LES VOIES DE DIEU
Transition. — Après d'inutiles efforts pour faire triompher la vérité, après avoir vu ce qu'il en était, à quelle espèce d'hommes j'avais affaire, ayant enfin reçu de Taigent, je compris la nécessité pour moi de revenir en France où j'espérais que, ma cause étant celle de Dieu, je trouverais des auxiliaires; mais l'incrédulité de deux prêtres, connus à Nantes pour l'opposition systématique qu'ils ont faite à Sa Grandeur Mgr Fournier sur une question du même genre, ayant intimidé Mgr Lecoq, son successeur, il a craint sans douie de se compromettre et il m'a été impossible d'obtenir de lui que la chose fût sérieusement examinée. Les pages qui suivent montrent jusqu'où va l'abstention en pareil cas, et la difficulté qu'il y a, non pas seulement de se faire croire, mais même de se faire entendre. Oh ! c'est une singulière justice que la justice de tous ces braves gens î
La cause du mal
La vraie cause du mal dont souffre la société, est dans l'éducation, et la chose peut être prouvée,
(je l'ai prouvée) ; mais pour arriver plus tôt
au point capital de la question, supposons qu'il en soit ainsi ; supposons qu'en négligeant d'e'lever l'enfant pour la position seule qu'il doit occuper plus tard, on lance des générations'entières dans une fausse voie, croyez-vous qu'il soit humainement possible d'apporter remède à un mal qui s'est implanié depuis des siècles et sans qu'on sache trop comment la chose a pu se faire ? Pour moi, je ne le crois pas.
Le bien, dans cet ordre d'idées, ne peut évidemment se fciire que par le clergé ; c'est le seul corps organisé qui, dans sa conduite, se laisse, en général, guider par le vrai, et qui soit susceptible, à un moment donné,d'imprimer à l'humanité tout entière un mouvement d'ensemble. Mais qui pourra forcer le clergé d'obéir à un mot d'ordre dans une question où les avis peuvent être partagés ? Personne, si ce n'est Dieu.
Il faut une réforme, mais qui fera cette réforme ? Ce n'est pas une chose facile. Car enfin, pour exécuter un pareil travail, pour mettre tout le monde d'accord, il faut poser des principes, composer des ouvrages ; il faut posséder les détails et connaître l'ensemble ; il faut avoir l'expérience des hommes et de la vie, et, surtout, être exempt d'idées préconçues.
Supposons que, pour résoudre cette question, on mette ensemble un certain nombre de professeurs, de ces hommes qui ont toujours vécu, tranquillement assis entre leurs élèves et leurs livres, en admettant qu'ils puissent s'entendre, chose qui me paraît douteuse, croyez-vous qu'une réforme ainsi faite
répondrait à tous les besoins d'un peuple ? et. d'ailleurs, quel mo^-en auraient-ils de la faire accepter?
De'jà, il y a quelques années, la question a été soulevée en France et au Canada ; on a discuté pour ou contre les autres païens. Qu'en est - il résulté ? qu'on n'a pas pu s'entendre et c'était facile à prévoir.
Non, non, la réforme ne se fera point ainsi; et l'histoire de l'humanité est là pour dire que jamais le progrès, sous toutes ses formes, n'est dû à un groupe d'hommes ; il vient toujours de quelques individus isolés qui travaillent à l'écart et avec mission. Qua-nd le moment, pour eux, est venu de paraître, la Providence les conduit ou ils doivent être et leur montre ce qu'ils ont à faire.
Diminuer les charges des parents ; simplifier le travail des enfants ; rendre l'éducation pratique ; éviter l'encombrement de certaines positions ; multiplier, en les facilitant, les vocations qui exigent de l'homme un entier dévouement ; établir une école-modèle qui puisse servir de type pour la réforme générale ; organiser une oeuvre qui ait pour but d'élever les enfants pour rien : voilà ce qu'il faut faire, et j'ai montré que Dieu avait tout préparé pour que la chose eût lieu.
