‹ La clef du mystère [microforme]Chapitre 34 sur 58 · EN TOI, DIT-ON, RÉSIDE LEUR PUISSANCE · texte numérisé non relu

EN TOI, DIT-ON, RÉSIDE LEUR PUISSANCE

1885. Depuis que cette lettre a été écrite, David Morin, mon ancien élève, est devenu un homme, et il ne regarde pas comme un petit honneur, Messieurs les avocats, d’être entré dans votre docte société, 22 docto corpore vestro, de sorte que moi, qui ne suis rien, pas même un avocat, j'ai considérablement baissé dans son estime et il a une tendance marquée à me couvrir de sa haute protection; et,

ais tre ous ans aier ous urs, nus

par uveeuse ie te ation aître j'ose qui mne,

ef du

David

Somme, une cause que j'ai à soutemir, une cause

Si 1 —

quoiqu’avec discrétion, la nécessité m'y oblige, j'en‘ris dans ma barbe.

Nous avons même eu, à cet égard, une discussion amicale, bien qu'assez vive, à la suite de laquelle j'ai cru comprendre que, pour ce cher David, un avocat, c’est comme qui dirait /e fus beau merle de la création et qu'après vous, Messieurs les avocats, ma foi! 1l faut tirer l’échelle. J'ai. bien timidement objecté à cette prétention, un peu exclusive, par une petite histoire ; mais je n’oserais dire que j’aie convaincu mon ancien élève qui est d’un caractère pas mal entier.

Il y avait, jadis, à Nantes. un père Jésuite, le plus original des Jésuites, le Père Labonde, qui avait dressé, pour le bon combat, toute une compagnie de vaillants chrétiens, baptisés par lui du nom de chats, et connus, à Nantes, sous le nom de 6 Chats du Père Labonde.”’ Or donc, un jour, un de ses chats vintilui zauler à l'oreille un compliment flatteur à l'adresse de la Société de Jésus qui était pour lui chat, Æ receptable de tous les talents, ce qui est un peu vrai d’ailleurs. Le Père Labonde, en réponse à cette petite flatterie, eut une répartie charmante : “ Oh! dit-il finement, nous avons quelques aigles ; mais 1l y a bien des moineaux. ” Eh bien, mon opinion, c'est que, pour les avocats, c’est absolument la même chose : il ya quelques aigles, mais il y a bien des moineaux.

Mais, au reste, mon cher David, puisque, pour être digne de toi, il faut absolument être un avocat,

je crois que Messieurs tes confrères ne me refuse-

ront pas un diplôme d'honneur. Car c'est, en

qui, par son importance et son étrangeté, la nature des témoignages, le rang des parties, la mauvaise volonté des juges, le tribunal suprême auquel j'en ai appelé, est destinée à devenir une cause célèbre. Pour gagner un procès de ce genre, pour forcer le Pape lui-même à exécuter l'arrêt porté par un‘plus puissant que lui, 1l faut être un assez bon avocat, qu’en penses-tu ? Et la cause est gagnée avant même que l'arrêt ne soit exécuté.

Est-ce à dire que je veuille m’amuser aux dépens de M. David Morin? Non certes, je sais trop quelles sont les grandes qualités de ce jeune homme, l'énergie de son | caractère, sa bouillante nature, et surtout le glorieux privilège dont il jouit, pour avoir, un seul instant, cette pensée; mais ce que je regrette, c’est de le voir lui que Dieu, entre tant d’autres, a choisi, par une élection spéciale, pour être, non pas l’avocat de telle ou telle cause, mais l'avocat de tout un peuple, qui, pour cela, (il ne l’'admét pas, mais la chose est,) qui, pour cela, est armé d’une puissance redoutable, qui peut, à son gré, arrêter ou précipiter les événements, ce que je regrette et ce qui me désole, c’est de le voir se montrer fier du titre plus ou moins sonore que les hommes lui ont donné et dédaigner limportante mission qu'il a reçue de Dieu. C’est un mystère, direz-vous ; oui, c’est un mystère; c’est.le mystère de Juda, personnification d’un peuple, et pouvant, par sa seule volonté, forcer le Christ à se faire reconnaître et, par son obstination et son incrédulité, empêchant Dieu d'agir et de se manifester à son peuple. David Morin n’a pas la mission de Juda ; mais il a une mission analogue à celle de Juda et

