‹ La Clef du mystèreChapitre 18 sur 23 · GI · texte numérisé non relu

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rattacher aux miracles du Canada l'e'tonnant prodige par lequel Mme Guerrier a e'té subitement gue'rie à Lourdes en Septembre 1877. Ce miracle, un des plus incontestables qui aient eu lieu depuis longtemps et surtout un des plus faciles à établir, a e'té longuement raconté sur Y Univers ^-àx M. Henri Laserre. Il présente cette particularité remarquable que jVIrae Guerrier n'a recouvré la santé qu'au moment ou la Sainte Hostie a reposé sur sa langue ; ce qui semblerait indiquer que l'eau de la fontaine n'est qu'une figure de cette eau mystérieuse dont parlait le Sauveur à la Samaritaine, et qu'elle tire sa vertu réelle de la messe. Ce qui m'a confirmé dans cette opinion, a été la guérison miraculeuse du jeune Morin, arrivée à Québec, le dimanche des Rameaux de l'année 1878. Dans cette guérison, l'eau de Lourdes n'est évidemment que le moyen extérieur et sensible ; la guérison est due à une messe et j'aurai occasion plus tard de le prouver clairement.

Quand je fais dire une messe, non pas pour que telle ou telle chose arrive, mais pour que la volonté de Dieu soit connue et faite, sans qu'il me soit toujours possible de constater l'effet produit, je sais qu'il est considérable et que, par cette messe, je réduis mes ennemis à l'impuissance. Croyez-moi, servez-vous de la messe ; c'est une arme redoutable, et quand le démon inspirait aux Anglais protestants l'exécrable serment du Test^ il savait déjà que c'était l'arme avec laquelle, un jour, il serait frappé, et

dont on se servirait contre lui pour détruire son empire. Voilà pourquoi il est dit de lui qu'aux derniers jours du monde, dans la personne de l'Ante'christ, sans doute pour punir l'humanité de son incrédulité à cet égard, il obtiendra de Dieu le pouvoir d'empêcher le Sacrifice Perpétuel d'être offert en aucun lieu de la terre. Comment cela se fera-t-il, je l'ignore ; mais la chose est prédite et j'en vois la raison.

L'étoile de Pontmain.

La Salette, Lourdes et Pontmain : voilà quelles sont, à notre époque, et plus spécialement pour la France, les trois grandes apparitions de la Vierge. Elles sont toutes aussi certaines les unes que les autres, et j'augurerais mal d'un catholique qui voudrait les nier. Je vais plus loin et je dis qu'un homme, quel qu'il soit, qui n'est pas un malhonnête homme ou un imbécile, les admettra après un examen sérieux ; mais il en est une, entre les trois, qui, par elle-même, et dégagée des circonstances qui l'entourent, offre, s'il est possible, une certitude plus incontestable : c'est celle de Pontmain. J'ai lu, avec attention, l'enquête minutieuse qui en a été faite par l'autorité diocésaine, et je ne crois pas qu'un philosophe puisse jamais asseoir son juge- 3-nent sur des preuves plus fortes et plus inattaquables. L'apparition de la Vierge à Pontmain défie la critique la plus malveillante.

Eh bien, il y a, dans cette apparition, une circonsstance miraculeuse qui, jusqu'ici, n'a pas encore reçu d'explication : c'est le fait de cette étoile qui

s'élance des pieds de la Vierge, allume quatre flambeaux et reste ensuite immobile au-dessus de sa tête. Dans le langage allégorique, l'étoile, comme au reste on peut le voir par le songe de Joseph, et, d'ailleurs, c'est une chose admise par tous les commentateurs, rétoile désigne l'homme et, plus particulièrement, l'homme éclairé de Dieu. Par conséquent, cette étoile qui allume des flambeaux, désigne un homme, un homme qui doit venir, avec une mission providentielle, proclamer la vérité et confondre l'erreur. Or, ou est cet homme ? et, quel qu'il soit, quand il viendra, pensez-vous qui lui soit facile de se faire croire ? Mais, direz-vous, seriezvous cet homme ? Et pourquoi pas moi aussi bien qu'un autre ?

J'ai hésité longtemps à vous dire crûment les choses ; mais enfin, quand on est à bout d'arguments et qu'on a inutilement employé tous les moyens pour convaincre les gens, il faut nécessairement alors, sans se laisser arrêter par une humilité mal entendue qui nuirait à la vérité et l'empêcherait de triompher ; il faut, en dégageant des miracles le peu qui appartient à l'homme, il faut en venir à cette preuve qui, d'un miracle évident et reconnu comme tel, peut amener l'incrédule à admettre un autre miracle qu'il voudrait nier. C'est ce que fit autrefois Jeanne d'Arc quand elle voulut persuader à son oncle qu'elle avait la mission, pas mal invraisemblable pour une jeune fille ^ de se mettre à la tête des armées de la France et qu'elle lui rappela cette vieille prophétie qui la concernait et qui disait : que la France^ perdue par unefenwie, serait sauvée par une vierge Partie des Marches de Lorraine.

