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frère et de le ramener à son père. Dès que Joseph fut arrivé près de ses frères, ils le dépouillèrent de sa tunique bigarrée, et le jetèrent dans une vieille citerne desséchée. Ensuite, pendant que les frères coupables prenaient assis leur repas, ils aperçurent une caravane de voyageurs ismaélites venant de Galaad, ayant leurs chameaux chargés de parfums, de résine et de myrrhe, et suivant le chemin de l’Égypte. Alors Juda dit à ses frères: A quoi nous servira d’avoir fait mourir notre frère, tout en déguisant sa mort? Mieux vaut-il le vendre à ces marchands, que de tremper nos mains dans son sang : car il est notre frère, il est notre chair. Ses frères consentirent à cette proposition. Ils retirèrent Joseph de la citerne; et, au passage de la caravane, ils le vendirent à des marchands ismaélites qui remmenèrent en Egypte. Ruben étant retourné à la citerne, voyant que Joseph n’y était plus, déchira ses vêtements. Il courut auprès de ses frères, et leur dit : I /enfant n’y est plus; que vais-je devenir? Ils prirent alors la tunique de Joseph, et, après avoir égorgé un chevreau, la trempèrent dans le sang; puis ils l'envoyèrent à leur père, en chargeant les messagers de lui dire: Voici ce que nous avons trouvé; vois si c’est la tunique de ton fils ou non. Jacob la reconnut et s’écria: Oui, c’est la tunique de mon fils; il a , été dévoré; Joseph est devenu la proie d'une bête féroce. Le père déchira ses habits, mit une ceinture autour de ses reins, et demeura longtemps inconsolable. En vain ses fils et ses filles essayèrent-ils de tempérer sa douleur; il refusa
toute consolation, en disant : Mon affliction ne finira qu’à la mort, quand j’irai rejoindre mon fils.
« Cependant les Madianites vendirent Joseph en Égypte à Putiphar, officier de Pharaon.»
Dziri. C’est assez, ô secrétaire!
Secrétaire. Elhamtlou lillâhi (louange à Dieu)!
Dziri. Voilà, Messieurs, la partie correspondante à celle que nous avons lue dans le Coran. Faisons le parallèle.
Muphti. Le récit de Moïse est plus long que celui du Coran. Quant aux faits, ils sont à peu près les mêmes, sauf le songe relatif aux gerbes, dont le Coran ne fait pas mention.
Le Dziri se tourne vers le secrétaire, et lui dit tout bas : Ce ne sont donc pas les juifs qui ont emprunté au Coran.
Secrétaire. Cette longueur dans la Thaourat ne me va pas : c’est la lenteur de l’ânesse; dans le Coran, c’est la rapidité du coursier.
Cadi. Pour moi, en écoutant la lecture du livre de Moïse, je me représentais les feuilles de l’olivier légèrement dorées par les rayons du soleil, et doucement caressées par le souffle du zéphyr; le récit du Coran me rappelait un départ de combattants enveloppés dans des tourbillons de poussière.
Dziri. Pour moi, Messieurs, je n’ai fait attention ni à la différence de longueur entre les deux réciLs, ni au côté littéraire. Ce que je n’ai pas perdu de vue, c’est le côté logique ; dans le récit de Moïse, Jacob, bien qu’il ait connaissance de la jalousie de ses fils envers Joseph, ne paraît pas