CHAPITRE III
CHAI^KUn AHIBIAIaE
1810. Quelle est la cause de la chaleor animale? — La chaleur animale résulte : 1 ** de la circulation du sang ; — T de la combustion de l'hydrogène et du car-
bone dans les poumons et dans les vaissestnx capillaires.
1811. Que sont les vaisseaux capillaires? — Les YLiisseaux capillaires sont de très-petits tubes, ou veines, qui se ramifient dans toutes les parties du corps des animaux. On les appelle capillaires à raison de leur très-petit diamètre, qui n'est pas plus grand que celui d'un cheveu.
Capillaris veut dire, en latin, ressemblant à an cheveu.
1812. Comment sAir-on que ces petits vaisseaux se ramifient dans toutes les parties du corps humain ? — Parce que la piqûre d'une aiguille suffit pour/mr^ sortir du sang de toutes les parties du corps ; or, toutes les fois que le sang jaillit, c'est qu'un vaisseau sanguin a dû être percé.
1813. D^oU viennent cet hydrogène et ce carbone des vaisseaux capillaires ou des veines? — Du chyle ou du produit dernier de la digestion, fourni en partie par les vaisseaux chylifères, qui le puisent dans le canal thoracique, et le font passer du canal thoracique dans le système veineux, en partie par les veines des intestins, qui Tout puisé directement dans l'appareil digestif.
1814. Quelle est la cause de la combustion de ces éléments? — L'oxygène de l'air fourni par la respiration et emporté par le sang dans sa circulation.
1815. La chaleur ATuniAVE est-elle identique à la chaleur d'un FEU ordinaire? — Oui, l'une et l'autre résultent de la combustion de l'hydrogène et du carbone par l'oxygène de l'air. Notre corps est une véritable
locomobile à laquelle le combustible est fourni par Palimenlation et la digeslion, le comburant ou Poxygène par la respiration; dans laquelle la chaleur née de la combustion et transformée en force mécanique et électrique produit le mouvement des organes et l'assimilation.
1816. Faites ressortir V excellence et la perfection de la locomobile humaine. — Sans bruit, sans secousse, par une série d'aclions lentes et presque insensibles, elle est alimentée, elle se débarrasse des résidus de la combustion, elle développe une force mécanique considérable, elle entretient dans tout le corps une chaleur relativement très-élevée de 57 degrés. Pour échauffer un cadavre et le maintenir même dans une chambre fermée à la température du corps humain, il faudrait brûler une masse énorme de combustible i tandis que, par la combustion lente, dans les poumons et les vaisseaux capillaires, des éléments fournis par la digestion, le corps entier reste chaud, m ême dans une atmosphère glacée, etc.
1817. Si le corps est le siège d*une véritable combustion^ comment n' est-il pas brûlée — La combustion dans l'organisme des êtres vivants se fait à une température relativement basse ; mais il n'en est pas moins brûlé peu à peu. Chaque organe perd incessamment de sa substance, et à chaque instant il cède des molécules infiniment petites, qui sont converties en gaz ou en cendres, qui s'échappent par Texpiration, la transpiration et les sécrétions diverses* Cette déperdition toutefois n'est pas sensible, parce qu'elle est réparée à
chaque instant par ralimentation etl'assimilationd'éléments nouveaux apportés par le sang. II arrive un terme cependant où les poumons s'engorgent de carbone ou de carbonates terreux, où les artères et les veines perdent leur élasticité ; la respiration et la circulation se font alors difficilement, la combustion se ralentit, Tassimilation se fait mal, la vie s'éteint peu à peu : ce terme s'appelle la mort.
1818. Comment expliquez-vous que le carbone^ qui partout ailleurs exige pour brûler une température trèsélevée, bride au sein des organismes vivants dune température relativement basse deZl degrés? — Parl'exces'sive division des molécules de carbone charriées par le sang.
1819. Pourquoi toutes les parties du corps humain sont-elles chaude?,? — Parce que les vaisseaux capillaires se ramifient par toutes les parties du corps, et que la combustion du carbone et de l'hydrogène a lieu dans chacun de ces petits tubes. La circulation du sang chaud, venu du cœur, jusque dans les plus petits vaisseaux, suffirait à expliquer comment tout le corps est chaud, alors môme qu'on n'admettrait pas, ce qui est démontré aujourd'hui, que la combustion se continue jusque dans les vaisseaux capillaires par l'oxygène que le sang absorbe dans les poumons. Quelques physiologistes veulent que le frottement du sang contre les parois des artères et des veines produise sa part de la chaleur animale :cela peut être, mais, en dernière analyse, la chaleur animale n'a pas d'autre source que la
combustion, par Toxygène de la respiration, des élé-
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ments fournis parralimentation ; et la force mécanique qiii, éteinte par ce frottement, se transformerait en chaleur aurait elle-même sa force et sa raison d'être dans la combustion.