très-importante ; c’est l’'Œdipe Canadien, celui en qui, par un impénétrable mystère, réside la force du Canada-français, et c’est, dans so sac à lui que, par la volonté de Dieu, a été mise /« coupe dé Joseph. Car, dans le monde chrétien, vous êtes,

vous Canadiens, la tribu de Benjamin, le dernier-

né des peuples, /e peuple du Sacré-Cœur.

Et moa existence n’eût-elle eu pour résultat “que d’abstraire des événements la loi mystérieuse qui préside aux destinées du mônde qu’elle serait déjà fort utile. Car c’est un grand point que de savoir qu’il y a, dans chaque peuple, certains hommes qui sont, pour ainsi dire, comme les boulevards du peuple parce qu’ils sont plus spécialement protégés par les puissances invisibles qui défendent le peuple et que, même à leur insu, même inconnus ou méconnus, par la force surnaturelle dont ils déposent ou qu'ils immobilisent, ils ont toujours, sur la marche des événements, une action décisive. Ce n’est pas agir avec prudence quand ils se présentent, de ne pas les reconnaître ; et, d’un autre côté, quand ils sont-éclairés, eux autres, ils assument sur leur tête une terrible responsabilité en n’obéissant pas. Mais, dit David Morin, pour faire ce que vous demandez de moi, il faudrait me sacrifier et sacrifier ma vie tout entière. Sans doute! et si tu ne le fais pas, tu t’apercevras, avant qu'il soit longtemps, que Dieu n’aime pas être dédaigné. Ton bonheur consiste à obéir à Dieu; hors de là, pour toi surtout, il n’y a que déhoires et déceptions, et, à ton heure dernière, situ ne fais pas ce que je dis, tu auras de terribles inquiétudes. Mieux vaut profiter des expériences faites par d’autres que de les faire soi-même;

mieux vaut croire que voir, et ce que je dis à D. Morin, je le dis à vous tous. Car menagés jusqu’ici parce que, vous Canadiens,vous êtes le moyen, vous allez être certainement brisés, comme autrefois les Juifs, si vous devenez l’obstacle, Examinez bien la tournure que prennent les événéments : il y a de la poudre dans l'air.

Les vœux de Mr l'avocat Dorion

Maintenant, je conteste à Mgr Taschereau le droit qu'il s’est arrogé, de relever de ses vœux, Mr Edouard Dorion, aujourd’hui avocat à Québec, par la raison bien simple, et que tous les avocats comprendront, c'est qu'étant en cause et accusé par moi, il ne saurait être, en même temps, juge et partie. Au reste, je dénie ce droit à qui que ce soit attendu que, Dieu s'étant prononcé, il n’est permis à personne, pas même au Pape, de s'opposer à sa volonté souveraine. En vérité, vous autres prêtres, vous paraissez, tous, avoir sur les vœux de-singulières idées ; et vous étendez, au-delà de toute mesure, le droit que vous avez de lier et de délier. Même à ce droit, il y a des bornes, et, surtout, il ne saurait être exercé sans règles. Car enfin il est impossible d'admettre que vous puissiez ainsi faire, à votre gré, le chaud et le froid, la pluie et le.beau temps, et quand un engagement, par vœu, a été solennellement pris devant Dieu, que vous ayez, vous, le droit, par un mot, d’annuwler cette obligation. |

Le vœu qui, dans tous les temps et chez tous les peuples, a toujours été considéré comme une chose

au le , Mr > par compar ge et € soit ermis r à Sa êtres, singutoute a élier.

