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demandez-lcur si, après avoir soumis toute une génération d'enfants à une épreuve monotone et ennuyeuse de neuf années, ils sont contents de l’œuvre accomplie et peuvent se dire, dans le for intérieur, que réellement ceux qu'ils livrent ainsi à .la société en ont pour leur temps et pour leur argent. Nous avons entendu de la bouche de M. Nantel lui-même, ces mots significatifs : * “Nous ne voynns réeilement que confusion et insuffisance dans le système actuel où tout certainement est à refondre et à refaire à neuf; mais comment briser avec les préjugés d’une routine de tant de siècles, et qui aura le courage, ou mieux l'audace, de frapper les premiers coups et d'entrer résolûment dans la voie nouvelle? Nous sentons le besoin impérieux d’un changement ; mais ce que ce changement doit être, nous ne le COnnaissons pas encore, et nous demandons la fumière qui doit nous éclairer dans cette voie
encore obscure et incertaine. ”? M Pour
Oui, le préjugé, et surtout le long préjugé des éche siècles est difficile à vaincre ; mais l’histoire ne Tépor nous fournit-elle pas de nombreux exemples des en ur longs combats de l'humanité contre le préjugé de pour la routine, à l'égard de toutes les sciences qui ont quell #marché à pas gigantesques, seulement quand cest l'homme a eu le courage de briser avec un passé du cc «qui le tenait dans l’ornière et dans la nuit. Que de d'y e “merveilles accomplies dans l'astronomie, la chimie, Æ classi la physique et toutes les branches de l’histoire quan naturelle, depuis le jour où, s’émancipant de l’em- louab tpirisme, on a demandé à l'observation et à l’ana- an
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synthèses ? L'enseignement seul de la jeunesse resterait-1l donc fatalement condamné au procédé lent, incertain de la routine; la clef du monde intellectuel et physique resterait-elle #é/£e dans la serrure, quand l’homme, habitué à plus d’activité, attend impatiemment à la porte, pour entrer? Nous ne le croyons pas, et c’est à cause de cela que nous osons élever la voix, dans cette circonstance, et à l’occasion du système de M. Leroy, pour inviter toutes les institutions d’enseignement, saus exception, à essayer de diriger celui-ci dans une voie nouvelle et de faire, au moins, ce que l’on fait pour l'industrie, c’est-à-dire tenter en petit ce que l’on serait disposé à adopter en grand, si l’épreuve est satisfaisante.
Sait-on l’objection la plus spécieuse que l’on fait à ce système dont la rationalité saute aux yeux P c’est, d’abord, que tout se fait dans la classe et, ensuite, «, 1e l'élève termine ses études trop jeune pour prendre dans la société la place qui doit lui écheoir. A la première objection, il est facile de répondre que, si l’on apprend les langues mortes en un temps aussi court, il.en restera davantage pour apprendre les sciences. et les spécialités auxquelles désirent se livrer respectivement les élèves ; c’est que les hommes mêmes qui ont la vocation du commerce et qui, pour s’y identifier, ont besoin d’y entrer jeunes, pourront y arriver avec le bagage classique qui leur sera d’un incontestable avantage, quand, après avoir acquis la fortune, lis auront la louable ambition de donner leurs loisirs au service du pays.
A la deuxième objection, à savoir que les élèves
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nl finiront leurs études à un âge où l'esprit n’est pas | 1 suffisamment mûr pour l'étude de la théologie, de |: la loi, de la médecine, etc., nous répondrons qu’il (ll est facile de remplir la lacune en enseignant aux élèves une multitude de choses utiles qu'il leur est avantageux de savoir. Ils liront surtout, à cette époque où il est si important de lire, parce que c'est celle des loisirs et des impressions durables : on lit généralement si peu au collége. Dans tous les cas, ce ne peut être une raison pour leur ul faire passer huit à neuf ans à apprendre ce qu'ils \\ peuvent réellement apprendre en quatre où cinq. | A Nous ne demandons pas à ceux qui enseignent, pu de renoncer tout-à-coup au passé, de briser, de |A suite, avec autant de siècles, et avant d’être sûrs qu que la voie où on veut les faire entrer, est la bonne ; |A mais il nous semble que la question est assez A importante, par elle-même, pour nous induire à en il tenter l’épreuve et à faire marcher, côte à côte, les deux systèmes, afin d'adopter le nouveau s'il est préférable à l’autre, après l'épreuve, ou de le rejeter s’il ne justifie pas ses promesses. Que chaque collége, par exemple, ait une classe à part, une seule, soumise au système Leray, pendant qué le corps des élèves restera sous l’ancien régime. Nous ne demandons que six mois d'épreuve, et si, après ces six mois, la classe exceptionnelle n’a pas donné trèsles résultats promis, que l’on reste avec l’enseigne- à ment actuel, jusqu’à ce que l'on ait trouvé, s'il est possible, un autre moyen plus certain d'arriver au but.
