SYNTHÈSE KABBALISTIQUE PAU
nisation des attributs et des lois n’a rien d’arbitraire pour la Kabbale :
Elle regarde en effet l'homme juste et sanctifié par Dieu, comme la créature la plus noble où palpite le mystérieux Incréé.
IL est naturel, par conséquent, d'offrir en symbole de toute organisation et rédemptrice harmonie l’être capable d'incarner, avec le plus de gloire,et la vie de Dieu et l’ordre divin.
Ce n’est pas, on le pense bien, à la chair de l'homme que se réservent de tels privilèges, mais c’est à la partie immortelle de l’homme.
La forme humaine n’est ici que le reflet de f’âme humaine, les membres et les organes que l’image des puissances spirituelles qu'ils représentent et qui les animent.
Mais le monde de Ruach, malgré son organisation meilleure, n’est point cependant impérissable et définitif.
D'abord le Mal y est mitigé, mais il n’y est pas anéanti.
Il ÿ combat encore le Bien qui le domine.
De plus l’organisation n’y est pas parfaile, ce que les traditions kabbalistiques expriment en disant que le Roi et la Reine, le Microprosope et son Epouse n’y ont de cerveau qu'à des temps marqués, mais qu’à d’autres moments ils sont incomplets.
Aussi Dieu remplacera-t-il le monde de Ruach par le monde de Neschamah.
En ce dernier monde, le Mal s’anéantira (1). Rien ne subsistera du monde précédent que les âmes lumineuses des Justes et leur ambiance.
Dieu développera une création nouvelle.
Et alors le Roi et la Reine auront leurs facultés complètes et permanentes.
Chacune des cinq Personnes mystiques aura ses dix Séphiroth particulières, et tous ces organismes seront illuminés dans tous leurs membres par le mystère de la splendeur de Neschamah.
(1) S'anéantira comme Mal. Mais ses éléments corrigés feront partie de la synthèse magnifique.
LES SÉPHIROTH DIVINES
Les Séphiroth, dont nous avons décrit les modifications générales dans les trois mondes successifs de l’évolution, offrent à l'étude d’autres caractères, plus spéciaux à chaque Séphire, et que nous allons analyser maintenant.
La première des Sépbiroth se nomme Kéther, la Couronne.
Elle n’est pas l’Absolu même, le primitif Aïn-Souph, mais elle constitue sa manifestation initiale, l’aurore de son expansion.
A l'égard de l’Absolu, elle est déjà restreinte et déterminée, mais, à l’égard de toutes les manifestations postérieures et inférieures à elle, sa force demeure sans mesure el relativement infinie.
Des chercheurs érudits, mais influencés par une théorie préconçue du ternaire, ont voulu attribuer à Kéther une nature et un rôle neutres.
Telle n’est point ma pensée : Kéther forme au contraire (après l’Absolu et par lui) le suprême élément d'initiative et de promulgation des choses.
— Et l’on pourrait se demander si les termes d’actif, de passif et de neutre, qui sont depuis longtemps en usage pour exprimer certaines conceptions transcendantes, ont toule l’exactitude désirable et s’il n’y aurait pas avantage à les définir et à les commenter avec précision avant de continuer à s’en servir.
Est-il juste, comme firent tels philosophes hellènes, de grouper ensemble le passif, le féminin et le Mal et, d'autre part, d’unir l'actif, le Bien et le masculin ?
Je ne le crois pas. D'abord, si l’on entend par passif celui