DIALOGUE XIV
Sujet : Le Dziri fait ses observations sur ce qu’il vient d’entendre.
Cadi. Comment trouvez-vous le Dziri, Messieurs? Au lieu de me prier de le conduire par la main, il eût parlé plus juste s’il m’avait demandé de le porter sur les épaules : durant cet entretien sur le Coran, auquel nous ne nous sommes livrés que pour répondre à ses exigences, il n’a pas desserré les dents; il n’a pas même prêté l’oreille à nos paroles. Le voilà, depuis deux heures, feuilletant mon vieux livre.
Muphti. 11 n’entend pas.
Dziri. Tranquillisez-vous, Messieurs. J'ai tout entendu et tout pesé. Au fur et à mesure que vous citiez les passages du Coran, j’ai examiné les mêmes questions dans ce recueil, qui renferme le Pentateuque, le Zabour et l’Évangile.
Cadi. Ce n’est que depuis quelques mois que je possède cet ouvrage; depuis que par la permission de Dieu (1) il m’est tombé entre les mains, j’en fais mon vade-mecum , et le pose indistinctement sur ou sous le Coran (a).
(i) Le cadi n’ose pas dire que cetle Bible lui a été donnée par le prêtre. ( Soirées de Carthage, fin.)
(a) Les musulmans ne posent jamais un autre livre sur le Coran.