LES RESPONSABILITÉS
Car enfin Mgr. Conroy, était-il, oui ou non, le représentant du Pape? N’avait-il pas ici, dans l'ordre religicux, la plus haute autorité qu'un homme puisse avoir? Il était, par sa dignité, au-dessus de tous les évêques de l'Amérique Anglaise ; et j'ai même entendu dire de personnes en mesure d’être bien renseignées à cet égard, qu’il était venu au Canada avec pleins pouvoirs de régler comme il l'entendrait toutes les questions en litige, et, de fait, son action a été pi "épondérante, et il a calmé d'un mot la tempête qui s'était élevée. Dès lors on peut dire que la nomination du Père Arnauld ou de M. Racine à lévêché de Chicoutimi dépendait de lui, et de lui seul.
Sans doute que, dans les conditions où il était placé, entouré d’hommes incrédules, auprès desquels il était naturel qu'il se renseignât ; ayant d’ailleurs trop d’occupations pour croire qu’il eût à se mêler d’une affaire qui, au premier abord, pouvait ne pas lui paraître sérieuse, il est facilement explicable qu’il ait été influencé et on comprend aisémeut qu’il ne m'ait pas écouté ; et les faits sur lesquels je me suis appuyé pour annoncer sa mort, sont précisément de
nature à lexcuser jusqu’à un certain point; mais, sans chercher à savoir quelle est au juste sa responsabilité devant Dieu, du moment que, pour une ‘aison ou pour une autre, il najoulait pas foi à mes paroles, il était un obstacle à une œuvre utile et dès lors il devait disparaître. Car en choses importantes, il ne faut pas se tromper ni se laisser tromper ; il ne faut pas surtout qu'un délégué apostolique serve auprès du Pape d'instrument à l'intrigue et que, par son incrédulité, il empêche la vérité d'être connue. Lui mort, la question n’est pas réglée.