ŒDIPE
:. Ce qui donne à ma vic un cachet spécial, c'est: : … que, sans le savoir d’abord, j'ai cherché quel rap- E | port: existe entre la prescience divine et la liberté humaine et la part de responsabilité qui incombe à chacur de nous dans la grande bataille de la vie. C'est une question importante et qui intéresse tout. . de monde. Car enfin, tout est |}: serai-je sauvé ou ne le serai-je pas ?
Après y avoir beaucoup réfléchi, je crois pouboir dire que la plupart des chrétiens ne sont pas'des : gens raisonnables. Et, en effet, qu'est-ce donc
qu’un homme raisonnable ?
Un homme raisonnable est un homme qui a des
principes, des principes justes, dont il tire des con- : séquences et des conséquences justes ; et l’homme ui n'a pas de principes ou qui a des principes Mi faux, ou même qui, ayant des principes justes, n’en * tire pas de conséquences ou en tire des consé- . quences fausses, cet homme-là n’est pas un homme xl raisonnable.
- Or, où sont ceux qui ont des principes justes, où qui, ayant des principes justes, en tirent des
Conséquencss justes? En voyez-vous beaucoup ? À
Je n’en vois guères ou plutôt je n’en vois pas ; ét Æ b je comprends cette exclamation de l'écrivain sacré D 7" quand il s’écrie : Ze nombre des sots est infini /
Je n'ose pas me ranger dans la catégorie des gens raisonnables, (ils sont si rares !) mais j'ai été un garçon logique, autant du moins que l'éducation . m'a permis de l'être. Or, celui qui est pe arrive
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c'est : | rapberté nbe à \ vie.
> tout 4 sauvé
Dukoir as'des donc
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4 dans le ‘vrai ou dans le. faux. # autres ne e le savent pas et ne le sauront fur La
Les situations ati.
rien de particulier jusqu’à l’âge de douze ans, époque où je reçus la première impression qui ait influé d’une manière sérieuse sur mon avenir. Avant cette
petits enfants ont ‘grand besoin pour que leur cœur puisse se développer, à l'aise ; il me manquait les. caresses d’une mère à qui, dans l’occasion, j'allasse confier mes peines et mes joies.
En revanche, j'avais une belle-mère, et les belles- ‘mères n’ont pas l'habitude d'aimer à l'excès les: enfants du premier lit. Aussi, faute d’épanchement, étais-e plus sensible que d’autres aux impressions
‘impressions. Je le suis encore. La moindre
le moindre froissement, me révoltait déjà.
| conditions où j'étais placé, il n’y avait que la foi qui fût capable de me dompter ; mais. il ne fallait pas me donner la foi étroite des jansénistes. Cellelà, loin d’être une force, est la plus grande des faiblesses pour les individus comme pour les peuples. Elle n'empêche pas le mal et elle empiene le: bien. : ‘
caresse me rendait heureux, la moindre injustice,
Je suis né en 1846, le 20 février, Ma vie ne présente ‘
| époque, je ne m'étais jamais occupé de rien ; et, | cépendant, il me manquait quelque chose dont les |
religieuses, comme, au reste, à toutes espèces
Avec un tempéramment comme ça, dans les
s j'ai été i ucation :
e arrive
.. La question religieuse
On serait porté à croire qu’il suffit à un homme de faire un cours de théologie, dans un séminaire quelconque, pour être ensuite en état de diriger les âmes dans la bonne voie, c’est une erreur. Il faut, en plus de cela, le sentiment de sa propre faiblesse, la connaissance du cœur humain, une grande bonne volonté et des efforts personnels sous la conduite d’un maître expérimenté dans les combats de la vie
intérieure ; et, s'ilest vrai, comme le dit Saint | | François de Sales, qu’il faille choisir son directeur | entre dix mille personnes, c'est, apparemment, qu'il n’y en a pas beaucoup de bons. Là, plus qu'ailleurs, il faut des principes, we méfhode,\ et tout le monde n’en a pas. Je l'ai appris à mes A dépens. J'ai pour certain que la plus grande partie . des chrétiens se perdent, parce qu’on ne les éclaire C pas ou qu'on les éclaire mal, parce qu’on ne les S dirige pas ou qu’on les dirige mal. Cæcus enim, si * c@co ducatum prastet, in foveam cadat.
A douze ans donc, j'étais en sixième avec un . professeur qui ne manquait pas de talent, mais qui ne comprenait rien à la religion. Je l'ai rencontré, depuis, dans-le monde, à un âge où j'étais en mesure de juger du vrai et du faux, #ême en spiritualité, et je comprends le danger, pour un enfant dont le cœur est droit, d’être instruit par un homme comme çÇa..
Il m'a donné, il est vrai, l'appréciation juste de la vie; mais, par ses observations sur les pénitences des saints, qui, souvent, ne sont pas admirables du
tout, comme on peut s’en convaincre en lisant la
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. vie de Saint Paphnuce, il a fait que, pendant long-
temps, j'ai mis la vertu là où elle n’est pas. Un dogme catholique
‘Voici la méditation qui a été mon point de départ en spiritualité; elle force à réfléchir quiconque a la foi et même celui qui ne l’a pas. Car, enfin, rien ne prouve le contraire. | |
Oh ! moment de l’Éternité ! Que vous êtes désirable! Que vous êtes terrible! Pensez-y bien !— Mortel, qui as une âme immortelle, étudie, médite, approfondis ce grand mot: Éternité ! Eternité ! que dira de toi l’homme d’un jour, comment le dira-t-il, et qui comprendra ce qu’il pourra dire de
toi P
Oh ! qu’elle est longue! qu’elle est profonde! qu’elle est immense et infinie, dans ses biens et dans ses maux, cette Reine de tous les siècles, cette interminable et toujours vivante Éternité ! |
Je compte mille ans, cent mille ans, cent millions de fois mille ans, autant de millions de fois mille ans qu'il y a de feuilles d'arbres dans les forêts, de
. brins d'herbe dans les prairies, de grains de sable
sur les rivages, de gouttes d’eau dans l'océan, d’atômes dans les airs, d'étoiles au firmament, et je n'ai pas encore commencé à dire ce quetu es, Ô Fternité !
Un jour viendra que le soleil aura été éteint, le ?
monde aura été consumé, la race humaine aura fini, les vivants et les morts auront été jugés, les siècles se seront amoncelés ; puis, il y aura eu des abîmes, et des abîmes de durée, depuis le jour de