J. CaucHoN, Ancien Président du Sénat.
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A la suite de la visite dont parlé M. Cauchon, j'envoyai à M. Nantel tous mes travaux, et voici les deux lettres que j'en reçus. Venant d’un homme qui est un professeur remarquable et célèbre, elles ont leur valeur.
Lettre de M. Nantel à M. Leroy Séminaire de Sainte-Thérèse, 12 décembré 1874. Monsieur,
J'ai reçu hier les différents ouvrages que vous m'avez fait l’honneur de m'adresser. Intéressé, comme je le suis, à la réforme de l'enseignement, vous pouvez croire, Monsieur, que je me ferai un
devoir d'étudier moi-même vos travaux et de les faire connaître autour de moi
Votre méthode, précisément parce qu'elle est
nouvelle et qu’elle s'attaque à une routine séculaire,
ne saurait manquer de rencontrer des obstacles et
des ennemis ; mais j'ose espérer qu’elle triomphera
tôt.ou tard et je vous souhaite ce triomphe #/ws tôt que fard. |
Je demeure bien sincèrement, Monsieur, votre
très-humble serviteur,
A. NANTEL, Supérieur de Sainte-l'hérèse,
Séminaire de Sainte-Thérèse, le 25 décembre 1874. Monsieur,
Je vous remercie de la proposition que vous me faites par votre lettre du 23 courant; mais je regrette de ne pouvoir, pour le moment, la mettre devant notre conseil ; car j'ai tout lieu de croire qu’elle serait rejetée. Dans ce cas, je pense qu’il vaut mieux attendre de peur de tout risquer par trop d’empressement.
Votre triomphe viendra, j'en ai l'assurance, mais l'heure n’en est pas encore arrivée ; il y a tant de préjugés à vaincre. Il est si difficile de briser le vieux moule des études classiques. En attendant le succès que je désire et que j'espère, je vous souhaite de persévérer dans vos efforts.
Tâchez, s’il vous est possible, d'éveiller et de “fixer l'attention publique. Je ne crains rien autant que /a conspiration du silence qui semble se faire aus la presse sur votre système. Il faudrait gagner
l'opinion Publique ; ; alors, votre système entreraït, bon gré, mal gré, dans les colléges.
Une discussion dans les journaux de Québec et de Montréal vous donnerait l’occasion de faire connaître vos idées qui ne demandent qu’à être connues pour faire leur chemin.
Soyez sûr que je ne néglige aucune occasion de vous faire connaître et de prêcher autour de moi la réforme que vous demandez.
Je demeure bien respectueusement, Monsieur, votre très-humble serviteur,
A. NANTEL, prêtre.
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Première épreuve du Système
Extrait du journal l'Evénement
L'assistance qui se trouvait hier à la séance du professeur Leroy, était nombreuse et choisie. Tous ceux qui s'intéressent au progrès de l'éducation dans notre ville et dans le pays, s’y étaient rendus. L'intérêt était piqué à un haut degré. Le système du professeur, faisant faire aux jeunes élèves des progrès extraordinaires en peu de temps, n’a pas : manqué, d’abord, on le sait, de soulever des critiques ; remis à neuf devant le public, il ressuscitait les commentaires favorables et défavorables.
