EN ZIGZAG, ETC
change naturellement en un amas de lumière diffuse.
64. Quelle AUTRE forme les éclairs pi^ennent-ils quelquefois? — La décharge électrique et par suite Téclaii' prend quelquefois une forme arrondie, qu'on désigne à torl du nom de tonnerre en boule, et qu'il faudrait appeler foudre en boule. Sous cette forme la foudre n'est plus animée d'une très-grande vitesse ; elle chemine, au contraire, lentement, et l'œil peut la suivre pendant plusieurs secondes. Voici comment on peut concevoir la formation de la foudre en boule. Si une décharge électrique intense, qui a suivi d'abord un corps bon conducteur se trouve arrêtée tout à coup, par exemple parce que le conducteur se replie à angle droit ou aigu, elle se condense ; les atomes dont elle est formée et qui, comme tous les atomes de matière, s'attirent en raison inverse du carré de la distance, devenus alors très-rapprochés et pressés l'un contre Vautre, peuvent céder à leurs attractions mutuelles, et prendre momentanément la forme sphérique, qui est la forme naturelle d'équilibre ; en même temps que leur vitesse de translation se ralentit. Mais, en raison de la faible masse de ces atomes, cet équilibre sera très-instable ; associés un instant, les éléments de la foudre en boule sont prêts à se séparer en éclatant ; et c'est ce qui arrive en effet dans la nature. M. le docteur Nqath, qui avait à sa disposition l'effrayante décharge de l'énorme machine du panoplicon de Londres, là forçait à se former en boule en la faisant jaillir par une sphère de trop petit diamètre ; on Ta vue descendre lentement dans un tube de six mètres de longueur, ou l'on avait fait Yin vide partiel.
65. Pourquoi la foudre produit-elle de la lumière et du bmit en traversant Vair ? — L'air n'est pas un bon conducteur; la décharge électrique le traverse donc avec une certaine résistance ; et l'on comprend très-bien que Tefforl produit pour vaincre cette résistance puisse mettre en mouvement soit Féther ou fluide lumineux contenu dans Tair, de manière à faire jaillir la lumière ou réclair, soit les molécules d'air elles-mêmes, en faisant naître un bruit ou le tonnerre.
66. La foudre ne produit-elle ni lumière ni bruit lorsqu'elle traverse un bon conducteur ? — Non, le fluide électrique passe par un bon conducteur sans bruit et sans être vu.
67. Pourquoi l* éclair est-il en général suivi d'une AVERSE? — Parce qu'il est de la nature d'une décharge électrique, ainsi que Ta démontré M. l'abbé Laborde. de condenser les vapeurs au sein desquelles elle arrive, et de produire en même temps un refroidissement sensible. Les livres saints disent en plusieurs endroits que Dieu a transformé la foudre en pluie, ou qu'il a produit de la pluie avec la foudre : fecit fulgura in pluviam. Le vieux proverbe dit aussi : Après gros tonnerre^ force eau sur la terre.
Pourquoi l'éclair est-il en général suivi rf'wn COUP DE VENT? — Par cela même que la décharge électrique produit un refroidissement et condense les vapeurs, elle peut faire naître un vent d'aspiration : en tant que puissance mécanique, elle est apte aussi a faire naître le vent par impulsion.
Quels sont les éclairs connus sous le nom rf'É-
GROGS EN RETOUR. Si
CLUBS DE CHALEUR ? — Dcs éciairs sans tonnerre^ qu'on observe souvent à T horizon, dans les beaux soirs d'été.
Pourquoi ne pas donner à ces éclairs le nom populaire à^épars qu'ils reçoÎTent dans diverses contrées ; cette dénomination les caractériserait très-bien? Les Anglais les appellent éclairs d'été, ou éclairs en nappe, sommer lightning; flash Ughtning.