Faisait-elle acte d'orgueil en disant cela ? Non, puisque c'était vrai.

Dieu, ^Messieurs, ordonnateur suprême de tout ce qui existe, prépare, longtemps à l'avance, et par des prodiges indéniables, les intelligences rebelles à faire l'acte de foi qu'il exige d'elles et qui est, pour les individus comme pour les peuples, la condition essentielle de leur salut. C'est pour cela qu'en éclairant une âme, il lui découvre les rapports cachés qui existent, souvent à de longs intervalles, entre deux faits de l'ordre surnaturel qui paraissent, au premier abord, n'avoir entr'eux aucune relation et qui, rapprochés l'un de l'autre, se prêtent ensuite une mutuelle clarté.

Li'x\pocaiypse

Après la mort de Son Excellence ^^Igr Conroy, quand j'ai eu bien compris ce dont il s'agissait ; quand j'ai vu que, par la volonté de Dieu, j'étais investi d'une semblable mission ; que tout le monde, même le pape, était obligé de m'aider ; qu'un ange de Dieu combattait pour moi et frappait mes ennemis, je me suis dit qu'une pareille chose, une chose si invraisemblable, devait être indiquée dans l'Apocalypse, et, en m'aidant des lumières que j'avais reçues, en mettant à profit celles des autres, j'ai trouvé, ou du moins je crois avoir trouvé, dans le livre inspiré, d'abord les passages qui se rapportent à notre temps, et, ensuite, dans ces passages, le verset même qui, à mon sens, désigne le miracle d'Œdipe et un autre verset qui s'appUque parfaitement à la mort de Son Excellence ~Mgr Conroy.

Voici d'abord le premier passage, celui qui se rapporte à l'Eglise conside're'c comme corps :

Angelo Philadelphie Eccles\x scribe : hxc dicit Sanctus et Verus, qui habtt clavem Davidis ; qui aperit et nemo claudit ; claudit et nemo aperit.

Scio opéra tua. Ecce dedi ■ràm te ostium apertum, liod nemo potest claudere ; .lia modicam habes virtujm et servasti verbum meum, : non negasti nomen meum .

Ecce dabo de synagoga Sa-

tancc, qui dicunt se Judœos et

non sunt, sed mentiuntur :

cccc faciam illos ut veniant,

i adorent ahtepedes tuos, et

.ient quia ego dilexi te.

Quoniàm servasti verbum

patientiLx: vncx, et ego sevvabo te ab hoiâ tentationis quce Ventura est in orbem universum tentare onines habitantes in terra.

Ecce venio cito ; tene quod habes, ut nemo accipiat coronam tuam.

Qui vicerit, faciam illum columnam in templo Dei mei et foras non egredietur ampliùs ; et scribam super eum nomen civitatis Dei mei novce Jérusalem quœ descendit a Deo meo et nomen meum novuQi.

Qui habet aures audiendi, audidt quid Spiritus dicr.t Ecclesiij.

Dans ce passage, tout est indiqué : la grâce et la nature de la i^ràce. £a clef de David : c'est le mystère qui a été pénétré ; la poi'te ouverte que personne ne peut fermer : c'est cette importante érité que Dieu lui-même a, pour ainsi dire, atteste, de nouveau, en frappant Son Exe. Mgr Conroy ; qui ne peut plus être étouffée par personne ; les Juifs qui se convertissent : ce sont tous les hérétiques qui doivent revenir à la vraie foi ; l'heure de la grande tentation qui approche: c'est la venue de l'Antéchrist qui n'est pas très-éloignée puisqu'il n'v ^.ura plus que dix papes d'ici la fin du monde ; et

f écrirai sur lui mon noin notiveaii. N'est-ce pas Ib l'indication bien claire du miracle d'Œdipe, nom mystérieux qui montre clairement qu'il y avait du vrai dans la religion des Anciens, comme, au reste, l'avait suppose' le comte de Maistre ?

L'ange de l'alliance

Voici m^aintenant un autre passage qui figure la même grâce, non plus considére'e dans ceux qui doivent la recevoir, mais dans l'ange qui l'apporte au monde :

Et vidi alium angelum forîem descendentem de cœlo amictum nube et iris in capite ejus, et faciès ejus erat ut sol, et pedes ejus tanquam columnce ignis.

Et habebat in manu sua

•libellum apertum, et posuit

pedem suum dextriim super

mare, sinistrum autem super

terram .

Et clamavit voce magna, quemadmodùm cùm leo rugit. Et quumclamassetjlocuta sunt septem tonitrua voces suas

Et ciim locuta fuissent septem tonitrua, ego scripturus erara ; et audivi vocem de cœlo dicentem mihi : Signa quae locuta sunt septem tonitrua et noli ea scribere.