La réunion était choisie. On y remarquait :
M. le grand-vicaire Hamel, recteur de l’Université Laval ; le Rév. Père Resther; MM. les abbés Laliberté, Papineau, Trudel, Matte et Marcoux ; les honorables MM. Panet, Ouimet et Cauchon ; M. Delagrave, Recorder ; M. Giard, député-surintendant de l'instruction publique, M. Casgrain ; MM. les doctéurs Lemieux et LaRue, professeurs de l’Université ; M. Juneau, inspecteur d'écoles ; MM. Létourneau et Lacasse, professeurs à l'Ecole normale ; M. le protonotaire Burroughs ; M. Louis Bilodeau ; MM. P. Légaré, Larue, Cyrias Pelletier et Montambault, avocats, et un grand nombre d’autres dont les noms nous échappent. Les dames formaient une portion notable de l'auditoire.
On a été fort surpris de voir les connaissances considérables acquises en trois mois par les jeunes élèves. Le professeur les a soumis à. un examen :
sévère sur les branches qu'ils avaient étudiées, et tous ont fait preuve d’un savoir solide et raisonné.
Les partisans du nouveau système: sont revenus enchantés du succès de l’épreuve, et ses adversaires déclarés n’ont pu s'empêcher de dire que le résultat était étonnant.
École de M. Leroy
(Extrait du Youwrnalde l'Instruction Publique.)
Nous avons déjà parlé, dans un précédent numéro, de la méthode d’enseignement de M. Leroy, Depuis le mois de septembre, M. Leroy a eu, sous de M si d’'éction, une ciasse assez nombreuse pour lui exige permeiie de faire l'application à peu près complète dire Ce son sysriue, Le 2 novembre dernier, il invitait tout ; Je public À u” ;'remier examen de ses élèves. lui se Nous avons déjà eu l’occasion d'affirmer la cor: profe: fiance que nous avions dans ce systéme. Nous lent s sommes heureux de constater, par les résultats: par la obténus aujourd’hui, ‘que cette confiance avait sa: fois m raison d’être et que Îles faits l’ont pleinement jus recom tifiée. s'impc Les élèves, après trois mois d'étude, ont fait des: thèmes et des versions avec plus de facilité et 5 moins de fautes que les élèves d’une année ordi: REM naïre. L'application de cette méthode à la langue bec rer française et, de fait, à toutes les autres langues, termes produit des résultats également satisfaisants. journa: L'auditoire extrêmement nombreux qui avait Voici
répondu à lPappel de M. Leroy, a su témoigner, par
Se
PAU OAIR de
ses applaudissements, son admiration pour le cou»
é, rageux professeur qui, possesseur d’une grande us idée, a travaillé sans relâche à la mettre au jour, es sans se laisser abattre par le zèle inconcevable al- qu'ont déployé certaines personnes dans le but d’étouffer cette idée et de l'empêcher de se produire dans tout son éclat.
M. Leroy a maintenant donné les preuves qu'il avait promises et son succès final ne présente plus M de doute aux yeux des personnes compétentes et M impartiales. Nous n'en voulons d’autre preuve que l'approbation flatteuse de M. le grand-vicaire nu- (M Hamel, recteur de l’Université-Laval.
0Y» Le seul reproche que l’on puisse faire au système ous de M. Leroy, c’est la somme énorme de travail qu’il lui exige de la part du professeur. Mais il est juste de ète dire que M. Leroy se trouve dans des circonstances tait tout à fait spéciales et qu il est obligé de faire, à lui seul, ce qui dévrait être réparti entre plusieurs on” professeurs. Nous ne doutons pas que cet excelous M lent système ne soit, dans quelques années, adopté tats À par la plupart de nos maisons d'éducation. Une
fois mis en opération, il n’aura plus besoin d’être recommandé ; il a en lui-même un mérite qui s'impose dès le premier essai.
REMARQUE. —Le Canadien et le Journal de Queébec rendirent également compte de l'examen en termes élogieux ; mais les articles de ces deux journaux sont trop longs pour être reproduits. Voici seulement la lettre que le Rév. M. Nantel écrivit, à cette occasion, à l’honcrable député de:
MAD Québec-Centre, M. Cauchon, lettre que M. Cau- |
thon me communiqua dans le temps et dont il me*
laissa prendre copie.