En somme, toute la question est là : Dieu veutil ou ne veut-il pas qu'il y ait une réforme dans l'enseignement ? Ai-je ou n'ai-je pas mission de faire cette réforme? Si je puis établir, par des miracles, qu'il en est ainsi, vous êtes tenus de m'obéir sur ce point-là. Vous m'objecterez peut-être que je ne suis point un saint, je le sais mieux que vous ; mais je vous répondrai à cela que Louis XIV ne
rétait pas non plus, et on voit cependant, par la révélation de la bienheureuse Marguerite-Marie, qu'il avait à remplir une mission de premier ordre. La volonté de Dieu est immuable et la mission d'un homme ne change pas parce qu'il la méconnaît. Et, d'ailleurs, quelle part de responsabilité revient-il à chacun de nous dans la grande bataille de la vie? C'est assez difficile à dire, et, dans le cas présent, on doit admettre que quatre cents messes ont pu rétablir l'équilibre.
Il y a miracles st miracles
Quant aux miracles considérés en eux-mêmes, je vous dirai qu'ils sont de deux sortes : il y a des miracles co^me ceux qui sont arrivés à' Lourdes, quand Bernadette parlait à ia Vierge sans que personne l'entendît chose qui, paraît-il, l'étonnait fort ; il y en a d'autres qui sont, pour ainsi dire, des miracles matériels, visibles à l'œil nu, et destinés, en certains cas, à prouver les premiers.
La grandeur d'un miracle ne dépend pas du nombre des spectateurs qui le voient, ni même de ceux qui peuvent le constater. Car, alors, il faudrait dire que les visions de Jeanne d'Arc et celles de la bienheureuse ^larguerite-Marie n'étaient pas des miracles de premier ordre. Et, en effet, les preuves extérieures qu'elles en ont données, étaient si peu visibles que l'on a brûlé la Pucelîe d'Orléans et que Louis XIV a dédaigné la révélation qui lui a été faite par l'amante du Sacré-Cœur.
. Aujourd'hui, on admet généralement la mission de Jeanne d'Arc ; mais qu'on se reporte à l'époque
où elle a ve'cu ; que l'on de'gage l'action directe '^ qu'une he'roïne de 19 ans devait nécessairement exercer à la tête d'une armée, et l'enthousiasme qu'elle devait exciter parmi les soldats, pour s'en tenir à ses inspirations, quel moyen avait-on de les contrôler en dehors de la preuve positive qu'elle en donna à Charles VII ? — Rien.
J'ai lu et relu, à plusieurs reprises, la vie de Jeanne d'Arc et celle de la bienheureuse Marguerite-Marie ; j'ai étudié avec soin quelle peut être, pour un philosophe, la valeur des signes extérieurs qu'elles ont donnés l'une et l'autre de leurs révélations ; et je dis que les preuves que j'apporte, sont plus claires et plus visibles.
Souvenez-vous donc que Dieu vous a dit ceci : z>os voies 7ie sont pas mes voies et vos conseils ne sont pas mes conseils. C'est à vous d'obéir à Dieu et non à Dieu de vous obéir.
Le doyen du chapitre de Nantes
C'est un mauvais système, pour faire triompher la vérité, de s'adresser à tout le monde ; et l'expérience du passé m'a fait comprendre que ce n'est point ainsi qu'il faut procéder. Quand, en effet, la vérité, de sa nature, est compromettante et qu'il y a danger à la reconnaître, chacun se dérobe et tâche prudemment de se mettre à l'écart. A Nantes, c'est votre principe ; vous vous dérobez. Que demain Mgr Lecoq cède à l'évidence ; après-demain, je n'aurai pas un contradicteur.
J'aurais désiré cependant que quelqu'un se présentât ponr discuter ]a question ; mais comme
tout le monde se tient sur la réserve et qu'on a mauvaise grâce, après cela, à parler contre la vérité quand je ne suis pas là pour la défendre, j'ai fait les premiers pas vers ceux qui ne voulaient pas venir à moi, et, sachant que M. AUard, doyen du chapitre, ne paraissait pas convaincu et le disait trop, je lui ai écrit directement pour lui faire une proposition qui, ce me semble n'avait pour lui rien de blessant. Mettez, lui ai-je dit, mettez à ma disposition la salle capitulaire, et, devant ces Î^Iessieurs, je vous forcerai, malgré vous, à reconnaître les miracles. Est-il possible, je le demande, d'agir plus franchement ?
M. AUard, ainsi mis en demeure, n compris qu'il s'était trop avancé et qu'il valait mieux reculer et il a reculé ; il m'a fait répondre que le jugement de cette affaire ne le regardait pas et qu'il fallait, pour cela, m'adresser à Mgr Lecoq. C'est là une réponse qui paraîtra raisonnable à bien du monde et que cependant je ne puis accepter, parce que Mgr Lecoq pourrait m'en dire autant et m'envoyer à Rome où je sais que je me heurterais à des difficultés insurmontables. Ignorez-vous qu'à Rome les prêtres eux-mêmes ont peine à se faire entendre ?