,il ne il est faire, s.beau a été ayez; bbliga-

bus les

chose

redoutable, deviendrait alors, vous l’avouerez, une vraie plaisanterie, si, après avoir fait un vœu, il suffisait à un homme, pour en être relevé, d'aller trouver le premier prêtre venu, et on en trouve tou-! jours pour relever d’un vœu.

Je comprendrais encore, s’il s'agissait d’une obligation indiscrète, et sans portée pratique, prise à la légère par quelque dévote à l'esprit faible, je comprendrais qu’un prêtre, après un examen sérieux, pour éviter un plus grand mal, pût la dégager de son vœu; mais tel n’est pas le cas de l'avocat Dorion. C’est une intelligence de premier ordre, un caractère calme et froid qui a parfaitement su ce qu'il faisait en s’engageant par un vœu; qui, d’ailleurs, avant de s'engager par ce vœu, a longuement étudié les ‘raisons qu'il avait d’agir ainsi, et, qui, dès lors, ne saurait sérieusement soutenir qu’il a été surpris et trompé par moi,

Car, pendant dix-huit mois, m’étant réservé ce droit, je lui ai offert, en maintes occasions, de lui rendre sa liberté, et quand il s’est engagé définitivement et irrévocablement, il a pris huit jours pour réfléchir. Autrement dit, le vœu a été fait dans les conditions voulues pour être valide, deux ans après l’âge que l'Eglise a fixé elle-même pour qu’on puisse faire un vœu de ce genre.

Quand, plus tard, longtemps après, Edouard Dorion, à l’instigation de son confesseur, est allé trouver Mgr. Taschereau pour lui exposer son cas, l’archevêque de Québec, avec un aplomb impertubable et sans l'ombre d’une hésitation, lui a dit carrément qu'il avait le droit, par sa seule volonté, de faire qu’un engagement, pris devant Dieu et

accepté par Dieu, cessât d'exister parce qu’il lui

plaisait à lui, archevêque de Québec, qu’il n’existât pas. Or ceci, en principe, est une chose inacceptable ; il est inadmissible que Dieu ait pu donner à un homme, quel qu’il soit, un droit pareil parceque, s'il en était ainsi, il eût été impossible de fonder dans l’Eglise aucun ordre religieux et, plus encore, de l’y maintenir, Mais pour montrer à tout le monde, et à lui-même, combien est exorbitante la prétention de Mgr. Taschereau à cet égard, je me permettrai de lui demander ceci: dites-moi donc, Monseigneur, quelle était, devant Dieu, la valeur du vœu que firent jadis, surles hauteurs de Montmartre, les premiers disciples de St-Ignace quand, à la messe du père Lefebvre, ils s’engagèrent tous, par serment, à vivre de la même vie et à combattre les même combats. Auriez-vous osé, vous archevêque de Québec, en face de cet homme qui lisait dans le livre de Dieu, auriez-vous osé lui dire que ce vœu ne signifiait rien ; que ses disciples, à la fantaisie d’un évêque, voir même d’un archevêque,

pouvaient être dégagés de leur vœu..

Et vous, Messieurs les Jésuites, quelle est votre apinion là-dessus ; croyez-vous que vos vœux à vous, si solennels qu'ils soient, diffèrent, en principe, des vœux qui firent autrefois les compagnons

de St-Ignace ; que le vœu cesse d’exister parce

qu'il est fait en dehors d’un ordre religieux ; qu’il faille absolument, pour qu’un vœu soit sérieux, la consécration de l'Eglise. C’est restreindre un peu trop le domaine la conscience, la liberté de l’âme, Mais, d’ailleurs, un ordre religieux existe devant Dieu avant qu’il puisse être officiellement reconnu

ui tât Cpner ‘cede lus out e la me onc, leur [ont- 1d, à tous, attre rchelisait e que à la êque;

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par l'Eglise ; et quand Dieu donne à un homme la

* mission d’en fonder un, illui donne, par là même, le droit de recruter des soldats, et sans les vœux de religion, la chose ne serait pas possible.

