l'objet ou le paysage avec les deux yeux.

1306. Comment peut-on comprendre qUe le stéréoscope donne la sensation du relief des objets? — Si, sur les deux dessins juxta-posés, on mesure avec un compas les distances des deux images des divers points, on constatera que celte distance Varie d'uh point à l'autre, qu'elle est plus gr&nde pour les objets plus voisins, plus petite pour les objets plus éloignés ; les différences

de distance dans l'espace et le relief sont donc représentées et accusées sur Tensemble des deux dessins. Si maintenant on considère les deux lignes qui, du point de rencontre des deux axes opiiques, lorsque la superposition a eu lieu, vont aux deux images d'un même point, ces deux lignes feront entre elles un angle plus grand, si le point est plus rapproché, un angle plus petit si le point est plus éloigné, et la perception de ces angles plus grands ou plus petits donnera la sensation du relief et des distances, comme, dans la vision avec les deux yeux, cette sensation était donnée par la perception des angles au sommet du triangle dont la distance des deux yeux était la base.

1 307 . Pourquoi jugeons^nous bien mieux les distances dans une ville ou dans la campagne que sur la mer ou dans le ciel? — Parce que dans une ville ou dans la campagne les objets intermédiaires font pour nous Toffice de jalons, tandis qu aucun objet ne s'interpose, en général, quand nous regardons un objet sur là mer on dans le ciel.

1308. Pourquoi la voute céleste nous paraît-elle SURBAISSÉE? — Parce qu'à l'horizon la présence des objets intermédiaires nous la fait juger plus distante, tandis que, au zénith, l'absence d'objets intermédiaires nous la fait juger plus proche ; elle paraîtraf donc moins haute que large, ou surbaissée.

1309. Pourquoi un charbon rouge agité rapidement produit-il à nos yeux V apparence d*un ruban de feu ou d*un CERCLE lumineux entier? — Parce qne la sensation de la lumière persiste un certain temps après que la

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cause en a cessé. Nous voyons ainsi le charbon à la fois dans ses diverses positions successives, il semble aller pour nous de Tune à Tautre d'un mouvement continu, e\ non par sauts. Quand le charbon nous fait voir un cercle lumineux entier, c'est que son mouvement est si rapide, que la durée de la sensation d'un point quelconque est égale au temps de sa révolution.

La durée des impressions sur la rétine est d'un tiers de seconde, terme moyen.

1310. Lorsqu'on fait tourner vite un cercle divise en secteurs alternativement noirs et blancs, pourquoi ne voit-on plus qu^ime teinte grise uniforme? — Parce que les impressions dues aux secteurs blancs n'ont pas le temps de devenir complètes, quand la sensation du noir commence, et vice versa; on voit donc à la fois du noir et du blanc, c'est-à-dire du gris.

1311. Si un CARTON porte des figures, dont une wiojtiésoit à la partie supérieure et /'autre moitié à la partie INFÉRIEURE , pourquoi verra-t-on les deux moitiés ensemble, lorsqu'on fera tourner, rapidement le carton entre lés doigts, à Vaide d'un axe dressé sur son bord? — Parce que la sensation d'une moitié dure encore au moment où celle de Vautre commence, les deux moitiés ainsi se juxta-posent comme si elles n'étaient pas séparées.

* Le thaumalrope, appareil inventé par le docteur Paris, est fondé sur la persistance ou la durée de la sensation lumineuse. Thaumatr&pey du grec 0au/*a, merveille; rpiitetv, tourner. Le pbénakisticope, inventé par M. Plateau, est un instrument du même genre. On fixe sur le contour d'un carton des images, en nombre suffisant, des diverses phases d'un mouvement, par exemple d'un cbeviil qui va sauter à travers un cerceau; en faisant tourner rapidement le carton, et regardant les images qu'il porte sur son bord à travers une fente, on voit le mouvement s'exécuter d'une manière continue.

VISION. 54 i

1312. Pourquoi ne peut-on pas gobipter les barreaux d'une grille, /^s pieux d'une haie, etc., devant lesquels on passe rapidement en voiture? — Parce que Timage d'un barreau ou d'un pieu dure encore sur l'œil au moment où celle du suivant commence. Si l'on connaît la distance du grillage à Toeil, et la distance des barreaux entre eux, on peut calculer à priori la vitesse que doit avoir la voiture ou le wagon pour que Ton ne distingue plus les barreaux. Lorsque Ton fait tourner assez rapidement devant Tœil une roue avec des jantes ou des rayons, on ne voit plus les jantes ou les rayons si la roue tourne assez vite ; on aura seulement la sensation d'un rideau transparent à travers lequel on distingue les objets.

1313. Pourquoi une lumière soudaine fait-elle mal aux YEUX? — Parce que le nerf de Tœil est frappé par trop de rayons avant que la pupille ait eu le temps de se contracter, et qu'il est ainsi péniblement impressionné.