70. Pourquoi ne tonne-UU pas lorsquil fait des éclairs de chaleur ? — Parce qu'ils ne sont que le reflet des éclairs d'orages st^wes très-loin au-dessous de notre horizon^ et que le bruit du tonnerre est perdu avant d'arriver jusqu'à nos oreilles. Il ne nous semble pas impossible cependant qu'au sein de nuages très-dilatés, ou lorsqu'elle a lieu entre deux nuages très-rapprochés, une décharge électrique de faible tension puisse rester silencieuse, et qu'il y ait par conséquent de véritables éclairs sans tonnerre. Il peut arriver de même, s'il n'y a pas d'écoulement vers la périphérie ou de décharge, que les attractions et les répulsions électriques exercées au sein du nuage ne donnent lieu qu'à des effets sonores, et qu'il y ait par conséquent des tonnerres sans éclairs.
71. Qu*appelle-t-on choc en retour ? — Une décharge électrique, consécutive ou indirecte, laquelle a lieu lorsque l'électricité, excitée par influence ou par la présence à distance d'électricité contraire, devient tout à coup libre par la soustraction subite de l'électricité contraire qui l'avait fait naître et la maintenait comme enchaînée ou suspendue.
72. La foudre passe-t-elle aussi de la terre aux nuages. — Oui, et la foudre est dite alors ascendante.
73. LaqvsUe des deux électricités s*échappe des nuages? — L'électricité positive; quand la décharge va du nuage à la terre, le nuage était électrisé positivement et la terre négativement.
74. Quelle électricité s^ élance de la terre ? — L'électricité positive; si la décharge va de la terre au nuage, la terre était électrisée positivement et le nuage négativement.
75. Dans quelles saisons de Vannée les orages sontils le plu^ FRÉQïJENTs? — lls sout Ic plus fréquonts en étéy puis en automne, et ils le sont le moins au printemps et en hiver.
Si nous désignons par cent le nombre total des orages dans Tannée, nous aurons la distribution suivante pour l(îs contrées de l'Europe occidentale : été, 35; automne, 21 ; printemps, 17 ; hiver, 9.
Les orages sont très-communs dans le nord de l'Italie; mais, dans le nord de l'Europe, ils sont trèsrares.
76. Pourquoi les orages soîit-ils plus communs en ÉTÉ et en automne que pendant le printemps ou Ihiver? — Parce que c'est surtout en été et en automne, do juin en septembre, que les sources de l'électricité atmosphérique sont en pleine activité, et que l'atmosphère est dans des conditions qui se prêtent mieux i\ l'accumulation de Télectricilé. Lorsqu'un orage éclato à la fin de mai ou au commencement de juin, alors que la végétation, une des sources les plus fécondes de Télectricité atmosphérique, est très-active, l'équilibre rompu est très-lent à se rétablir ; les orages se succè-
dent ordinairement pendant huit ou neuf jours, quelquefois pendant un mois et plus ; ce qui a donné naissance au dicton relatif à la Saint-Médard, 8 juin.
77 . Pourquoi un orage suit-il généralement un temps SEC? — Parce que la siccité de lair est une des conditions essentielles de Taccumulation de Téldctricité au sein des nuages. L'air sec ne soutire pas cette électricité à mesure qu'elle se produit, il contribue même à l'engendrer par le frottement de ses particules ; la charge électrique des nuages peut alors atteindre les proportions nécessaires à la production de la foudre.
78. Pourquoi V orage survient-il très-^Ahmem après un temps pluvieux? — Parce que Vair humide et la pluie conduisent r électricité el ne la font pas naître. Les nuages sont alors déchargés lentement et sans bruit a mesure que l'électricité tend à s'y accumuler.
%• EfVeto physique» de la fendre*
79. La foudre pénètre-t-elle dans /'arbue qu^elle frappe j ou en suit-elle seulement la surface extérieure f — Quelquefois la foudre pénètre au sein même de l'arbre et le divise en éclats ou lattes ; mais, le plus ordinairement, elle passe entre le bois et Vécorce où se trouve l'aubier, là où la sève est le plus abondante,
80. Pourquoi la foudre passe-t-elle ordinairement entre le bois et /'égorge d'un arbre? — Parce qu'elle choisit toujours le meilleur conducteur^ qui, dans Tarbre est l'aubier.