PUTRÉFACTION
tion qui constitue la fermentation putride, ou sont à la fois des agents destructeurs des combinaisons préexistantes et des agents excitateurs des combinaisons nouvelles qui la constituent. "%
1 764. Comment peut-on enlever V odeur désagréable d'une viande avancée et la rendre bonne à manger? — 1® En la lavant avec un peu d'acide pyroligneux ou vinaigre de bois; — 2° en la couvrant , pendant deux ou trois heures, de charbon pulvérisé ; 5" ou bien en mettant quelques morceaux de charbon dans Teau dans laquelle on la fait cuire.
1765. Pourquoi les oisEAvx morts se conservent-ils mieux lorsqu^on ne les déplume pas ? — Parce que les plumes empêchent, jusqu'à un certain point, l'accès de l'air et de Yhumidité.
1766. Pourquoi les substances putrides se remplisseîit-elles de vers? — Parce que les éléments des substances en putréfaction favorisent beaucoup le développement des animaux inférieurs, dont les œufs sont répandus partout.
Les vers de la viande proviennent le plus souvent des œufs d'insccles, surtout de la mouche à viande (musca carnaria L.)-
1 767 . Pourquoi les végétaux ,. lorsquHls pourrissent , sofit'ils d'abord brunâtres, et plus tard presque noirs ? — Parce que ï oxygène et Yhydrogène des végétaux se dégagent peu à peu ; et que la proportion du car&on^ prédomine à mesure que la putréfaction fait des progrès.
1 768. Comment V oxygène et Vhydrogène des végétaux pourris disparaissent-ils en partiel — L oxygène
se combineavec une petite quantité de carbone et donne naissance à de V acide carbonique ; Vhydrogène se combine avec l'oxygène de lair et se transforifie en eau,
i 769. Pourquoi V exhalaison d*un tas de fumier provoque-t-eUe un accès de toux? — Parce que la fermention putride du fumier produit beaucoup A'adde carbonique et de carbonate d* ammoniaque^ qui excitent la toux et Vétemuement lorsqu'on les respire.
1770. Pourqux>i un tas de fdmier est-il toujours humide? — Parce que Teau est un des produits de la putréfaction.
1 77 1 . Pourquoi /'âir humide fait-il pourrir le bois ? — Parce que le bois subit au contact de Tair humide une combustion lente pendant laquelle : 1^ V oxygène de Vair enlève peu à peu Vhydrogène au bois pour former de ïeau; — 2° Toxygène du bois s'unit au carbone de cette même substance et se sépare sous forme d*adde carbonique; — 3"^ le résidu est une masse pulvérulente, connue sous le nom de terreau ou d'humus.
1772. Pourquoi le bois neuf et vert pourrit^il plus promptement que le bois secî — Parce que VhunûéUlé favorise presque toutes les réactions chimiques qui constituent la fermentation et la putréfaction.
1773. Si r humidité est un agent de décomposition^ pourquoi met-on des planches et des poutres de bois da»$ Veau pour les conserver î — L'humidité n'est dange^ reuse qu'en présence de l'oxygène, agent principal de la putréfaction ; en laissant les bois plongés dans l'eaU) on les met en grande partie à l'abri de l'oxygène de
PDTRÉFACTION. 459
l'air, et de plus Teati exclut la $éve^ dont la présence serait plus nuisible.
1774. Pourquoi rintroductmi de substances salines dans rintérieur du bois contribue-t-elle à sa conservation? — Parce que ces dissolutions salines absorbent ou déplacent la séve^ et possèdent en outre la propriété d'empêcher que l'oxygène se porte sur les parties ligneuses pour opérer la combustion lente qui ferait naître la putréfaction.
On introduit dans les vaisseaux de la sève, au moyen de l'absorption, du pyrolignile de fer, du sulfate de cuivre, des chlorures terreux, etc.^ lM>Qr la coQflervation des bois ; ces sels préservent les planches, et même les rendent en quelque sorte incombustibles ou du moins ininflammables.
Avec un sel de fer et du tannin, du prussiate de potasse, de l'acétate de plomb, du chromate de potasse, etc., on rend les bois & peu près incorruptibles, et on leur donne de très-belles teintes.
1 775. Quels sont les véritables conservateurs des substances animales et végétales ? — En général, les agents qui défendent ces substances de l'humidité etducontact ou de Faction de l'oxygène, et par conséquent : 1° les agents qui, comme le sel, Talcool, le froid, la dessiccation , etc. , déshydratent la substanceou lui enlèvent une partie de son eau ; 2* les agents qui, comme Fhuile de houille, le sulfure de carbone, Téther, etc., ne contenant pas eux-mêmes d'oxygène, ferment accèsàToxygène ; 3"* les substances qui, comme les hyposulfites de soude et de zinc, jouent, parrapport à Toxygène, le rôle d'absorbant ; 4**les substances qui, commeles selsde fer ou demercure, et en général les sels métalliques, se combinent avec les substan ces animales ou végétales, et empêchent ainsi leur combinaison ultérieure avec l'oxygène ; &" enfin les substances qui, comme lechloroforme,
sont toxiques à haute dose et anesthésiques à dose plus faible ; elles tuent ou rendent insensibles, pendant la vie, mais elles conservent après la mort. M. Edouard Robin a démontré par des expériences très-nombreuses Tefficacité de tous ces agents divers.
1776. Comment expliquez-vous l'efficacité' des procédés de conservation connus sou^s le 7iom de méthode Appert? — l^'En poiHantà la température de TébuUition, ou un peu au delà, la substance à conserver, on coagule son albumine, on la rend moins altérable, on exclut tout Tair mêlé à la substance, et par conséquent Toxygène que Tair renferme et qui est le grand agent de putréfaction ; 2° en enfermant la substance, ainsi privée d'air, dans des vases hermétiquement clos par une bonne soudure, on ferme tout accès à Toxygêne, et la décomposition devient presque impossible.