LA CLEF DO CORAN
Dziri. Pour prouver , Messieurs, que je ne mérite nullement le reproche du cadi, je vais faire mes observations sur les paroles de chacun de vous. Le muphli a parlé avec cette sagesse qui le distingue; le cadi n’a démenti ni son talent ni sa sagacité. Quant à mon secrétaire, j’ai cru jusqu’aujourd'hui avoir un homme de mérite; je m’aperçois que je n’ai qu’un imbécile. Dès ce moment, il ne compte plus à mon service.
Secrétaire. Qu’ai-je donc fait, ù mon maître, pour encourir votre déplaisir? C’est moi qui ai le plus parlé.
Dziri. Oui, tu as parlé, beaucoup parlé; mais sans entrer dans les questions, ou sans les suivre jusqu’au bout. Assez donc de toi, ia radjel (ô liouime)!
Secrétaire. Biras Ennebi (par la tète du prophète)! puisque je ne suis plus sous la direction du Dziri, j’use de mes droits contre lui : il m’a pris pour un an à son service; il me congédie sans motif; au nom de la justice, il me payera les honoraires de l’année entière, non en bagatelles, comme légumes, laine, huile, mais argent comptant.
Dziri. A l’instant, tu auras un à-compte...
mais de coups de bâton.
Muphti. Qu’est-ce donc que le Dziri reproche à ce jeune homme?
Dziri. Il n’a pas répondu à mon attente. Pour suivre avec attention le discours du cadi, je me suis abstenu de parler, en me reposant sur mon secrétaire du soin de faire les réflexions que j’étais
SUITE AUX SOIRÉES DE CARTHAGE. ll\*]
censé faire moi-même. C’est ce qu’il n’a pas fait.
Secrétaire. Pouvais-je savoir, moi, ce que pensait mon maître? Par le Dieu des mondes, que devais-je faire que je ne l’aie fait?
Dziri. ...Écouter la logique. La logique vient de Dieu. Sans reprendre tous les passages qui ont été cités, qui, tous, comportent de sérieuses réflexions et d’amples développements, je me borne aux principaux. A la sourate Joseph, vous avez découvert le pieux mensonge. Il résulte , avezvous dit, que cette sourate, au lieu d’être une révélation transmise par l’ange Gabriel , est une révélation toute faite prise dans le livre de Moïse; jusque-là, c’est bien. Après notre discussion sur ce point, j’ai pris le Coran et la Bible du cadi; j’ai trouvé qu’une quantité de faits et d'histoires se trouvent presque textuellement dans le livre de Moïse comme dans le Coran. Les lois de la logique ne nous autorisent-elles pas à présumer, ne nous imposent-elles pas même de conclure que , dans la promulgation de ces passages, le prophète a suivi le même principe, que ces passages ont la même origine ? Ainsi, aux sourates la Vache., l’Orilre, r Histoire et autres, ce qui est dit. d’Adam, de Noé, d’ Abraham, d’Isaac, de Jacob, de Moïse, que la paix de Dieu soit sur eux ! de Pharaon, suppôt de Chitan le lapidé; aux sourates la Table, famille dlmran et autres, ce qui est dit d’Abel, Dieu lui est favorable; de Caïn, sur lui le souffle de Satan ; de Jean, fils de Zacharie, de Marie, de Jésus, que la paix de Dieu soit sur eux ! se trouve partie dans le Pentateuque, partie dans
to.