1 820. Pourquoi s' échauffe-t-on en courant ? — Pour courir, il faut développer et dépenser un surcroît de force mécanique ou musculaire, et cette force d^ensée se transforme nécessairement en chaleur.
1821 . JïoU peut venir le surcroît de force moléculaire dépensée dans la course, ou que suppose-t-il? — Une plus grande activité de la respiration et de la circulation. Les personnes chez lesquelles la respiration et la circulation se font mal, parce qu'elles sont atteintes d'affections des voies respiratoires ou du cœur, ont beaucoup de peine même à monter, parce que, pour gravir un escalier ou une pente rapide, il faut une dépense de force et partant une respiration et une circulation plus actives.
{ 822. Pourquoi trampire-t-on en courant ? — Parce que l'excédant de chaleur dégagée dans la course dilate et vaporise naturellement les fluides animaux. C'est en même temps une sorte de réaction, par laquelle l'organisme donfte issue à la chaleur excédante et détermine un refroidissement salutaire.
1823. Comment la transpiration peut-elle refroidir le corps? — La sueur, en s'évaporant, enlève à la peau beaucoup de chaleur.
1824. Pourquoi la température des petits enfants çst'elle toujours plus élevée que celle des personnes
âfjées? — Parce que chez les enfants la respiration et la circulation sont plus actives ; ils respirent pins souvent et leur pouls bat plus vite.
Le nombre des pulsations d'un jeune enfant est souvent de 140 par minute, tandis que chez les personnes plus âgées il n'est que de 70.
1825. Quels sont les animatucà sang chaud? — Ceux chez lesquels la respiration et par conséquent la combustion est très-active; les oiseaux sont dans ce cas. Chez les animaux à sang chaud, la chaleur animale est en outre presque constante, quand ils n'appartiennent pas à la classe des animaux hibernants^ ou qui dorment l'hiver.
1 826. Quels sont les animaux à sang froid ? — Ceux chez lesquels la respiration est très-lente et très-peu intense. Les animaux qui, comme les poissons et les grenouilles, vivent dans l'eau, laquelle ne contient qu'une très-petite quantité d'air et d'oxygène, sont des animaux à sang froid. Il en est de même des reptiles en général, des lézards, etc., etc. Chez les animaux à sang froid la chaleur animale est en outre variable ; elle change avec le milieu et la saison.
1827. Les animaux hibernants, comme les ours y les loirSy les hérissons^ les chaiives^souriSy etc, , sont-ils plus FRoms pendant leur état de torpeur? — Sans doute; parce que leur respiration et la circulation de leur sang cessent presque entièrement.
Pendant Véié, leur température est à peu près la même que celle des animaux à sang chaud ; mais, pendant la saison froide^ ou pendant leur sommeil, elle n'est guère que 12 à 15 degrés au-dessus de la température du milieu ambiant.
1 828. Pour(fUoi un corps mort est-il froid ? — Parcç
que les sources de la chaleur animale, la respiration et la combustion, sont taries.
1829. Pourquoi les gens pauvres recherchent-ils en général les lieux mal aérés et sombres? — Sans aucun doute parce que ces habitations sont moins chères; peut-être aussi qu'ils redoutent instinctivement une trop grande circulation d*air qui augmenterait leuf appétit, et rendrait plus piquant le froid dont ils ne peuvent pas se défendre, parce qu'ils sont mal vêtus. Cette appréhension instinctive, jointe à T affaiblissement moral, expliquent la malpropreté qui accompagne ordinairement la misère.
1830. Pourquoi a-t-on besoin d*être plus couvert pendant la nuit que pendant le jour? — Parce que : 1® la nuit est en général plus froide que le jour; — 2® on respire plus lentement en dormant, la combustion dans les poumons et les vaisseaux capillaires est languissante^ et le corps tend à se refroidir. 11 arrive très-souvent, si Ton s'endortpendant le jour, sansavoir soin de se couvrir la tête, que Ton se réveille avec un rhume de cerveau, dû, sans aucun doute, au refroidissement.