Lettre de son Nantel à l'hon. M. Oauchon
Monsieur,
Vous pouvez croire que j'ai lu avec le plus vif intérêt votre compte-rendu de l'examen Leroy. J'ai applaudi de tout mon cœur au résultat obtenu qui ne m'a pas surpris du reste, car je le prévoyais et l'attendais. Ce succès n’est que le prélude de succès plus grands encore qu’un nouvel examen permettra de constater.
En attendant, si j'en juge par ce qui sè passe autour de moi, les préjugés cèdent peu à peu devant l’évidence des faits et l’on admet au moins les principes de la nouvelle méthode. Cependant il faudra lutter longtemps encore pour obtenir un triomphe définitif : routine est si tenace. On craint tant de briser le moule séculaire de l’enseignement classique, comme si le temps que l’on épargnerait sur l'étude des langues anciennes ne pourrait pas être employé plus utilement à la lecture et à l’étude de l’histoire, des sciences et de la philosophie.
. Continuez donc d'occuper l'attention publique de cette question si importante de la réforme; quand l'opinion sera formée, il faudra bien que les colléges entrent, bon gré, mal gré, dans de nouveau système.
En attendant le plaisir de vous voir; je vous prie de me croire, Monsieur, votre très-humble serviteur,
NANTEL. prêtre.
Lettre de M. Tremblay à M. Leroy gs
à Québec, le 29 janvier 1875...
Cher Monsieur,
La lettre ci-jointe de M. le Grand-Vicaire Ra-cine, de Chicoutimi,. vous prouvera que votre sys-tème d'enseignement est bien accueMli par les véri-tables amis de l’enseignement.
Votre tout dévoué,
P, TREMBLAY, Député de Chicoutimi:
Lettre de M. Racine à M. Tremblay Cher ami,
J'arrive de-Sherbrook et je viens de recevoir ta lettre et les travaux de M. Leroy. Grand merci pour le tout.
J'ai lu avec une sérieuse attention les écrits de M. Leroy sur le mode d’enseignement qu'il:s’eft. force de faire adopter. Ayant trouvé dans som système plusieurs choses que je trouve très-propres: à faciliter l'étude aux enfants et à leur rendre plus agréable, j'ai obligé un des professeurs du collège de Chicoutimi d’en faire l'essai dans sa classe. Ce monsieur m'a répété, à plusieurs reprises, qu’il était satisfait des améliorations apportées.
Si nous réussissons cette année, je tâcherai de faire un pas de plus l’an prochain.
‘Tout à toi, L. RACINE, Supérieur du Collége de Chicoutimi...
Deuxième épreuve du système
Extrait de journal l'£vénement, 17 avril 1875.
Monsieur le rédacteur,
Tous ceux qui ont assisté à l’examen des élèves de M. Leroy, mercredi soir, ont dû se convaincre que sa méthode d’enseignemént est supérieure aux méthodes généralement: suivies dans les colléges pour l'étude des langues mortes. Quoi de plus extraordinaire en effet que de voir, après six ou sept mois d’études, des enfants traduire César et d’autres auteurs plus difficiles encore, Voilà ce qu'on peut appeler un succès étonnant.
Après avoir vu comment procède M. Leroy, on est forcément obligé de reconnaître que le travail qui, au moyen du dictionnaire, prend üne heure et plus, peut être beaucoup mieux fait, et surtout plus rapidement, en suivant son système. Quel avantage pour l'élève de pouvoir immédiatement, et sans travail inutile, comprendre la pensée, d’ün auteur et la traduire exactement, étudier toute l’histoire d’un peuple et non pas quelques pages seulement.
Au lieu d’être pris de dégoût à la suite d’un tra-
vail long, pénible et infructueux, il s'attache nécessairement à ses études, et peut, grâce à cette
méthode, en quelques années, trois ou quatre seulement, apprendre le latin et le grec, sans avoir à
passer par ce cours classique si long et si fastidieux,
que nous connaissons tous. | Le mode, suivi dans la classe, est aussi bien pro-
pre à exciter l'attention et l'émulation des élèves. Si
celui qui est interrogé ne peut répondre, un autre