‹ La clef du Coran, faisant suite aux Soirees de CarthageChapitre 27 sur 46 · LA CLEF DD CORAN · texte numérisé non relu

LA CLEF DD CORAN

Mdphti. Oui, la matière est délicate. Recommandons-nous à Dieu contre Chilan le brouillon.

celle de Marie. En voyant ces images, on croit voir le type. Dans cette église, le siège du roi est entouré de cent colonnes; sur chaque colonne est une statue qui tient une verge à la main ; sur chaque verge est écrit le nom d’un des rois de la terre. Les Romains regardent ces statues comme des talismans ou des ligures magiques. Lorsqu’ils frappent ces ligures et qu’une d’entre elles se remue, c’est un signe que le roi de la nation dont elle porte le notn veut leur déclarer la guerre; alors les Romains se tiennent en garde et prenneut leurs mesures.

« Un autre talisman consiste en des branches d’olivier :

« Devant l’église est un vestibule de cinq milles carrés d’étendue. Au milieu s’élève une colonne d'airain, de cinquante coudées de haut; sur cette colonne est la figure en or d’un oiseau qu’on appelle snutlania ; cet oiseau tient en son bec et en chacun de ses pieds un rameau d’olivier. Au temps de la récolte des olives, tous les oiseaux de la contrée se présentent portant chacun un rameau d'olivier dans son bec et un rameau à chaque pied, ce qui fait trois rameaux, qu'il jette sur le talisman. Ces branches fournissent l’huile et les olives pour la provision de tous les habitants. On dit que tout ceci s’opère par l'art de Balnnïns, auteur des talismans. La garde de ce talisman est confiée à des hommes désignés par le roi. 1, es portes (pii y conduisent sont toujours fermées. Quand le temps des olives est passe, et que le vestibule est encombré de branches et de fruits, on réunit les gardiens. Le roi fait les distributions convenables aux patriarches et aux autres successivement. Ce qui reste d’huile sert pour l’entretien des lampes de l’église.

- Encore un autre talisman : dans certaines églises entre uu ruisseau qui prend sa source hors de la ville et charrie avec lui des grenouilles, des tortues et des écrevisses en grande quantité. A l’endroit oit le ruisseau entre dans l'église, est placée une ligure eu pierre tenant dans sa main un vase eu

TOCS LES INTERLOCUTEURS ENSEMBLE. Aoudbel-

lahi mai Chitan irradjim !

$ III

Cadi. A la sourate Joseph , en finissant le récit, Dieu aurait dit à Mahomet ces paroles : Celte histoire est du nombre des révélations jusqu’ici inconnues. Moïse l’avait écrite depuis plus de deux mille ans. Ce récit se trouve dans la Thaourat (Pentateuque) bien plus au long que dans le Coran. Dans notre livre, il ne renferme qu’une cen-

fer d’une forme concave, faisant l’effet de vouloir prendre de l’eau. Lorsque des animaux nuisibles arrivent à ce talisman, ils reculent, et aucun n’entre dans l’église. Toutes ces choses (dit le géographe) ont été copiées sur l’ouvrage d’£ben-el- Fakih, c’est-à-dire, de Mohammet-ben-Ahmet-el-Uamdouq. Des habitants de Bagdad, qui ont vu cette ville, ont assuré qu’elle est par son étendue, par sa magnificence et par sa population, telle que nous venons de la décrire. Qui n’a pas vu Rome, doute de toutes ces choses. On dit aussi que les habitants de Rome coupent leur barbe et se rasent le milieu de la tète. A la demande pourquoi ils font cela, ils répondent : Lorsque Simon Pierre et les apôtres se présentèrent pour prêcher la religion chrétienne, les habitants les repoussèrent comme imposteurs, et leur rasèrent le visage et la tète en signe de dérision. Mais, après avoir reconnu la vérité de ce que les apôtres prêchaient, les Romains, touchés de repentir de ce qu’ils avaient fait, se coupèrent la barbe et sc rasèrent la tête pour expier leur péché. » (Le cheikh el-Amàni el-Arf Zakaria , Ben-Mohammed, Ben-Mohammed-el-Korouni, dans son ouvrage intitulé : F v àdjaïb ’lbeldan àla sebàa aqâiim : Choses remarquables parmi les pays des sept climats, sixième climat.)

LA CLtE DU CORA-V,

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taine de versets, tandis que dans le livre de Moïse il comprend huit chapitres; en tout, plus de trois cents versets.

Dziai. Une chose qui se trouve écrite parmi les hommes ne peut plus, en effet, être comptée parmi les secrets inconnus gardés auprès de Dieu.

Secrétaire. Ce sont peut-être les Juifs qui ont copié cette histoire sur le Coran.

Muphti. Défendons le Coran, mais évitons de faire rire de nous.

Dziri. Je désire comparer le récit du Coran et celui de laThaourat; lisons quelques passages.

Cadi. Qu’à cela ne tienne. J’ai bien fait de porter avec moi le livre île Moïse.

Dziri. Secrétaire, prends le Coran, et lis l'histoire de Joseph.