1314. Pourquoi une bougie allumée apportée subitetentent dans notre chambre à couçhei^ pendant la min nous fait-elle mal aux yeux ? — La pupille se dilate beaucoup dans les ténèbres ; si donc on dresse subitement une bougie devant nos yeux les pupilles dilatées reçoi- ' vent trop de lumière, et nous sommes douloureusement affectés.

1315. Pourquoi pouvons-nous supporter la lumière

de la bougie après quelques instants? — Parce que les

pupilles se contractent presque instantanément, et

s'accommodent à la quantité de lumière qui tombe

sur l'œil.

542 OPTIQCE.

1316. Pourquoi une forte lumière fait-elle contil\c- TER la pupille des yeux? — La pupille de l'œil est une petite ouverture dans le milieu d'une membrane mobile, qui se nomme Yiris; quand trop de lumière tombe au fond de Toeil sur la rétine, elle Yirrite^ et cette irritation se communique à l'iris, qui se conti'acte alors.

(317. Pourquoi ne peut-on pas voir dans la rue quand les bougies sont allumées dans V appartement où Von se trouve ? — Parce que la pupille, contractée sous rinfluence de la lumière, est trop petite pour réunir assez de rayons diffus provenant des objets qui se trouvent dans la rue ; ces objets, par là même, restent presque invisibles; au contraire, on voit très-bien de la rue dans Tappartement.

1318. Pourquoi ne pouvons-nous rien voir quand nom quittons un salon bien éclairé pendant la nuit? — Parce que la pupille, qui s'est contractée dans le salon éclairé, ne se dilate pas sur-le-champ, et qu'ainsi elle est trop petite pour réunir dans Tobscurité assez de rayons pour nous permettre de voir les objets qui nous entourent.

1319. Pourquoi voyons-nous mieux peu dHnstants après? — Parce que la pupille se dilate peu à peu, et permet alors à un plus grand nombre de rayons épars de passer à travers son ouverture.

1320. Si nous regardons le soleil brillant ou un feu intense pendant quelques instants, pourquoi tous les objets nous paraissent-ils sombres et foncés? — Parce que la prunelle de Tœil se contracte tant à la lumière brillante du soleil, qu'elle ne laisse plus passer assez de

rayons pour nous permettre de distinguer la couleur des objets moins éclairés.

f 32 1 . Pourquoi les tigres ^ les chats, les hiboux^ etc. , peuvent-ils voir dans les ténèbres? — Parce que leurs yeux ont reçu une organisation spéciale en rapport avec leur destination. Tous les animaux nocliluques ont la faculté d'élargir assez la pupille de leurs yeux pour qu'elle puisse rassembler en grande abondance les rayons épars de lumière. Ainsi une vive lumière les fatigue, les éblouit et leur fait cligner sans cesse les yeux; ils dorment une grande partie du jour, et cherchent leur proie pendant la nuit, qui n'a pas pour eux de ténèbres ; ils distinguent nettement des objets que nous n apercevons pas.

1322. A quoi servent deux yeux^ puisqu'ils ne nou^ montrent quun seul objety et que nous voyons très-bien avec un seul œil? — 1° A augmenter le champ de la vision : nous voyons plus des objets donnés avec les deux yeux qu'avec un seul œil ; 2** à augmenter la clarté des objets ou à rendre la vision plus nette, plus distincte : en regardant tour à tour un papier blanc d'abord avec un seul œil, puis avec les deux yeux, on constate que dans le second cas la vision est beaucoup plus claire ou lumineuse; 5° et surtout à nous donner la sensation du relief et des dislances, sensation que nous n'aurions qu'imparfaitement avec un seul œil ; 4* enfin à diminuer les chances de cécité : si nous perdons un œil, l'autre au moins nous reste.

1323. Pourquoi avec deux yeux ne voyons-nous qu'un SEUL objet? — Parce que, suivant les uns, les

points homologues ou les points symétriquement placés sur les deux rétines correspondent à un même lîlelnerveux cérébral, bifurqué à rentre-croisement des nerfs optiques; 2® parce que, suivant les autres, l'habitude que nous acquérons de rapporter à un même objet les impressions simultanées produites sur les deux rétines détermine l'unité de sensation ; 5** et, fondamentalement, parce que nous n'avons à chaque instant la vision distincte que d'un seul point de l'objet du point sur lequel nous dirigeons actuellement nos deux axes optiques, et à la distance duquel notre œil s'accommode : dirigés ensemble sur un même point, les deux axes optiques ne peuvent nous donner que la sensation de ce même point, et non pas de deux points; la vision est donc simple, et non pas double. C'est parce que les axes de nos deux yeux, doués d'une mobilité excessive, passent dans un temps infiniment court, et sans que nous en ayons la conscience, d'un point à l'autre de l'objet, que nous croyons voir à la fois nettement tout l'objet. « Si nous croyons voir un objet tout entier, disait Euclide, cité par François Arago, cela provient de la rapidité extrême avec laquelle notre vue en parcourt d'un mouvement continu les diverses parties sans en oublier aucunes. » Quelques louches voient double, parce que leurs axes optiques ne peuvent pas converger à la fois sur un même point de l'objet ; il suffit, par le déplacement du globe de l'un de nos yeux, d'empêcher que les axes optiques convergent sur un même point des objets, pour que Ton voie les objets doubles.

