I.A. CI.EF DU CORAN
Dziri. Ces chants nous dérangent; dis à ces folles de se taire.
Secrétaire. Holà! holà! fdles de chien, taisezvous.
Le chœur, sans écouter, continue : Iou , ion, iou, etc.
Sf.crétairf.. Holà! holà! Par la tète du prophète! taisez- vous donc. Pourquoi tant de vacarme, Fatouma ?
Fatouma. Ce n'est rien, iaSidi.
Secrétaire. Mais encore?
Fatouma. la Sidi, j’ai honte.
Dziri. Fais entrer cette femme, ù secrétaire!
Secrétaire. Fatouma, par ordre île tou maître, parais devant lui.
Dziri, eu s’adressant à la servante : C’est une chose insolite que ceci.
Fatouma. Ce sont les voisines, ia Sidi.
Dziri. C’est toi, la première. D’où vient ce désordre ?
Fatouma. Ma pudeur de femme et mon respect pour mon maître m’empêchent de le dire.
Dziri. Ton maître ordonne.
Fatouma. C’est une vilaine parole... une parole de Frach. En sortant de cet appartement, où il parait avoir prêté l’oreille à votre conversation, il a dit... il a dit... J’ai honte, ia Sidi. 11 a dit: Les plaintes du palmier envers la chaire, je les comprends moins que celle de Hafsa contre Marie la Copte, que le prophète avait préférée à la première (i).
(i) Voir, pour l’explication du fait, Soirées de Carthage , pages no et ut.
Les conVives, à l’exception du secrétaire, de rire presque aux éclats.
Le Dziri fait appeler Frach, et lui dit : Quel langage t’es-tn permis?
Frach. Ne suis-je pas libre, ia Sidi?
Dziri. Penses-tu donc avoir la liberté de faire ce que lu voudras?
Frach. Pas même la liberté de dire ce que je pense?
Dziri. Si fait; mais à condition que tu penses bien.
Frach. Celui que je prends pour modèle m’est un sur garant pour mes pensées.
Dziri. Qui penses-tu prendre pour modèle dans la pensée que tu viens d’exprimer?
Frach. Mon maître.
Dziri, après un moment de silence : Va, mon fils. Maintenant que tout le monde a fini, enlève tout cela, et apporte à mes vénérables convives ce qu’il faut pour se purifier.
Frach va, revient, et présente à chaque convive une cuvette, de l’eau, du savon, une brosse et un flacon d’eau de jasmin. Chacun de rincer sa bouche, de brosser ses dents, de purifier ses mains. Le cadi, sans s’apercevoir qu’il a fait double provision, demande une autre cuvette, en se plaignant que cette eau ne lave pas : C’est qu’elle est un peu saumâtre, répond Frach.
Dziri. O mon fils (en s’adressant au domestique), mets toutes ces choses à leur place. Écoute aussi cette recommandation de ton maître : toutes les fois que tu auras une réflexion importante à