Il est évident que si le Pape pouvait savoir et croire que j'ai véritablement un ordre à lui transmettre de la part de Dieu, et que, de cet ordre, dépend le salut de la société, il me recevrait à bras ouverts et je n'aurais besoin, comme introducteur auprès de lui, ni de M. AUard, ni même de Mgr Lecoq ; mais le Pape est un souverain qu'on n'aborde pas comme on veut, et ceux qui avaient d'abord mission de recevoir la grâce, ne l'ayant pas
reçue, leur incre'dulité est devenue le véritable obstacle au triomphe de la ve'rité ; voilà pourquoi il faut que cette vérité soit examinée et reconnue ailleurs qu'à Rome pour avoir quelque chance d'être, un jour, sérieusement examinée et reconnue à Rome ; et la chose ne peut se faire qu'ici où je suis connu de vous et oii je vous connais tous.
Adressez-vous à Mgr Lecoq, dit M. Allard. C'est bien mon intention ; mais comme Mgr Lecoq est l'homme de la Providence et qu'il a été envoyé à Nantes par un dessein particulier de Dieu ; qu'il y aurait danger, si je m'adressais immédiatement à lui, qu'il se laissât tromper par les apparences, et qu'il prît, en face de la vérité, une position dont il ne pût pas revenir, je préfère, pour l'insi.ant, qu'il assiste à la discussion en spectateur désintéressé.
Quant à vous autres, ]\[essieurs, ce n'est pas vous humiher, je suppose, que de vous faire connaître la volonté de Dieu ; que de vous demander, en son nom, de vous mettre à la tête d'une réforme sociale, de rendre à la France et au monde un inappréciable service qui fera bénir votre nom en tous lieux. Loin d'affaiblir votre autorité et de diminuer votre action, l'acte de foi que Dieu vous impose, est, pour vous, une question de vie ou de mort ; vous ne pouvez triompher de vos ennemis qu'à cette condition. Veuillez donc ne pas nie regarder comme un étranger et tâchez, s'il est possible, de considérer la mort de Son Exe. ^Igr. Conroy pour ce qu'elle est en réalité : un signe miraculeux que Dieu vous donne pour que l'incrédulité des autres ne vous influence pas.
Seul, je ne puis rien ; avec vous, je pourrais
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tout ; mais, par contre, sans moi, sachez-le bien, sans moi, vous ne pouvez rien. Car je suis pour vous la force de Dieu. Ne me dédaignez pas trop.
M. Sotin et M. Beuchet
L'argument que je donne comme preuve de la mission que je dis avoir, est d'une force e'crasante, et personne de ceux que je connais intimement parmi les prêtres, et avec qui j'ai pu m'expliquer librement, n'ose dire catégoriquement qu'il n'y a pas miracle ; mais comme ils ont peur de se mettre sur les bras une méchante affaire et qu'ils ne comprennent pas au juste quelle est leur responsabilité, ils font tous, avec leur conscience, un de ces compromis que Dieu n'accepte pas et que je n'accepte pas non plus parceque^ dans l'intimité, j'ai réduit au silence tous les contradicteurs.
Le premier des prêti-es que j'ai vu, celui sur lequel je comptais le plus pour me venir en aide et qui sera puni pour ne pas l'avoir fait, est M. Sotin, curé de Vertou. M. Sotin était déjà au courant des choses puisque, du Canada, je lui avais envoyé, à plusieurs reprises, des documents nombreux. C'est un homme habile qui a immédiatement compris qu'il ne fallait pas trop s'avancer et qu'il pourrait se compromettre à soutenir contre sept évêques un laïc qui, humainement parlant, n'est rien. C'est étrange ! a-t-il dit, mais cela ne suffit pas. Or c'est précisément là qu'est la question. Vous prétendez, vous, que la preuve que j'apporte, quoique très-forte, ne suffit pas, et moi je dis qu'elle est plus que suffisante ; dès lors, le doute étant admis, il y a lieu de
discuter la chose. Puisque vous-même. ^I. Sotin, en réponse à une 'de mes lettres, m'e'criviez naguères que vous ne compreniez pas qu'on refusât de m'entendre ; qu'on ne pouvait juger sans connaître ni connaître sans avoir examine', e'tudie' .... (ce sont vos propres paroles,) d'où vient, dites-le-moi, d'où vient qu'aujourd'hui vous refusiez la discussion que je demande? Vous prenez, en face delà vérité, une position fausse que vous ne pourrez pas soutenir. L'exemple de ce qui est arrivé au Canada, devrait pourtant vous éclairer. Mais laissons là M. Sotin et passons au Père Beuchet.
