Pourquoi la glace, dans les plus grands froids
nm^vE-t-elle toujours? — Parce qu'elle se vaporise, même avantlde fondre.
546. Tous les corps se voLATiusENT-t/s ? — Oui, prèsque tous les métaux se volatilisent lorsqu'on les chauffe.
Le mercure se volatilise à la température ordinaire. Le plomb, le zinc, l'argent, Tor, etc., se volatilisent à la chaleur blanche. Les corps se volatilisent infiniment peu à des températures basses, entièrement si la température est suffisamment élevée. En employant la cbaleur produite par une énorme pile de Bunsen de 600 éléments, M. Desprctz a pu vola» tilfser tous les corps, le charbon lui-même et le diamant.
547. A-t-on tiré quelque parti de la propriété qxiont les corps de se^ volatiliser? — Oui, pour les purifier à l'aide de l'opération qui a reçu le nom de distillation. C'est ainsi qu'on obtient du zinc, du mercure ou de l'eau parfaitement pure. S'il s agit du zinc ou d'un amalgame de mercure, on les place dans une cornue de grès ou de fonte qu'on chauffe au rouge blanc ; le métal se vaporise; les vapeurs sont condensées dans le col de la cornue entouré de linges mouillés ou autre appareil réfrigérant, et le métal coule goutte à goutte. S'il s'agit de l'eau , on la verse dans un alambic; par l'application de la chaleur, l'eau pure se réduit en vapeurs; on condense ces vapeurs dans un réfrigérant ou en la faisant circuler dans un serpentin entouré d'eau froide, et l'on obtient l'eau purifiée ou distillée; les impuretés restent dans l'alambic.
548. Pourquoi Veau projetée en gouttes très-fines sur du fer ou autre métal suffisam.ment chaud s*arronditelle en globules? — Parce que la goutte d'eau ne mouille pas les corps dont la température est suffisamment élevée, de 142 degrés environ ; cédante leurs al-
tractions mutuelles, les molécules de la goutte prennent leur figure naturelle d'équilibre ou s'arrondissent en sphérules ; on dit alors que Teau est à Vétat sphér&idal.
549. Pourquoi Veau ne }àQ\i\ux.-t-elle pas le fer ou le métal suffisamment échauffé? — Parce qu'il s'échappe du métal chaud un effluve de chaleur qui soulève la goutte d'eau, en la supposant assez petite, et la maintient à distance.
550. Pourquoi l eau à /'état sphéroïdâl est-elle agi- TÉK de MOUVEMENTS plus OU moius rapides^ ou wovLE-teUe sur le fer échauffé? — Parce qu'elle est entraînée par la vapeur qui se dégage à sa surface, et qui, comme tous les gaz chauds, est extrêmement mobile.
551 . Pourquoi Veau à Vétat sphérpidal se vaporiset-elle si lentement^ beaucoup plus lentement que si le métal était moins chaud et que la goutte le mouillât? — Parce que sa température est au-dessous de son point d'ébuUition, de 9(5 degrés environ au lieu de 1 00 degrés.
552. Pourquoi la température de Veau à Vétat sphéroïdâl est-elle inféhieure à la température de son point d'ébuUition? — Parce que : 1° l'eau est un mauvais conducteur du calorique; 2° que la goutte sphérique, tenue à dislance de la surface chaude, ne donne point passage au calorique à travers sa substance ; 3*^ la goutte se vaporise néanmoins, quoique très-lentement, à sa surface extérieure, et la vapeur, en se dégageant à 100 degrés, abaisse un peu au-dessous de 100 degrés la température de la goutte d'eau.
C'est un fait général de théorie et d'expérience que
la température des liquides à Tétat sphéroïdal est audessous de leur point d'ébuUition. Si le liquide est de l'acide sulfureux, la température de la goutte sera audessous de — 10 degrés ; donc de leau introduite au sein de la goutte se congèlera subitement. Si le liquide est un mélange d'acide carbonique solide et d'éther, la température de la goutte sera au-dessous de — 50 degrés ; donc, si Ton introduit du mercure au sein de la goutte, il se congèlera. C est ainsi que MM. Boutigny et Faraday ont pu faire congeler de l'eau et du mercure au sein d'un creuset incandescent. L'expérience réussit môme d'autant mieux que la température du creuset est plus élevée, puisque c'est alors seulement que des masses de liquide un peu considérables peuvent exister à l'état sphéroïdal. Quand la température est basse, cet état n'est possible que pour de très-petites f][outtes.
553. Pourquoi, lorsque la surface mr laquelle le liquide esta r état sphéroïdal vient à se refroidir ^ ce liquide^ à un instant donnée se réduit-il siû)itement en vapeur? — Parce que, dès que la température de la plaque est descendue au-dessous de 142 degrés, l'eau arrive en contactavec elle, la mouille, etse trouve dansles conditions ordinaires de sa vaporisalion. C'est ainsi que peuvent et doivent s'expliquer certaines explosions de générateurs à vapeur. Lorsque, pendant un intervalle de repos, par exemple, on a cessé d'alimenter suffisamment l'eau le générateur, ou lorsque la vapeur n'a pas une issue suffisante, le fond et les parois du générateur se surchauffent considérablement, l'eau qu'il renferme passe h Vêlai sphéroïdal ; si alors en recommence l'a-
limentation ou si Ton donne issue à la vapeur surchauffée, la température du fond et des parois diminue ; l'eau cesse d'exister à Tétai sphéroïdal ; elle mouille les parois et se réduit subitement en \apeur; il en résulte une pression énorme et soudaine qui fait éclater le générateur.
554. Pourquoi une blai^jchisseuse jette-t-elle un peu de salive sur son fer à repasser pour savoir s'il est assez CHAUD? — Ce fait s'explique sans peine parce qui vient d'être dit ; si la salive mouille le fer, c'est que sa température est au-dessous de 142 degrés; si, au contraire, elle ne le mouille pas et s'arrondit en globules, la température du fer dépasse 142 degrés. Le fer devant réduire rapidement en vapeur l'eau du linge qu'on repasse, sa température doit dépasser notablement 100 degrés.
§ ftf — Fusion et liqqéfaetioB*
555. Qu entend-on par fusion ou liquéfaction ? — Le changement d'état d'un corps qui, de solide^ devient fluide ou liquide par la seule action de la chaleur.
On dit en général la fusion des métaux et la liqcéfactiok de la glace, de la cire, delà réï^ine, du suif, etc.
556. Lorsquon chauffe un morceau de plomb, pourquoi le voit'On s'amollir par degrés^ puis enfin se liqlx- FiEn? — Parce que la chaleur écarte de plus en plusses molécules, jusqu'au point de les désunir en détruisant leur cohésion j le plomb alors devient liquide.