1324. Pourquoi une avenue d'arbres ou une rue

longue et droite paraît-elle se rétrécir de plm en phis dans le lointain^ jusquà ce que les deux côtés [semblent

se rencontrer? — Parce que Tangle que forment les deux lignes menées de l'œil à deux arbres ou à deux points situés en face l'un de l'autre, angle par lequel nous apprécions ou nous mesurons la distance de ces arbres ou de ces points, \a sans cesse en diminuant à mesure que nous considérons deux arbres ou deux points de plus en plus éloignés ; la distance des deux arbres ou des deux points paraît donc aller sans cesse en diminuant, c est-à-dire qu'ils semblent se rapprocher de plus en plus.

La distance entre les deux arbres A et B parait aa spectateur .G être égale i la ligne AB, tandis" que la distance entre les arbres G et D ne parait qu'égale à la ligne EF.

1325. Pourquoi les bâtiments d'une rue droite ^ ou les arbres plantés le long d^une avenue semblent-ils diminuer de hauteur à mesure quils s éloignent? — Parce que l'angle soustendu par Tarbre, ou l'angle des deux lignes menées du centre de l'œil au pied et au sommet de l'arbre ou de la maison, diminue de plus

en plus à mesure que l'arbre ou la maison sont p\m

éloignés.

L'irbrc AB pinlt id speeUtear G jgal i It ligne AB, tandis qae l'ir bre CD n'eioèdo paa U petite ligne EF.

1 326. Pourqtwi un homme vu du sommet d'uneuomA- QUE ou d'un docker élevé ne parait-il pas plus gros qu'un CûRBEKVvu de près? — Parce que l'angle soustendupar l'homme vu dune très-grande hauteur ou d'une trèsgrande distance n'est pas plus grand que l'angle soustendu par un corbeau vu de près. C'est sur ce principe qu'est fondée la construction des instruments ou lunettes appelés télémètres, à l'aide desquels on déduit la distance inconnue des objets de leur grandeur connue, ou la grandeur inconnue de la dislance connue. Soit AB, un bamnieélDLKnéel CD, un corbeau tout près du specUlenrG.

r que ta hmiteur CD, qui e

1327. Pourquoi la lune paraît-elle beaucoup plus GRANDE que les étoiles^ tandis qu'en réalité elle est beaucoup plus petite? — Parce que, en raison de sa grande proximité, l'angle souslendu par la lune est trèsgrand naturellement, tandis que pour les étoiles, situées à une distance incommensurable, Tangle soustendu est infiniment petit, ce qui fait qu'elles apparaissent comme des points. Le soleil et la lune paraissent à peu près de même grandeur, quoique le soleil soit incomparablement plus gros, parce que le soleil est en même temps beaucoup plus éloigné.

Soit ÂB une étoile, et CD la lune : quoique ÂB soit beaucoup plus ^^randyil ne paraît néanmoins que la hauteur de la petite ligne ËF, tandis que la lune paraît aussi grande que la ligne CD.

1328. Pourquoi un microscope grossit-il à la vue les objets î — Parce qu*il rapproche les objets d'autant plus qu'il est plus puissant; qu'en rapprochant les objets il fait que Tangle qu'ils soustendent est plus grand, et que, pai* conséquent, ils nous paraissent agrandis ou grossis^ dans le rapport direct du rapprochement ou de la puissance du microscope.

1329. Si l^ùmbi*e dufi objet est projeté sur uhe )nf^ raille^ pourquoi la grandeur de cette ombf*e aùgmentet-elle déplus en plus à mesure qu* on RAPt^ROCHE V objet de la bougie allumée? — Parce que plus le corps opaque

est voisin de la source de lumière, plus langle au sommet du cône formé par les lignes droites qui vont du centre lumineux au contour de Tobjet est grand, plus l'aire de la surface d'intersection de ce cône avec la muraille est large : or, cette aire est précisément lombre de l'objet.

•fr

La flèche Â, dressée près de la bougie, donnera, sur une muraille, la grande ombre CD, tandis que la même flèche , dressée en B , ne ferait que la petite ombre £F.

1330. Quand un navire approche de la côte, pourquoi peut-on voir d* abord les parties les plus petites, comme les flammes on le sommet des mâts^ etc., avant de voir le corps du navire? — Parce que le globe terrestre est sphérique, et que la courbure de la mer cache à la vue le corps du navire, quand les parties les plus élevées sont devenues visibles.

— ^^ Les parties du navire au-dessus de la ligne AB seront visibles au specta* teur A, tandis que la courbure de la mer dérobe à sa vue les parties qui sont au-dessous de cette ligne.

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