M. Beuchet, ancien professeur à l'Externat, est un homme très-intelligent, et personne n'en doute ; mais, par exemple, il est loin d'être crédule pour tout ce qui est miracle. J'oserais même dire qu'il ne l'est pas assez. Eh bien ! M. Beuchet lui-même, après avoir entendu de ma bouche l'exposé des faits, AI. Beuchet m'a dit ceci, et j'en lève la main devant Dieu : vous pouviez croire au miracle, mais vous n'auriez pas dû en parler. Et pourquoi donc M. Beuchet ? — Depuis, j'ai revu ^L Beuchet qui s'est ravisé. Oh ! ce n'est plus le même homme ; il a complètement oublié ses premières paroles. Comment ! dit-il, on sera donc obligé de croire en vous et de vous obéir ? — Certainement, 'M. Beuchet, et pourquoi pas ? Je suis bien obligé, moi, pour me sauver, de croire en vous et aux incroyables prérogatives dont vous jouissez comme prêtre. Après tout, vous n'êtes qu'un homme comme moi et je suis, comme vous, racheté du sang de Jésus-Christ. La mission d'un homme ne dépendant pas de ses vertus, puisqu'elle est fixée d'avance, je ne trouve
pas plus extraordinaire, si la chose est, Ce dire de moi ce que j'en dis cjue de vous entendre dire, à vous, que, chaque jour, vous avez le jiuuvoir, d'un niot, d'opérer le plus éionnant detO'JS les jjrodiges» On n'en voit rien à l'extérieur, et, vous-mêmes, vous n'en avez pas conscience. Vous oubliez tro]). Messieurs, que pour implanter dans le monde ces vérités qui l'ont transformé, il a fallu le sang de milliers et de milliers de martyrs et que le prestige <]ui vous entoure, sinon partout, du moins dans les pays catholiques, vous le devez à d'autres qu'à vous. Yous récoltez sans peine ce que les apôtres et les saints ont péniblement semé dans les souffrances et dans les larmes. Votre inlluence vient d'eux, de de ces hommes qui ont volontairement cor.senti à être bafoués et tués pour la \-ériîé. S ms eux, vous ne seriez rien, — rien.
Croyez-vous, par exemple, (-ue si les Nantais n'avaient jamais entendu parler de la confession et de la messe, et qu'un prêtre, avec le j «ou voir qu'il a, arrivât soudainement à Nantes, sans être attendu, pour annoncer ces vérités-là, croyez- vous qu'il aurait beaucoup de succès et ne pensez-vous pas, au contraire, qu'on se moquerait de lui. Pour moi, je n'en doute pas. Car les hommes de tous les temps se sont toujours montrés rebelles aux vérités surnaturelles. La croix du Christ et le bûcher de Jeanne d'Arc le prouvent surabondamment.
A M. Bo/.tin maintenant.
Bov.tin le savant.
M. Boutin, diacre d'office à la Cathédrale, est un excellent prêtre et un homme remarquable,
mais qui a généralement vécu à l'écart. Il aime, il adore les livres, et, dans le clergé, il est connu sous le nom de Boiitiu le savant. Jadis, au Séminaire, il était le premier de son cours et il méritait, par ses talents, d'occuper un poste plus élevé que celui qu'il a; mais, ayant abandonné le ministère actif, il est revenu à ses chères études ; c'est un bénédictin qui vit simplement et sans ambition. Peutêtre est-il un peu timide et je crois qu'il a peur du qu'en dira-t-on ; mais il a l'esprit juste et sa doctrine est sure.