D'après Hohhanzer, le mot

tonitrua s'applique aux évêques qui sont armés des foudres spirituels.

Et angélus quem vidi stantem super mare et super terram, levavit manum suam ad cœlum : Et juravit per viventem in scecula sœculorum, qui creavit cœlum, et ea quae in eo sunt ; et terram et ea qux in eâ sunt ; et mare et ea quœ in eo sunt : quia tempus non erit ampliùs .

Sed in diebus vocis septimi angeli, quum cœperit tuba canere, {il s'agit ici de V Antéchrist, ) consummabitur mysterium Dei,sicut evangelizavit per serv'os suos prophetas.

Et audivi vocem de cœlo iterùm loquentem mecum et dicentem : vade et accipe libmm apertum de manu an-

geli stantis super mare et super terram.

Si Jean représente la personne morale de V Eglise et il est à supposer^ d'après ce verset, que quelqu'un avertira le Pape et le mettra au courant des choses .

Et abii adangelum,dicens ei ut daret mihi librum. Et dixit mihi : accipe librum et dévora illum ; et faciet amaricari ventrem tuum, sed in ore tuo erit dulce tanquàm mel .

Et accepi librum de manu angeli, et devoravi illum ; et

erat in ore meo tanquam mel dulce ; et quum devorâssem eura, amaricatus est venter meus.

Le ventre désigne sans doute la partie inférieure de V Eglise, tous ces sages qui ont systématiquement -méconnu la vérité et dant la position sera pas mal embarassante quand elle aura triomphé, ce qui ne peut manquer d'arriver tôt ou tard.

Et dixit mihi : Oportet te iterùm prophetare gentibus et populis et linguis et regibus multis.

Le sceau de Dieu

Je vais d'abord prouver que ce passage se rapporte à notre époque : et, pour cela, j'invoquerai l'autorité d'un saint religieux, Holzhauser, dont plusieurs prédictions se sont réalisées, et qui, commentant l'Apocalypse, applique à Luther et aux protestants la fin du chapitre IX ; et celle de sainte Hildegarde, la prophétesse de l'Allemagne, dont les révélations ont été lues et approuvées, en séance solennelle, par Saint Bernard et le pape Eugène III, Or, d'après les détails pleins d'intérêt que sainte Hildegarde donne sur l'Antéchrist et sur les deux hommes, Hénoch et Elle, qui doivent le combattre et qui, pour cette fin, jouiront d'un pouvoir surnaturel, il appert clairement que le commencement du chapitre XI les concerne et

doit leur être appliqué. Par conséquent, "ie chapitre X se rapporte à nous et à notre temps.

Et autant qu'il m'est donné de le voir, voici en quels termes la mort de Son Excellence Mgr Conroy est figurée : St'j^/ici quœ locuta siint septem tonitrua et noli ta scribere. Cette mort n'est-elle pas, en effet, en quelque sorte, le sceau de Dieu mis sur mes paroles, l'attestation solennelle et providentielle des miracles que les évêques canadiens unt méconnus ? Cette mort est une chose importante à plus d'un titre, mais, surtout, en ce qu'elle permet d'établir mathématiquement, et sur des bases nouvelles, qui sont philosophiquement indiscutables, la vérité de la religion catholique, la seule dans laquelle l'homme puisse se sauver. C'est cette révélation de la révélation que le comte de ]\Iaistre, avec son instinct prophétique, avait depuis longtemps prévue ; c'est cette grâce victorieuse destinée à éclairer les protestants, et, en vous plaçant entre eux et la vérité, vous ne savez pas, non, vous ne savez pas ce que vous faites ; vous prenez contre Dieu le parti de ses ennemis. Prenez garde ! Car, je l'ai déjà dit et je le répète, le péché contre le Saint-Esprit n'est pas pardonné : et je comprends, oui je comprends, qu'il en soit ainsi. Prenez garde !

Le péché contre le St Esprit

Quand Dieu demande un acte de foi, il faut le faire ; si on le fait, on se sauve : si on ne le fait pas, on se damne ; et c'est en cela, à proprement parler, que consiste le mystère de la prédestination.

Je n'ose trop le dire, mais, eu égard à la grandeur, au nombre et à l'importance des miracles, je crois que, dans le cas présent, quiconque ne se rend pas, est perdu, et, s'il en était autrement, si on pouvait impunément mépriser ses ordres, quel moyen Dieu aurait-il de se faire obéir ?

Ne vous y trompez pas; votre responsabilité est grande, elle est immense. Car vous avez à recevoir ou à refuser la grâce, une grâce de premier ordre, non pas seulement i)Our vous, mais pour la France, pour l'Eglise, pour l'humanité tout entière. Pour vous, le salut : c'est un acte de foi. Si vous ne le faites ))as, vous serez condamnés.

Ne comptez pas trop sur vos petites vertus.

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