‹ La clef du Coran, faisant suite aux Soirees de CarthageChapitre 22 sur 46 · LA CLKF DU CORAN · texte numérisé non relu

LA CLKF DU CORAN

maxime traditionnelle : « Quatre choses sont insatiables de quatre autres : la terre, d’eau ; la femelle, du mâle; l’œil, de voir, et le savant, de science. »

Cadi. La question du Dziri me paraît inutile; mais enfui, pour nous guider dans la réponse, puisqu’il en faut une, nous n’avons qu’à nous rappeler ce qu’ont dit là-dessus El-Boukhari et les autres grands docteurs. El-Botikhari, sur dix mille haditlis qu’il avait appris, en a rejeté six mille. Pourquoi les a-t-il rejetés? Parce qu’ils lui paraissaient trop évidemment empreints du cachet du mensonge.

Müphti. Les menteurs maladroits ont malheureusement toujours formé le plus grand nombre.

Cadi. Depuis El-Boukhari jusqu’à Sciouti, les docteurs, comme vous le savez, Messieurs, n’ont rien négligé pour revêtir les faits et les maximes de la Sonna des caractères de la foi. Y sont- ils parvenus? Vous allez en juger : ils ont divisé les hadiths en trois classes principales (i) : ha-

(i) Analyse succincte de ce que Elaraq dit sur cette matière. On peut diviser les faits de la Sonna eu trois classes : i° partie solide (tsabet) ; a° partie passable (ouastcni)\ 3° partie faible {ddif).

A la partie solide appartiennent des faits de sept degrés différents. i°Les faits rapportés par El-Boukhari et par Moslem, les tenant de Mohamet Hanbal,chef des hanbali (la dernière des quatre principales sectes), lequel les tenait de son maître Chaalia, chef des chaaféi (troisième des quatre principales sectes), lequel les tenait de sou maître Malek, chef de la deuxième des quatre sectes; lequel les tenait de Hancfi,

SUITE AUX SOIRÉES DE CARTHAGE. g3

diths solides, hadiths faibles, et hadiths tenant le milieu.

Les faibles se divisent en quatre-vingt- neuf catégories, renfermant, chacune, des hadiths d’un degré plus faible en progression descendante. Eh

chef de la première des quatre sectes, lequel les tenait de Ben Omar, qui les tenait de Mahomet;

a* Les faits rapportés seulement par El-Boukhari;

3° Les faits rapportés seulement par Moslcm;

4* Les faits rapportés par deux auteurs d’un mérite inférieur à celui d’El-Roukhari et de Mnslem;

5° Les faits rapportés par uu auteur un peu inférieur en mérite à El-Boukhari;

6° Les faits rapportés par un auteur un peu inférieur à Moslcm ;

7 ° Les faits rapportés par plusieurs auteurs d’un degré inférieur.

A. la partie passable, ou tenant le milieu, appartiennent les faits rapportés par des auteurs d'un mérite inferieur; honnêtes gens, mais non saints.

Les faits de la partie faible se divisent en quatre-vingtneuf classes dont voici les principales :

i° Les faits de tradition maroufa, c’est-à-dire qu’on dit venir de Mahomet , sans citer les personnes qui forment la chaîne traditionnelle;

a 0 Les faits de tradition moucatlùi (rompue), c’est-à-dire qu’alors il y a interruption dans la chaîne. On fait remonter les faits à Mahomet sans énumérer les contemporains qui ont formé les premiers anneaux;

3° Les faits de tradition mounkouf, c’est-à-dire qui reste suspendue, sans sc lier à Mahomet, s’arrêtant à un contemporain du prophète;

4“ Les faits de tradition moutadrnb, c’est-à-dire contradictoire; alors on doit comparer le mérite des auteurs et opter pour ceux qui offrent plus de garantie.

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