Les vœux qu’a faits Mr Edouard Dorion sont les trois vœux de religion, vœux qui, considérés en eux-mêmes, dans leur essence, constituent, devant Dieu, un engagement irrévocable ; ils ne diffèrent en rien de ceux que vous faîtes vous, Messieurs les Religieux ; et je maintiens que personne, dans les circonstances particulières où il se trouve, n’a le droit de relever Edouard Dorion de ses vœux, parce que, Dieu ayant fait connaître sa volonté et sa volonté étant immuable, s’il ratifiait votre jugement, c’est ce qu’il se contredirait et il ne se contredit pas ; mais, en admettant même qu’il y ait doute, et pour moi il n’y en a pas, c’est un cas réservé au Pape et au Pape seul. L’archevêque de Québec, n’a pas le droit qu’il se donne, de relever du vœu de

religion. Edouard Dorion, tu n’es pas relevé de tes vœux.

Le Docteur Catellier

Le docteur Catellier est un médecin distingué qui habite avec sa famille l'hôpital de marine dont

1l partage la direction avec le docteur Lemieux.

Ces deux messieurs sont, en même temps, professeurs à l’Université-Laval, et on doit les considérer comme des autorités pour tout ce qui concerne la médecine. Or, en 1878, ils ont; tous deux, après un examen attentif, fait devant témoins, constaté que M. Jean-Baptiste Morin, actuellement pharmacien à Québec, avait à la main une tumeur

dont la guérison ne pouvait être obtenue que par une opération dangereuse entraînant la perte d’un doigt. Cette guérison ayant eu lieu, quelques jours après, sans le secours d’aucun remède, par l’appii- ‘ cation sur la tumeur d’une goutte seulement de l'eau de Lourdes, M. le docteur Catellier, sans y être sollicité par personne et sans comprendre l'importance, pour moi, de son témoignage, a reconnu, en propres termes, que c'était un miracle, un vrai miracle. J'ai cru devoir prendre acte de cette déclaration et relater la chose sur le /owrnal de Québec. On ne m’a pas donné de démenti.

Lettre au Docteur Catellier

Monsieur.—En 1878, vous aviez pour interne, à l'hôpital de marine, M. Edouard Morin, aujourd’hui médecin à Québec; et vous ne devez pas avoir oublié, puisque la chose a été publiée sur les journaux, que, dans les premiers jours d’avril, son frère, M. Jean-Bartiste Morin, étant venu le voir. pour le consulter au sujet d’une tumeur douleureuse qu'il avait à la main, vous avez examiné cette tumeur en présence du docteur Lemieux, et qu'après en avoir reconnu ia gravité, vous avez, tous deux, porté ce diagnostic qu'il fallait en faire l’ablation, mais que l’opération était dangereuse et que, probablement, elle entraînerait la perte d’un doigt.

Le cas était donc grave, et il n’est pas admissible que deux hommes de votre valeur, après avoir contrôlé vo: observat'ons les unes par les autres, ayez pu, dans une consultation publique, vous prononcer à la légère sur la nature du mal ; et ce serait

rne, à

-d’hui avoir joutfrère,

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Fe cette x, et , tous l’ablat que, doigt.

issible r CONayez

ononserait

vous faire une injure gratuite que de supposer :

qu’en matière aussi sérieuse, l'opération ayant été

par vous jugée redoutable, vous ayez pu offrir au:

jeune homme de l’opérer immédiatement sans être absolument sûrs de votre diagnostic.

Le jeune homme, comme vous le savez, refusa ‘ de se laisser faire, et, de retour à la maison, dans des circonstances qui donnent au miracle une signification spéciale, par le moyen de l’eau de Lourdes, que sa mère, Madame Morin, avait, sur

mes instances, quelques jours auparavant, fait de-

mander à M. Labrecque du Séminaire, non pour lui, mais pour moi, il se trouva, sans le secours d'aucun remède, subitement guéri, le jour des Rameaux, à notre grand étonnement à tous.