M. Boutin a conservé l'humilité, cette qualité précieuse qui fait qu'on reste abordable au commun des mortels, et qu'on ne juge pas de toutes choses avec une morgue insupportable. Il examine les questions, permet qu'on les discute et ne se prononce qu'en connaissance de cause. N'ayant point de situation à m^énager, il donne raison à qui à raison et tort à qui à tort. A mon retour d'Amérique, je suis allé lui rendie visite i:our savoir comment lui que je connaissais, envisagerait la vérité. Il m'a écouté en homme qui comprend la gravité de la chose, et voici le jugement qu'il a porté après avoir lu mes livres et m'avcir entendu moimême : on ne peut nier, n-t-il cir, qi:e toutes les probabilités ne soient en votre faveur et que la mort de Son Excellence i^Jgr. Conroy, entourée des circonstances que vous mentionnez, n'ait étonnamm.ent les apparences d'un miracle. Je sais bien que I\L Boutin cherche à revenir en arrière et qu'il craini d'en avoir trop dit ; mais ce qui est dit est dit et avec moi on ne recule pas.
Au reste, M. Boutin ne s'est pas borné à cela ;
il a été beaucoup plus loin. Voyons ! M. Boutinj lui ai-je dit, vous qui connaissez la question, qui l'avez étudiée, si vous étiez le Pape et que je vinsse à vous demandant justice au nom de Dieu, M, Boutin, que feriez-vous? — Je serais fort embarassé, a-t-il répondu. — Comment M. Boutin, voici laïc, un sim]jle laïc, sans autorité et sans influence, qui dit avoir mission de Dieu et qui, chose peu ordinaire, met en cause des évêques, plusieurs évêque?, qu'il accuse d'avoir manqué à leur devoir, et vous prêtre, après avoir examiné la question, voiis dites que, si vous aviez à la juger, vous seriez très-embarassé ! Mais c'est la reconnaissance formelle, quoique tacite, de la vérité. Et ne venez pas dire que vous n'avez pas tenu ce langage. Car, sur mon salut éternel, je jure devant Dieu que vous l'avez tenu et je vous mets au défi de répondre à mon serment par le sernient contraire. Ah mais ! ne plaisantons pas ; il s'agit de choses graves, et si vous ne voulez pas être condamné au tribunal de Dieu par vos paroles mêmes, il faut que vous ayez le courage de votre opinion. ,Vos paroles sont les paroles d'un . honnête homme qui voit la vérité et qui la reconnaît ; elles vous seront payées cher, mais il faut les maintenir.
Maintenant réunissons en faisceau les diverses appréciations. Mr Constant dit : c'est fort ; Mr Sotin : c'est étrange ; Mr le chanoine Hubert : c'est extraordinaire, il se peut qu'il y ait miracle ; ]\Ir Beuchet : vous pouviez croire au miracle, mais vous n'auriez pas dû en parler ; Mr Boutin : il est impossible de nier que cette mort n'ait étonnamment les apparences d'un miracle.
Et vous hésitez à reconnaître la vérité ! Mais pour que vous parliez ainsi, vous prêtres, les choses étant ce qu'elles sont, il faut que la vérité saute aux yeux, qu'elle soit absolument certaine. Prenez garde ! Car Dieu suit de toute sa puissance celui qui combat avec mission pour la vérité, et, si vous persistez dans votre incrédulité, j'ose dire que vous allez être terriblement punis. Au reste, je crois que Dieu a déjà commencé à frapper. La mort subite de Mr Jahan, à St. Stanislas, me parait singulière.
L'eau de Lourdes
Quand les premiers miracles ont eu lieu en 1876 et en 1877, j'ai cru, d'abord, que l'action providentielle n'intéressait que le Canada et que le reste du monde ne devait pas immédiatement en profiter ; mais quand, en 1878, j'ai eu la clef du mystère et que j'ai enfin compris qu'il s'agissait d'une grâce éclatante et générale, ayant un double but, la réforme sociale par l'éducation et la conversion des protestants, je me suis dit, en moi-m^ême, que, ])uis(iu'il tn était ainsi, il fallait nécessairement, Dieu étant l'être logique par excellence, que tous les évér.ements naturels et surnaturels convergeassent vers ce point central et que, par conséquent, il ('cxaii y n\r)ir une relation entre les diverses mani; fest.ii;»'!;-^ de- sa toute-jjuissante bonté à notre époci-if ; < il; 'elles entraient toutes dans le même plan provnic r.lit 1.
C'o î. t-;; jiaitai.t de ce principe, que, dans un livre (jiii a clé publié à Québec, en 1878, et dont il ne i:iv-: reste {lius qu'un exemplaire, j'ai cru devoir