Secrétaire. « Un jour Joseph dit à son père : O mon père! j’ai vu onze étoiles, le soleil et la lune m’adorer. — O mon enfant! répondit Jacob, garde-toi bien de raconter ce songea tes frères; peut-être imagineraient-ils contre toi quelque stratagème : Chitan est l’ennemi déclaré de l’homme... Un jour, les fils de Jacob se disaient les uns aux autres : Joseph et son frère Benjamin sont les plus chéris de notre père; cependant nous sommes plus nombreux. En vérité, notre père est dans une erreur manifeste. Tuez Joseph, ou bien faites-le disparaître de quelque manière, et les attentions de votre père seront pour vous. Ensuite vous ferez pénitence en vous conduisant en hommes de bien. L’un d’entre eux dit alors : "Ne tuez pas Joseph, jetez-le plutôt au fond d’un puits, si

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vous voulez absolument vous en défaire; quelque voyageur le ramassera. Un jour les frères de Joseph ^dirent à Jacob : O notre père! pourquoi ne veux-tu pas nous confier Joseph ? Nous lui voulons cependant du bien. Laisse-le partir demain avec nous: il fera paître les troupeaux , il jouera; et nous serons ses gardiens. — Vous ne pouvez le prendre, dit Jaçob, qu’en me causant du chagrin. Je crains qu’un loup ne le dévore au moment que vous n’y ferez pas attention. — Un loup le dévorer! nous sommes assez nombreux pour pouvoir le défendre. Ils emmenèrent Joseph avec eux, et, d’un commun accord, ils le jetèrent au fond d’un puits. Nous (Dieu) fîmes cette révélation à Joseph : Tu leur diras un jour ce qu’ils ont fait, et ils ne le comprendront pas. Le soir, les frères coupables se présentèrent devant leur père en pleurant : O notre père! dirent-ils, nous nous étions éloignés après nous être fait un réciproque défi dans l’exercice de la course. Nous avions laissé Joseph auprès de nos habits; et voilà qu’un loup l’a dévoré. Mais tu ne voudras pas nous croire, bien que nous disions la vérité. Ensuite, ils lui montrèrent la chemise de Joseph, laquelle ils avaient fallacieusement teinte d’un sang étranger. Jacob leur dit : C’est vous-mêmes qui avez ainsi arrangé tout cela; mais mieux vaut-il pour moi de garder la patience. J’implore le secours de Dieu dans le malheur que vous venez de m’apprendre.

«Des voyageurs vinrent à passer par là. Ils détachèrent de la caravane un homme chargé de leur apporter de l’eau. Celui-ci laissa descendre

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le seau dans le puits, et s’écria: Oh! l'heureuse rencontre! voici un enfant. On le cacha pour le vendre; mais Dieu connaissait leurs actions: on le vendit pour un vil prix.»

Dziri. Assez, ô secrétaire! lis le même sujet dans le livre de Moïse.

Secrétaire, a Voici ce qui arriva à la famille de Jacob : Joseph, âgé de dix-sept ans, était à paître les troupeaux avec ses frères; et, comme un des plus jeunes, il restait avec les enfants de Bala et de Zelpha, femmes de son père. Joseph accusa alors ses frères devant son père d’un crime énorme. Jacob aimait Joseph plus que tous ses antres enfants, parce que c’était un fils de sa vieillesse : il lui avait fait faire une tunique de plusieurs couleurs. Les frères de Joseph, voyant que leur père l’aimait plus que tous les autres, le haïssaient et ne pouvaient lui parler qu’avec aigreur. Un songe qu’il eut et qu’il raconta à ses frères le fit haïr encore davantage. Il leur dit : Écoulez le songe que j’ai eu. Nous étions dans les champs à faire des gerbes, et voilà que ma gerbe se leva et se tint debout; puis je vis vos gerbes se ranger autour de la mienne, et se prosterner devant elle. Ses frères lui dirent : Espères-tu donc régner sur nous? serons-nous tes sujets? Le songe et cet entretien ne firent qu’augmenter la haine contre Joseph. U eut un autre songe, qu’il raconta aussi à ses frères. J’ai vu en songe, dit-il, le soleil, la lune et onze étoiles s’incliner devant moi. Après qu’il eut fait ce récit à son père et à ses frères, son père lui dit, sur le ton de la réprimande : Que

veut dire ce songe? Crois-tu donc que moi, ta mère et tes frères nous viendrons nous prosterner devant toi? De là accroissement de haine et de jalousie de la part des onze frères; mais le père considérait la chose avec attention et en silence. Un jour que les frères de Joseph étaient allés paître près de Sicliem les troupeaux de leur père, Israël «lit à Joseph : Tes frères font paître nos brebis dans la contrée de Sichem; viens, que je t’envoie vers eux. Joseph répondit : Me voici tout prêt. Israël ajouta : Ya voir si tes frères se portent bien, si les troupeaux sont en bon état, et tu me rapporteras ce qui se passe. Joseph partit de la vallée d’IIébron, se dirigeant vers Sichem. Un homme, l’ayant rencontré errant dans les champs, lui demanda : Que cherches-tu ? Joseph répondit : Je cherche mes frères; dis-moi, je te prie, où ils font paître leurs troupeaux. Cel homme lui dit : Ils sont partis d'ici, je les ai entendus se dire : Allons vers Dolhaïn. Joseph se dirigea donc, vers ses frères, et il les trouva à Dothaïu. Ceux-ci l’aperçurent de loin. Avant qu’il arrivât à eux, ils conçurent le criminel dessein de le faire périr. Ils se dirent les uns aux autres : Voilà notre songeur qui vient; allons, tuons-le et le jetons dans une de ces citernes; nous dirons qu’une bète féroce l’a dévoré, et nous verrons à quoi ses songes lui auront servi. Mais Ruben, entendant ces paroles, chercha à le sauver de leurs mains, et leur dit : Ne répandez pas son sang, jetez-le dans cette citerne isolée; mais conservez vos mains pures. En parlant ainsi, Ruben se proposait de sauver son

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