Le lendemain, quand vous avez eu connaissance de la chose, vous avez déclaré, en propres termes, que c'était un miracle, et M. Labrecque du Séminaire le croyait si bien qu’il se préparait, paraîtil, à en faire dresser le certificat authentique quand, tout à coup, la chose ayant été relatée sur le Journal de Québec, comprit que j'entendais m’appuyer sur ce miracle pour soutenir mes autres affirmations. Oh alors ! il ne fut plus question du certificat.

Vous êtes vous, Monsieur, placé, par suite des circonstances, dans une pénible alternative, ayant à choisir entre votre intérêt et votre devoir. Votre intérêt, le clergé de Québec dont vous dépendez, se trouvant compromis, c’est de déguiser une vérité qui lui déplait et le condamee ; votre devoir, si vous êtes un aonnète homme, c’est de proclamer hardiment qu'il y a eu un miracle de fait puisque

ar“

- vous l'avez dit et que vous le croyez, et, si vous ne le croyiez pas, oi l’avez-vous dit P

Le Révérend Père Mothon

*. Le Révérend Père Mothon est un Dominicain qui, en 1877,a prêché dans la Basilique de Québec la neuvaine de l’Immaculée-Conception. Tous les sermons du Révérend Père Mothon ayant eu pour but d'établir les dogmes fondamentaux de la Religion catholique et, plus particulièrement, le mystère de la Transubstantiation, s’il peut être prouvé que ces sermons ont donné lieu à pius’>urs miracles, 1l s'ensuit de là que ce ne sont plus des compositions ordinaires et que ce religieux, en les faisant, a été réellement inspiré sans le savoir. Or, dans un pays où les protestants sont nombreux et où le danger, pour la foi, vient de leur mélange avec les catholiques, si Dieu veut ramener les uns et protéger les autres, c’est par des miracles de ce genre qu’il doit s’y prendre, de telle sorte que s'opposer à ce que la preuve se fasse sur ce point, c’est être l'ennemi de Dieu, et on conçoit difficilement que le clergé canadien soit assez aveugle pour empêcher la vérité de triompher, quand il s’agit du salut de tant d’âmes confiées à ses soins et qui se perdent.

Lettre au Révérend Père Mothon

Mon RÉvÉREND PÈRE,—-En décenibre 1877, pendant la neuvaine de l’Immaculée- Conception, je vous ai écrit plusieurs lettres pour vous avertir . vos sermons avaient donné lieu à des miracles,

ne

ain bec les out kelitère que es, 1l 1ons a été pays nger,

je me suis même rendu au Séminaire de Québec pour vous voir à ce sujet; mais n'ayant pu arriver jusqu’à vous parce que, déjà, on se défiait de moi, après avoir vainement sollicité qu’on ouvrit une enquête, je me suis contenté d'indiquer sommairement la chose dans un opuscule qui a été imprimé au Journal de Québec, vexs la fin de décembre.

A cette époque, je ne comprenais pas du tout la signification des miracles, et, n'ayant jamais entendu parler qu’une fois de la prophétie de saint Malachie, j'étais à cent lieues de penser qu’il pût s'agir de cette prophétie ; mais j’ai toujours parfaitement vu que c’étaient des miracles, et si, au lieu de vous tenir à l'écart comme vous l'avez fait, vous aviez consenti à m’entendre, je vous l'aurais prouvé comme je l'ai prouvé au Père Arnauld, à M. Lafontaine et à d’autres, comme je le prouverai à quiconque, étant de bonne foi, voudra m’écouter.

Mais vous autres, gens d'église, quand vous n’êtes pas parfaitement droits, vous trouvez toujours quelques faux-fuyants pour vous mettre à couvert ; vous fermez les yeux et les oreilles, et, pour ne pas voir la vérité qui vous gêne, vous vous retranchez dans votre dignité, imasquant ainsi, sous un prétexte ou sous un autre, ce qui n’est au fond que de la lâcheté ou de la mauvaise foi.

Car, enfin, ce que je dis est vrai ou ne l’est pas.

