‹ La clef du Coran, faisant suite aux Soirees de CarthageChapitre 29 sur 46 · I.A CLEF DU CORAN · texte numérisé non relu

I.A CLEF DU CORAN

soupçonner des intentions criminelles. En bon père «le famille, il les croit tous dignes de son affection : il envoie Joseph voir si ses frères se portent bien. Joseph tombe dans le piège, sans que Jacob ait pu le soupçonner. La tragique aventure commence d’une manière naturelle. Dans le Coran, au contraire, Jacob connaît la malice de ses fils; il en prévient Joseph, de peur , dit-il, qu’ils n'imaginent contre toi quelque stratagème. Malgré de tels soupçons, Jacob laisse partir Joseph avec ses frères, quand ils viennent le lui demander. En vérité, Jacob n’eût pas agi autrement, s’il avait fait partie du complot. Ceci n’est donc pas naturel.

Jacob dit à ses fils : Je crains qu'un loup ne dè- \>ore Joseph. Puis, les fils reviennent en disant : Un loup l’a dévoré. Ne dirait-on pas que le père a insinué la réponse, que la réponse était une chose convenue entre le père et les enfants ? Ceci n’est donc pas naturel.

Jacob ajoute : C est vous qui avez arrangé tout cela. Cette parole, prise au sérieux, confirme ce que nous avons dit plus haut : que Jacob avait connaissance des intentions criminelles de ses enfants, et fait ressortir son imprudence de leur avoir confié Joseph. Mais non, elle fait plutôt l’effet d’avoir été placée pour déguiser le rôle de complice. Ceci, de quelque manière qu’on l’envisage, n’est pas naturel.

Le soir, est-il dit, ils se présentèrent devant leur père en pleurant. 11 n’est pas rare de voir les femmes feindre des larmes ; on trouve même quelque-

fois des hommes qui possèdent ce don. Mais, malgré toute h» duplicité des frères de Joseph, pouvezvous vous représenter des larmes dans les yeux de ces gros gaillards, au moment où leur âme était encore sous l’impression du fratricide? Ceci n’est donc pas naturel.

Reprends la Thaourat, ô secrétaire; voyons les circonstances qui ont conduit Joseph en prison.

Secrétaire. « Le Seigneur, à cause de Joseph , bénit la maison de l’Égyptien; il multiplia son bien tant à la ville qu’à la campagne. Joseph acquit la confiance de son maître, qui lui donna l’intendance de toutes ses affaires. Putiphar ne s’occupait plus que de se mettre à table et de manger. Or, Joseph était remarquable par sa taille et la beauté de son visage. Quelque temps après, sa maîtresse écouta le souffle du diable, et sentit l’infirmité dans son cœur. Elle invita Joseph au mal. Mais Joseph, ayant horreur de toute action criminelle, lui dit : Tu vois que mon maître m’a confié toutes choses. Il ne sait plus ce qu’il a dans sa maison. Tout est entre mes mains. Il n’a réservé que toi, qui es sa femme. Comment pourrais-je commettre un si grand crime et péché contre mon Dieu? Cette femme continua plusieurs jours à solliciter Joseph par de semblables paroles. Joseph fut inébranlable. Or, il arriva un jour que Joseph, étant entré dans la maison pour quelques affaires, s’y trouva seul; personne ne pouvait être témoin de sa conduite. Sa maîtresse le prit par le bernous, en l’invitant au mal. Joseph lui laissa le bernons entre les mains, prit la fuite, et sortit de

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