ABRIS
117. Pourquoi serait-on en sûreté à 6 oti 8 mètres d^un grand arbre pendant un orage ? — D'une part, parce que la foudre choisit, en général, le grand arbre pour conducteur ; de Tautre, parce qu*à 8 mètres on n'est pas assez près de V arbre pour que le fluide électrique ait tendance à l'abandonner pour venir vous foudroyer.
1 18. Lequel vaut mieux d'être mouillé ou d'être sei: pendant un orage ? — Il vaut mieux être mouillé. Si Ton se trouve en plein champ, ce qu'on a de mieux à faire, c'est de se tenir isolé, à environ 6 ou 8 mètres de quelque grand arbre^ et d'y recevoir la pluie, diM-on être tout trempé.
119. Pourquoi vaut-il mieux être mouillk que sec pendant Forage? — Parce que les vêtements mouillés sont meilleurs conducteurs, et qu'il y aurait plus de chances que la foudre s'écoulât à leur surface, pour atteindre le réservoir commun, sans pénétrer dans le corps.
Les Tétements en eux-mêmes sont mauvais conducteurs ; mais Teau, la vapeur et les liquides conduisent mieux le fluide électrique.
Franklin a trouyé qu'il ne pouvait pas tuer un rat mouillé, bien qu'il pût tuer un rat gec au moyen d'électricité artificielle accumulée.
1 20. Sexpose-t-on à être foudroyé quand^ pendant Vorage^ on reste dans un courant d'air, ou que Fon COURT? — Tout ce qui amoindrit la densité de l'air diminue sa résistance et tend plus ou moins à y attirer la foudre; or, dans un courant d'air, l'air est moins dense, et l'homme qui court laisse derrière lui un espace où l'air est raréfié ; il n'est donc pas impossible
que ces deux circonstances produisent quelque efTet fatal.
121 . Quels sont les plus exposés à être frappés de la foudre des habitants des grandes villes ou des habitants des campagnes? — La chance est à peu près la même des deux côtés. Dans les campagnes, il y a beaucoup d'arbres; dans les villes, il ya beaucoup de clochers et de cheminées très-élevées. Cependant, à surface égale, Tespace occupé par une ville est plus exposé à être frappé de la foudre. Il est rare qu'un orage éclate sur une grande ville, sur Paris, par exemple, sans que la foudre tombe sur un ou plusieurs points. Arago cependant dit « que les considérations théoriques ten- (Iraient à confirmer l'opinion commune suivant laquelle on est plus exposé dans les villages et en rase campagne que dans les villes. »
122. Les dangers que fait courir la foudre sont-ils assez gj^ands pour qu'on doive s'en préoccuper ? — Le nombre des victimes de la foudre est assez restreint pour qu'on puisse regarder comme faible la chance de périr par le tonnerre. Cependant il y a assez d'exemples de mort dues à cette cause pour qu'on ne doive pas négliger de se mettre à Tabri de pareils accidents par les moyens que la science indique.
Si l'on demande quelle est dans nos climats la quantité de victimes que la foudre fait annuellement, nous dirons qu'une statistique, publiéeen 1852, fait monter a soixante-neuf le nombre des personnes tuées annuellement par la foudre. Cet te estimation est certainement trop faible.