S'il est vrai que la prophétie de saint Malachie se soit vérifiée au Canada, et si elle doit se vérifier quelque part, c’est à notre époque que la chose doit avoir lieu ; si cette prophétie, dont l'importance sante aux yeux, a pour but d'établir mathématiquement, et sur des preuves tangibles, que le Christ est

dans l’hostie ; qu’à la parole du zrêtre il .lescend sur l'autel; que la confession est d'ivtitution divine ; qu’en un mot la vérité est dans la religion catholique et non pas dans la religion protestante ; si, à cette grâce signalée, qui, au Canada, correspond aux besoins de tant d’âmes, Dieu en ajoute une autre, plus spécialement destinée à éclairer les catholiques sur les dangers de l’éducation donnée à la jeunesse, et qu’ilen indique le remède, ditesmoi, peut-il y avoir un fait plus considérable que celui-là, et si la chose est, croyez-vous que vous ayez le droit de rester neutres? Pas plus que ces anges coupables qui, dans le ciel, voyant Lucifer se révolter contre Dieu, ne voulurent prendre parti ni pour ni contre saint Michel et qui furent tondamnés pour ce fait.

Si extraordinaire qu’elle soit, je prétends que la vérité brille aux yeux d’un éclat incomparable, qu’elle est évidente, qu’elle est indéniable ; et je ne puis m'expliquer que vous, religieux français, qui voyez la situation telle qu’elle est ici, qui en souffrez, vous n’ayez pas le courage de reconnaître hardiment un miracle de Dieu; ei, ce qui est encore beaucoup plus difficile à comprendre, que vous réfusiez d’en faire l’examen. Est-ce donc une raison, parce qu'ils ont trahi, pour que vous trahissiez vous-même ?

P. S.—Cette lettre n’a pas été envoyée; mais j'ai fait à pied, et sans argent, un voyage de soixante lieues pour aller à St-Hyacinthe trouver le Père Mothon qui m’a reçu poliment, mais qui a refusé de m’entendre, sous prétéxte que ce n’était pas à lui qu'il appartenait de juger les éviques. Je réponds ailleurs à cette objection spécieuse qui re supporte pas un examen attentif. |

nd ion ion te ; res- Jute r les inée itesque vous > ces icifer parti con-

ue la

rable,

je ne

5, qui soufe har- 1 est e, que c une rahis-

Li fait à ur aller cu poli que ce es. Je 1pporte

M. Sotin, curé de Vertou

M. Sotin, actuellement curé à Vertou, a été jadis directeur au collége des Couëts. C’est là que lai connu quand j'étais enfant. M. Sotin est un homme d'intelligence et d'énergie qui s’est déjà prononcé sur un point ; il ne comprend pas qu’on ait refusé de faire une enquête à ce sujet. Le connaissant de longue date et ayant conservé avec lui des relations intimes, j'ai cru qu'il se laisserait convaincre et j'ai été le trouver à Vertou. C’est un esprit juste et un cœur droit, me disais-je ; il reconnaîtra la vérité et m'aidera à la faire triompher. L’a-t-il reconnue P Oui et non. Il admet bien que la mort de Son

| Excellence Monseigneur Conroy est véritablement. une chose extraordinaire, étrange! maisilne veut

pas conclure. C’est que, voyez-vous, pour me don-

ner raison, il faut donner tort à sept évêques et en

déposer un et ça paraît un peu raide, cette logique-

là.—Mais c'est la logique de Dieu.

MoN CHER MONSIEUR,

Je ne puis pas n'empêcher de penser à la distinction subtile que vous avez prétendu établir, dans la gare de Nantes, entre deux mots qui sont certainement cousins - germains s'ils ne sont pas frères. J'avais toujours cru jusqu'ici, et je crois encore, que l’on entend, à une nuance près, exprimer la même pensée quand on.dit d’une chose qu’elle est extraordinaire ou qu’on dit de cette chose qu'elle est étrange. Pour moi, ces deux mots sont synonymes et je ne vois guères quelle diffé-

im

rence 1l y a entre eux. A mon sens, étrange dit même plus qu’extraordinaire. Mais, au reste, à quoi bon discuter là-dessus ; vous avez employé qu ces deux termes pour exprimer une pensée qui, au [= à fond, est la même; et il est vraiment pénible, en

matière aussi importante, de voir qu’un homme de 1 LE votre valeur et de votre caractère soit obligé, pour pe À I échapper à la vérité qui s'impose à lui, d’en venir } TI

à de pareilles arguties et de jouer ainsi sur ies mots.

C'est qu’en réalité vous n'avez rier à dire, abso- d lument rien, à une argumentation qui est inatta- h quable, et que, du simple exposé des faits, ressort, C: pour tout homme droit, la preuve évidente qu'il y Q a eu, dans le cas présent, une intervention directe P! de Dieu. Vous admettez l'extraordinaire, donc ce , d que je disest vrai. Sans cela, vous ne me feriez bte par cette concession. 9

Comment ! voilà les évêques canadiens qui veu- œ lent faire nommer M. Racine à l'évêché de Chicou- 70

timi; je sais, moi, par des miracles, que ce n’est | , pas M. Racine qui doit être évêque en cet endroit, mais un religieux français, un saint missionnaire, le Père Arnauld : ; je sais, et je prouve, que le Père Arnauld est l'élu de Dieu pour l'évêché de Chicoutimi, non pas M. Racine. Une lutte s'engage, lutte violente qui dure dix-huit mois. Tout dépend d’un homme, d’un légat du pape, de Son Exc. Mgr.

; Conroy ; je le vois clairement et je fais des efforts inouïis pour convaincre ce prélat. S'il me croit, le Père Arnauld sera évêque ; s’1l ne me croit pas, M. Racine l'emportera. On ne m'écoute pas ; M.

Racine est choisi pour être évêque ; sa nomination est obtenue du pape par l'entremise de Son Em, le

c'es

Em, le

se PTT ce

cardinal Franchi, protecteur attitré de l’Université- Laval. Le sacre, malgré mes protestations, a lieu le 4 août 1878. Son Exc. Mgr. Conroy meurt, et meurt subitement, le jour même du sacre ; Son Em. le cardinal Franchi, trois jours avant, et ce n’est pas là un jugement de Dieu, ce n’est pas là un miracle ? | Mais, alors, Dieu n’est pas le maître de la vie et de la mort. Ce n’est pas lui qui préside aux destinées humaines. Croyez-vous donc que je ne sois pas capable, par moi-même, de voir si une chose est naturelle ou ne l’est pas? En vérité, je ne comprends pas ; non, je ne comprends pas votre incré-

. dulité, ou, plutôt, c’est toujours la même histoire :

vous avez des yeux pour ne point Voir, et des oreilles pour ne point entendre. Aures habent ef non audiunt, oculos habent et non vident, pedes habent et non ambulabunt.

Opinion de Mr. l'Abbé Boutin

Appelé à se prononcer sur le même fait, Mr.

l'abbé Boutin, de la cathédrale de Nantes, s’est exprimé ainsi: on ne peut nier, a-t-il dit, que la mort de Son Exc. Mgr. Conroy, entourée des circonstances que vous mentionnez, n'ait étonnamment les apparences d’un miracle,

Le devoir du Pape

La conclusion de tout ceci est terriblement simple:

c'est que le Père Arnauld ayant été désigné par des miracles comme devant être évêque de Chicoutimi ;

Mgr Racine ayant été nommé évêque contrairement à la volonté expresse de Dieu ; Snn, Exc. Mgr Conroy étant mort pour ne pas avoir obéi à cet ordre formel, il y a pour le pape obligation stricte de déposer Mgr Racine. Car, enfin, je ne puis admettre qu’il y ait deux poids et deux mesures; que nous soyons, nous, obligés d’obéir à Dieu, et les autres pas. S'il en était ainsi, ce serait la destruction de toute morale, ce serait le règne de l'arbitraire.

aire- Exc.

béi à ation e ne sures; u, et | desne de

4ème PARTIE

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